‹ uvres complètes d'Arthur RimbaudChapitre 8 sur 46 · CHANSON T>E LA TLUS HAUTE TOUR · texte numérisé non relu

CHANSON T>E LA TLUS HAUTE TOUR

OISIVE jeunesse A tout asservie, Par délicatesse J'ai perdu ma vie.

Ah que le temps vienne Où les cœurs s'éprennent !

Je me suis dit : Laisse, Et qu'on ne te voie.

Et sans la promesse De plus hautes joies,

Que rien ne t'arrête, Auguste retraite.

O mille veuvages De la si pauvre âme Qui n'a que l'image De la Notre-Dame :

Est-ce que l'on prie La Vierge Marie ?

J'ai tant fait patience Qu'à jamais j'oublie.

Craintes et souffrances Aux cieux sont parties.

Et la soif malsaine Obscurcit mes veines.

Ainsi la prairie A l'oubli livrée; Grandie et fleurie D'encens et d'ivraies ;

Au bourdon farouche De cent sales mouches.

Oisive jeunesse A tout asservie, Par délicatesse J'ai perdu ma vie.

Ah que le temps vienne Où les cœurs s'éprennent !

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