MORT DU DUG DE GUTENNE
L'émotion que le duc de Guyenne avait éprouvée dans la chambre de Charles YII avait dû hâter sa mort.. Il reconnaît, par son testament, le roi pour son héritier, lui demande pardon et lui pardonne a son tour; il recommande ses officiers à Louis.
On soupçonne que le duc de Guyenne est mort empoisonné, et Ton arrête, comme auteur et comptice d^ ce crime, Fabbé de Saint-
tODIS XI ET U BiNÉDICTIN. 54 1
Jean-d'Angely et Henri-la-Roche , officier de bouche de ce prince, qu'on suppose avoir introduit du poison dans une pêche que Fabbé de Saint^Jean présenta à Colette et dont elle fit manger la moitié au duc de Guyenne , qui a langui depuis ce temps , mais dont Colette mourut trois heures après...
Lescun parvient à enlever les deux coupables des prisons de Bordeaux où on les a dé* posés et les conduit en Bretagne. Le duc les fait mettre en prison à Nantes ; Fabbé est renfermé dans une maison nommée la Musse, et la Roche est conduit dans la prison du Bouf&y.
Lescun n'a pris une teUeineaure .que parce que sa haine pour Colette était connue et qu'il crajnt qu'on l'accuse du crime d'empoisonneoçient.
JEANNE HACBBTTE«
C'est en se répétant la belle maxime an tfA Jean : tSita htmine pH étàU hatmie du îMnàe ,
4Ue dêi)rà%( se traucér dafùié tœur dééprineeê » » t[ue le duc de Bourgogne et Louis XI manquent à la foi qu'ils se jurent.
Sitôt la mort du duc de Guyenne, Louis XI s'empresse de réunir la Guyenne à la couronne. Il nomme Lescun gouverneur de Guyenne^ de Blaye et d'un des châteaux de
Bordeaux $ il rétablit le Parlement à Bor-deaux qu'il ayaif transféré â Poitiers.
C'est en Tain que le duc de Boûiffo^e somme Louis de tenir au dernier traité qu'ils* ont fait. Louis , à moins qu'il n'y trouTe son intérêt , ne respecte guère la foi des senaens. Mais, conime il ne commande pas aussi Irien à ses remords qu'au paijure et au crime , il croit les apaiser en ks avouant â Dieu... Se croyant seul dans l'église de Cléry , il joint les mains , lève les yeux vers le ciel et prie Dieu de lui pardonner la mort de son frère qu'il a fait empoisonner par ce méohant abbé d'Angely» Son fou « qui l'a suivi sans qu'il s'en aperçoive, répète ce qu'il a entendu et reçoit la mort pour prix de son indiscrétion. Alors le duc de Bouigogne, pour se tenger de la mauTaise foi du roi k wn égard, poblie un manifeste où il accuse Louis XI d'être l'auteur de la mort de son frère. . . Louis ne répond pas , mais il envoie des commissaires ' en Bretagne et demande que l'on fasse le procès des coupables. Le duc de Bourgogne,
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voyant qu'il ne peut obliger le roi à observer le traité qu'il a fait, se croit autorisé à loi faire la guerre, et va se poser devantBeauvais, après avoir saccagé et brûlé tout ce qui s'était trouvé sur son passage. Les assiégés font une vigoureuse résistance ; le Duc * perd la moitié de ses troupes. Jeanne Hachette , à la tète des feounes , se présente sur la brèche Tépée à la main et arrache des mains d'un soldat bouiffuignon Tétendard qu'il veut y arborer et étend ce-malheureux à ses pieds... Louis, pour perpétuer la mémoire de ce fait, ordonne que chaque année il se fera une procession où l'on portera les reliques d'une sainte Angradëme à qui Ton attribue la victoire; et que les femmes y précéderont les hommes. .. Louis permet aux femmes de Beauvais de porter les habits et les bijoux qu'elles voudront.
{Exposé du plan ila chapitre XXVII qui devait faire partie de
Louis XI et le Bénédictin,)