‹ Œuvres complètes d'ʹElisa Mercœur de NantesChapitre 27 sur 46 · LA PRAGMATIQUE · texte numérisé non relu

LA PRAGMATIQUE

Louis XI a promis au pape d*abolir la

Pragmatique Il ne peut se parjurer sans

voir lancer contre lui une bulle d'excommunication , et le dévot monarque ne doit point s'exposer au coun^oux de Sa Sainteté Louis assemble le Parlement pour

lui conimuniquer que , d'après la promesse qu'il a faite au pape , il va abolir la Pragmatique Le Parlement s'y oppose avec une

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fermeté courageuse ; il fait de si sages et de si fortes remontrances , qu'elles sont adoptées par le clergé et par tous les autres corps

du royaume Il représeùte au roi que la

Pragmatique a été faite dans l'assemblée la plus solennelle ; que c'est à cette ordonnance si sage que l'on doit le maintien de la discipline ecclésiastique ; que, si l'on rompt cette digue , il faut s'attendre à voir renaître le» abus, tels que les élections contre les canons , les usurpations sur les collateurs , les réservations, les grâces expectatives, la nécessité d'aller plaider à Rome , et les sommes immenses qui y passeraient par les concussions de la Saterie.

Louis , qui n'a fait part de sa résolution au Parlement que par bienséance, ne lui tient aucun compte de ses sages avis. Il fait partir l'évêque d'Arras pour Rome avec Richard de Longueil, évèque de Cou tances; Jean deBeauveau , évêque d'Angers ; l'évêque de Xaintes , Pierre d' Amboise , seigneur de Chaumont , chef de l'ambassade ^ et Roger.;

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bailli de Lyon. Les ambassadeurs font leur entrée à Rome avec un nombreux cortège. Presque tous les cardinaux sont allés au-devant d'eux. L'évéque d'Arras remet au pape roriginal de Fabolition de la Pragmatique et reçoit dans la même audience le chapeau de cardinal. Il dit dans sa harangue que le roi de France, après avoir donné à Sa Sainteté une marque aussi éclatante de son zèle , espère qu'on protégera et qu'on rendra justice à un prince de son sang contre l'usurpateur Ferdinand ; et qu'en reconnaissance de ce service, la France fournira quarante mille chevaux et trente mille archers pour faire la guerre aux Turcs. Le pape ne répond rien , pour éviter de traiter la question du royaume de Naplcs ; il termine l'audience en éloges pour Louis XL A la nouvelle de l'abolition de la Pragmatique , les Romains font éclater une g|*ande joie ; les travaux sont suspendus ; on ne voit que processions en actions de grâces, que feux et illuminations; le peuple fait des représentations de la Pragmatique et les traîne dans les rues.

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Lorsque l'ivresse est un peu dissipée, Chaumont, qui n'a pas les mêmes raisons que le cardinal d'Arras de trahir son deyoir, parle de nouveau dès . droits de la maison d'Anjnu ; mais le pape n'a donné l'investiture à Ferdinand que parce qu'il l'a trouvé en possession ; que si le duc de Galabre et lui veulent le prendre pour arbitre , il leur rendra justice. Les ambassadeurs reviennent sans avoir rien obtenu. Le cardinal d'Arras n'évite sa disgrâce qu'en persuadant au roi qu'il a été lui-même la dupe du Pape.

Le roi veut faire une nouvelle tentative. Il fait repartir pour Rome le cardinal d'Arras avec Hugues Massip , surnommé Bournazel , sénéchal de Toulouse. La seconde ambassade n'est pas plus heureuse que la première.

Louis XI , honteux d'avoir été joué ri indécemment, rétablirait la Pragmatique s'il ne craignait les propos ; mais il permet au Parlement de la faire exécuter, excepté dans les deux articles qui regardent les réservations et les grâces expectatives.

(Ex,]M^ éa plan du chapitre X qui devait faire partie de Louis Xi

ei le BHééUlin.)

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