‹ uvres complètes d'Arthur RimbaudChapitre 12 sur 46 · JUILLET, BOULEVARD DU RÉGENT · texte numérisé non relu

JUILLET, BOULEVARD DU RÉGENT

PLATES-BANDES d'amarantes jusqu'à L'agréable palais de Jupiter.

— Je sais que c'est Toi qui dans ces lierres Mêles ton Bleu presque de Sahara !

Puis, comme rose et sapin du soleil Et liane ont ici leurs jeux enclos.

Cage de la petite veuve !...

Quelles Troupes d'oiseaux, o ia io, ia io !...

— Calmes maisons, anciennes passions !

Kiosque de la Folle par affection.

Après les fesses des rosiers, balcon Ombreux et très bas de la Juliette.

— La Juliette, ça rappelle l'Henriette, Charmante station du chemin de fer, Au cœur d'un mont, comme au fond d'un verger Où mille diables bleus dansent dans l'air !

Banc vert où chante au paradis d'orage, Sur la guitare, la blanche Irlandaise.

Puis, de la salle à manger guyanaise.

Bavardage des enfants et des cages.

Fenêtre du duc qui fais que je pense Au poison des escargots et du buis Qui dort ici-bas au soleil.

Et puis C'est trop beau ! trop ! Gardons notre silence.

Boulevard sans mouvement ni commerce, Muet, tout drame et toute comédie.

Réunion des scènes infinies, Je te connais et t'admire en silence.

EST-ELLE .^LMÉE...

ST-ELLE aimée?... Aux premières heures bleues Se détruira-t-elle comme les fleurs feues...

Devant la splendide étendue où l'on sente Souffler la ville énormément florissante !

C'est trop beau ! c'est trop beau ! mais c'est nécessaire — Pour la Pêcheuse et la chanson du Corsaire,

Et aussi puisque les derniers masques crurent Encore aux fêtes de nuit sur la mer pure !

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