AU JUGEMENT DERNIER
débité les plus grandes sottises quand ils ont voulu juger et définir les femmes. Aristote ne soutient^il pas, avec un orgueil très peu philosophique, que la nature ne s'avise de former les femmes que lorsque 1 imperfection de la matière dont elle fait usage ne lui permet pas d en fabriquer des hommes ! Selon ce précepteur d'Alexandre, le but unique de la nature est d'engendrer des hommes , et c'est par impuissance qu'elle produit 1 être sans lequel l'autre ne saurait se perpétuer. Il faut avouer que cet universel Aristote est quelquefois bien bête.
Pendant que je causais ainsi avec moi-même,. et qu'en me moquant d' Aristote je cherchais à pénétrer le mystère féminin, une idée assez bizarre traversa mon esprit ; j'allai jusqu'à imaginer qu'il n'était pas impossible de se procurer un talisman qui obligerait un jour les femmes à tous les aveux que rien n'a pu leur arracher jusqu'ici. Quel trésor pour un observateur^ que de confessions pénibles, que de singulières confidences! qui me cachera dans un petit coin du pandémonium où se passerait une pareille scène !
C'est un privilège , ou si l'on veut une infirmité de mon esprit, de s'exalter sur' l'objet qui m'occupe exclusivement, jusqu'à réaliser à mes yeux la pensée la plus extravagante , et à donner tout-à-coup un corps aux fantômes de mon imagination.
, Le tonnerre gronde, les éclairs brillent, les quatre
Ermite kîï prison. * 9