‹ Œuvres complètes d'ʹElisa Mercœur de NantesChapitre 46 sur 46 · tOUIS XI ET LB BiiqlDICTIll · texte numérisé non relu

tOUIS XI ET LB BiiqlDICTIll

aux reliques, il ne peut s'empêcher, en voyant le peu de soulagement qu'elles lui procurent, de convenir, à part lui, que si elles n'ont pas la vertu d'éloigner la souffrancfe, elles ne doivent point avoir celle de repousser la mort!... Et Louis refuse de lire la liste des reliques qui sont à Constantinople et que Bajazet , second empereur des Turcs , fils de Mahomet II , lui fait proposer s'il veut seulement empêcher son frère Gem-Zizim , qui s'est réfugié en France, de repasser dans l'Orient. • . Louis pense que pour des reliques , peut-être tout aussi impuissantes que celles du pape, dont il est cuirassé , il serait mal de violer le droit des gens dans la personne d'un prince malheureux,... et il renvoie les ambassadeurs de Bajazet sans les voir et sans leur faire les présens d'usage.: Louis ne veut plus d'autres reliques que celles que lui donnera saint François-de-Paule : celles-là du moins - se* ront agréables' à Dieu;.. D'ailleurs, Dieu est le maître ! ! il lui a donné la-vie ,- il' peut la

lui reprendre. «. Loui» «.parfois, de,;€es VMhnienBde résdgiiAtiôa:; mais ils durent peV;,; car il ne peut s'habituer à la pensée, qu'il lui faudra mourir !. • . mourir quand fm ri^ei. . .• OhJ les rois ne devraient .pas.moiiiirj.^. Lai Tie pourtant, pir 1a ftix qu'elle lui coâle». devait iMen lui Aire acquise. ..« Nais Ter bA anfii: peùt^re {pas/pouri Je r«obat de. cette Tie à iiiquette il attache - tant 4ei pi>ix. Le sang est' peutnèUre plus^agré^ble d^Dieu..^. Si des aaprificea humaine; •» Loui^n'a peuti^tr^e pas asaeas imnnolé de victimes... et il ord^nn^ dea supplices* ^ car il fai^t qu'il vive ; * . ; e| si ^ cMant; parfois à aea remprds,. il îles; r^, voqoe, rein|>ressement barbare; d^ ^id^Pi du igrand pfévot Trisj;aii. Ifn «q|d t^Hlpuica tropttrdifs. . : .

, Inquiet, siprès avoir rendu La Balii^ au Pape , de ne; point voir -arriver Françoi^-der- Paule, Loui^ envoie des courriers au-dqvant de lui.. . Lorsque le ves^tueux vieillard arriye» Louis se jette à ses pieds , Ijçs embrasse, le supplie de lui .prolonger la vie , et lui de-

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mAnde des rdiques , eat* il doit ea aToir pour re|>dti98er la mort... Mais le saiBt komme n'a d'autres reliques que sa foi et ses vertus , car notre vie est entre ies mains dé Dita ; il le Ifui peint clémente. . Les paroles de paix qu'il feit entendre à Lomis rendait an pw ée calûife à son âme.,-. Louis ne veut pasi^m le saint bomme le quitte. La* i;[ue de* Hioïkiiiie de bien est douce au^oosur du coupable. Louis se plaît â Peutendre ; car il hii parie «de Dieu, de l^u que le repentir désaitae et qm ne repousse aucun de ses enfiuis..«/Louk «e repMche Bes crimes ; mais il ne peut avoMar et pleurer hautement que ceux qu'il a commis par le fer des lois ; ceux qu'il a commis en silence, il feot qu'il les pleure en eilence; car Louis est roi ^ et l'histoire les révélerait. Louis s'affaiblit de jouï* eu jour.... Rdi, son confesseur, croit que Von doit , «en 09U*

science, avertir te roi de son duhger

Louis a dit bien deb fois que lorsqu'on le verrait bien m^al , il faudrait se bien' garder de lui prononcer le terrible mot de mort ; il

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suffira de lui dire : • Parlez peu. . . » Louis ne peut entendre ayec indifférence sa sentence de mort ; mais les Jnieuses exhortations de Francois-de-Paule tombent coodme un baume sur son cœur nlcété..*. Louis demande et reçoit ses sacremens... Il ordonne sa sépulture , fait marché pour son tombeau à mille éctts d'or, en fixe lui*mème la fonne et la dimension. .. • Louis semble* regarder la mort aTec moins d'effhii; il parait plus calmeé.. Mais à ce calme succède bientôt le plus afiVebx délire* Louis , toujours harcelé par ies remords , croit être poursuiti par Foml^^ de 6on frère et par celle de Tabbé de Sdint«Jéatt-d*Angely.>> Louis teqt s'élancer hors du lit pour foir ces fantômes accusateurs; il demande à Charlea, au nom de leur père, de ne pas le maudire, qu'il a vengé sa mort en précipitant dans la tombe le traître d'abbé Saint^Jeand'Angely qui a fait couler le poison dans ses ▼eines... Puis, les mains jointes et d'une voix suppliante , il prie Tabbé de ne pas dénoncer

'aonicrime â.la postérité » de se rapp^er qu'il •est rail... Epuisé par cette lutte de sa conscience, Louis s'endort quelques iostans..^. ' Pendant son court et douloureux sommeil , . Goittier lui essuie la suéuf qui coule à flots sur son front ; sa respiration devient difficile , sapoifirine sesoulève aveé effort. Il parait dans les ang<oisses d'une délirante. agonie; il se dé- . bat, il crie. ...11 Tout qu'on éloipiè les enfans du duc de Nempurs^ tout JbAigués du sang de leur père et qu'on leitr rende.sed biens. .. Puis il demande de l'eau',.. • de l'eau pour rafraîchi son palais desséché;. • Olivier çn remplît une )çoupe, et la lui présente;. . Louis lu croie :pUK[ne de sang , et la repousse... Il ne voit -que du saiig,. . . toi:yours du sang; . . Mais que .lui vêtit la >râllagebisc ?^... Pourquoi Olivier l'a-t-il laissée approcher* E{le est'seiile; elle est couverte de voiles funèbi^e^. . . : Yiei^tTelle pour le- maudire? viçnt-elle luiT^^Qoaander ; Ici sang de son enfont ? Il s'en est abreuvé , et , depuis cet instant fatal , comme un feu dévorant, ce sang parcourt ses veines.... Si

saint Prançois-de-Paule était là , il repousserait la malédiction de cette mère en conr^ roux... il le bénirait. •• Mais il Tabandonne I . . Si du moins Roli était près de lui... mais non , on le laisse seul avec cette femme. . . Elle le poursuit., sa voix est menaçante... Où donc sont Olivier, Tristan ?. . . Personne. . • Aurait'-il cessé d'être roi ?. . . Va-t-il mourir ?... Le sang de Finnocent deviendrait -il pour lui un breuvage de mort?... Oui,.** il le sent,..^. la vie s'écbappe de son sein... Il ne peut la retenir ! ! ! !

Et saint François-'de-Paule et Roli étendent leurs mains pures de tous crimes sur le front décoloré du coupable qui fut roi ! ! !

{Fin de V ex posé du plan de Louis XI et le BénédictiD.)

Elisa se proposait d'ajouter à la fin de cet ouvrage une description de la séance des^^ Etats qui se tint à Tours au sujet de Tapanage du duc de Berri.

Puissent tous mes eifforls , pour donner au^

lecteur l'idée de ce qu'aurait été Louis XI et

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le Bénédictin , ne pas être vains ! Si je n'ai pas rempli le but que je me suis proposé, qu'on me le pardonne, je le demande au nom de tout ce que j'ai souffert en faisant cet exposé. Dans les chapitres uniquement historique» , j'ai dû me borner à citer les faits qu'Elisa voulait traiter ; mais dans l'exposé des chapitres de passions , il m'aurait fallu l'âme de feu de ma fille pour les bien

rendre.

y^ Mercosur ,

^ée Adélaïde Aumand.

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