‹ Œuvres complètes d'Étienne JouyChapitre 56 sur 72 · TOUS · texte numérisé non relu

TOUS

Jacques Clément !

PREMIER FLAMAND

Quoi ! c'est ce jeune paysan imbécile qui regardait si tendrement madame la duchesse ?

FRÈRE ROSE

Ne calomniez pas, ne blasphémez pas, ne parjurez pas! frère Jacques Clément ne regardait que le ciel. Frère Jacques, priez pour nous, priez pour nous !

( Tout le monde tomba à genoux^ en chantant^ et

en pleurant avec une exaltation frénétique, Coraison de Jacques Clément )

LA DAME d'honneur.

O pauvre Jacques Clément ! beau Jacques Clément! moine héroïque, tout admirable et tout aimable! il est donc vrai que tu as accompli cette oeuvre méritoire ! . . .

JEAN BOUJU.

Hélas! oui, madame; je Tai vu, moi, Jean Bouju, historiographe; je lai vu, ce martyr, et je vous demanderai la permission de réciter à l'illustrissime dame, nouvelle Judith , nouvelle Dalila, le poëme en sixains que j'ai composé pour la postérité, avec, j'<>se le dire, ume élégance qui ne contrarie point la sublimité des pensées.

LA DAME d'honneur.

Maître Jean Bouju, je ne doute pas que la noble sœur du duc de Guise ne soit sensible à cette petite joyeuseté rhythmique; mais pour le moment elle a quelque chose de mieux à faire que de vous écouter.

« L'Espagnol Fortiguerra, qui n'avait pas encore parlé, se mit à pérorer pendant que la procession demi-guerrière et demi-monacale défilait en chantant le cantique de délivrance pour aller édifier la ville de Paris.

fortiguerra.

Je suis d'avis, moi, qu'après le grand coup que

RÊVERIES. 2i3

nous venons de frapper îl ne reste plus qu'à placer la couronne sur la tête la plus digne.

FRÈRE ROSE

U faut s'entendre, seigneur. Spiritus salvat, l'esprit sauve. U n'y a qu'une tête digne de la couronne: c'est la tête, le chef, le principe de lïlgUse catholic^e.

l'abbé d'elbéne.

Et l'avis du frère Rose serait de placer de suite sur nos bannières la légende choisie autrefois par la république de Florence : Sous te règne de Jésus? Le très saint et très éloquent frère Rose y trouverait un peu son compte. Moi qui suis attaché à mes engagements, je crois que le duc de Mayenne...

PORTIGUERRA.

Bon d'Elbéne, permettez-moi de vous dire que les fruits de ce grand mouvement doivent nécessairement appartenir à celui qui les a semés, à mon souverain, à mon maître, le prince des catholiques. LA DUCHESSE, qui entre, entend ces derniers mots.

Gomment, messieurs, vous seriez infidèles à vos promesses !

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