C. R., T. XXX, p. 498 (29 avril
On sait que la superposition des divers rayons lumineux, successivement réfléchis par les deux surfaces qui terminent une lame d'air très mince, comprise entre deux lentilles de verre, produit des anneaux colorés. On sait encore que ces anneaux, observés par Newton, étaient attribués, par ce grand géomètre, à des accès de facile réflexion et de facile transmission que les molécules lumineuses subissaient périodiquement. On sait enfin que cette doctrine singulière des accès, à laquelle Newton s’est vu obligé de recourir, parce qu’il admettait l'hypothèse de l'émission, se trouve heureusement remplacée, dans le système des ondulations, par la théorie des interférences, qui fournit une explication simple et naturelle du phénomène des anneaux colorés et de ses diverses circonstances. Toutefois il restait à éclaircir une difficulté grave et un point sur lequel l'expérience semblait n’être pas d'accord avec la théorie. Lorsqu'on observe, sous diverses incidences, les anneaux formés entre deux lentilles de verre, et que l’on détermine, pour un anneau donné, l'épaisseur de la lame d’air comprise entre ces lentilles, on trouve que cette épaisseur varie avec l’angle d'incidence. Or, en vertu de la théorie des interférences, l'épaisseur dont il s’agit doit être proportionnelle à la sécante de l’angle + formé par le rayon lumineux qui traverse la lame d’air avec la normale aux deux surfaces sensiblement parallèles qui la terminent. D'autre part, dans la formule que Newton a déduite de ses expériences, l'angle + se trouve remplacé par un autre angle dont le sinus est à sinr dans un rapport constant égal à
NOR CEE
EXTRAIT N° 463. 213 0 désignant l'indice de réfraction du verre. Fresnel et Herschel ont recherché les causes de cette différence. Mais les explications qu'ils en ont données sont sujettes à de graves objections, et les auteurs du travail soumis à notre examen sont parvenus à lever complètement la difficulté, en prouvant que le désaccord énoncé n’existe pas. Ils ont observé, sous diverses incidences, les anneaux formés entre deux verres par une lumière homogène provenant de la combustion de l'alcool salé. L'inclinaison leur était donnée par un théodolite de Gambey, et le système des deux verres, placé sur un support horizontal, était mis en mouvement par une vis micrométrique dont l’axe était perpendiculaire au plan du cercle vertical du théodolite. Is amenalent successivement la partie la plus sombre de chaque anneau noir sous le fil vertical de la lunette; et la marche de la vis, qui permettait de mesurer jusqu'à © de millimètre, leur faisait connaitre les diamètres réels des anneaux. Les diamètres, ainsi trouvés, ont pu être facilement comparés d’une part à ceux que déterminait la théorie des interférences, d'autre part à ceux qui se déduisaient de la formule indiquée par Newton. Or il est résulté des observations faites par MM. de la Provostaye et Desains que l'expérience et la théorie des ondulations s'accordent parfaitement jusqu'aux dernières limites où il leur a été possible d’apercevoir nettement les anneaux colorés, c'est-à-dire depuis l'incidence perpendiculaire jusqu’à l'incidence de 85°21’. Au contraire, les diamètres déduits de la formule de Newton diffèrent sensiblement, quand l'incidence devient considérable, des diamètres observés. Ainsi, en particulier, sous l'incidence de 85°21’, le diamètre du septième anneau noir, exprimé en millionièmes de millimètre, était, d’après l'observation, 47,53; d’après les formules fournies par la théorie des interférences, 47,55; et d’après la formule de Newton, 40,11 seulement.
En résumé, les Commissaires pensent que le travail de MM. F. de la Provostaye et Desains, en rectifiant une erreur appuyée sur l'autorité même de Newton, a fait complètement disparaitre une objection grave contre la théorie des ondulations lumineuses. Ils proposent, en con-
séquence, à l’Académie d'approuver ce travail et d’en ordonner l'insertion dans le Recueil des Savants étrangers.
Mémoire sur un système d’atomes isolrope autour d’un axe, et sur les deux rayons lumineux que propagent les cristaux à un axe
optique. " C.R., T. XXXI, p. 111 (29 juillet 1850).
Dans ce Mémoire, l’auteur applique les formules générales qu’il a établies, dans la séance du 4 février, à la détermination du mode de polarisation des deux rayons lumineux que propage un cristal à un axe optique. Il prouve que, dans le cas où les deux rayons sont peu inclinés à l’axe et dirigés suivant la même droite, ils sont, comme l’a supposé M. Airy, polarisés elliptiquement, les ellipses décrites par les atomes d’éther dans chacun d’eux étant à très peu près semblables, mais disposées de manière que leurs grands axes se coupent à angle droit. Il montre aussi que, dans le cas général, les rayons dont la direction est perpendiculaire à l'axe optique sont doués de la polarisation elliptique, les ellipses décrites par les atomes d’éther pouvant se réduire à des cercles ou à des portions de droites. Il serait à désirer que les physiciens examinassent sous ce point de vue les cristaux à un axe optique, en recherchant si quelqu'un d’entre eux ne transmettrait pas, dans les directions perpendiculaires à l’axe, des rayons polarisés elliptiquement.
Mémoire sur la réflexion et la réfraction de la lumière à la surface exterieure d'un corps transparent qui décompose un rayon simple doué de la polarisation rectiligne, en deux rayons polarisés circulairement en sens contraires.