‹ uvres complètes d'Arthur RimbaudChapitre 7 sur 46 · III · texte numérisé non relu

III

Je sors ! Si un rayon me blesse, Je succomberai sur la mousse.

Qu'on patiente et qu'on s'ennuie,

C'est si simple !... Fi de ces peines.

Je veux que l'été dramatique

Me lie à son char de fortune.

Que par toi beaucoup, ô Nature,

— Ah ! moins nul et moins seul, — je meure.

Au lieu que les bergers, c'est drôle.

Meurent à peu près par le monde.

Je veux bien que les Saisons m'usent.

A Toi, Nature ! je me rends.

Et ma faim et toute ma soif; Et s'il te plaît, nourris, abreuve.

Rien de rien ne m'illusionne :

C'est rire aux parents qu'au soleil ; Mais moi je ne veux rire à rien, Et libre soit cette infortune.

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