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vaisseaux et les plus riches magasins de notre marine.
La veille même du jugement, une autre feuille, dont un des rédacteurs est membre de la commission de censure, dirige contre le prévenu une attaque plus violente encore ; en voici l'expression littérale : Un certain ermite préchant la vertu , à-peu-près comme Bonaparte plaidait la cause de la légUùnitéy et qui s en allait calomniant les départements après avoir calomnié la capitale ^ attendu quil était juste que chacun eût son touTy etc.
Jusque-là du moins la chose n'était pas jugée, et ces écrivains , obéissant aux vœux de leur haine ou aux ordres de leur parti, n'outrageaiçnt que la décence, et ne blessaient qu'un individu accusé : mais enfin la déclaration unanime du jury atteste son innocence; le juge là proclame; les censeurs qui ont autorisé, c'est-à-dire commis l'outrage contre un citoyen sous le poids d une accusation, feront respecter du moins ce qu'il y a de plus ■ respectable parmi les hommes , la décision d'un jury : non, c'est vainement que la loi acquitte; les censeurs laisseront poursuivre l'accusation par I9. voix de leurs journalistes.
L'un d'eux, le lendemain du jugement, répète que c'est à j'un des magistrats qui habitent rhôteIrde-viUe que l'ermite a dit qu'il fallait donner une place de shérif à Londres; bien qu'il eut été prouvé au procès que je n'ai voulu nommer ni même désigner personne. La même feuille ajoute, dans le même article, que M. Dupin s'est beaucoup plus occupé daccuser les Anglais que de défendre son client.
Un autre journaliste, après avoir entendu la décla-
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ration du jury, a imprimé, de Taveu des censeurs : Le ministère public a appelé toute la sévérité des jurés sur Fun de ces écrivains qui semblent ne prendre plaisir quà ré" veiller de pénibles souvenirs et entretenir des haines.
Enfin, un troisième libelliste quotidien attaque formellement la chose jugée : selon lui , a F^yocat général H s'est montré seul éloquent , logicien , impartial ; il a « détruit tous les arguments de la défense; » et cependant le jury acquitte! quelle idée se faire, après cela, d'un pareil jugement? Les journaux constitutionnels donneront sans doute l'analyse du plaidoyer; le public comparera Ja logique accusatrice de M, de Vatimesnil, et Féloquence défensive de M. Dupin: non, il rie sera permis à aucune feuille libérale de donner une analyse des discour^s justificatifs : perdant toute pudeur, comme elle avait perdu toute équité , la censure ne laissera pas insérer une seule ligne à l'appui de la justification; elle à permis l'attaque, elle interdit la défense.
Cette injustice, la plus révoltante peut-être que l'on puisse signaler dans les odieuses annales de la censure, ne sera point sans profit pour la cause des lois, de la raison, et de la liberté, puisqu'elle nous fourni^ l'occasion de conserver à la postérité une de ces oraisons dignes de la tribune de Rome, où Féloquence d'un des premiers orateurs du barreau français a fixé plusieurs points de cette haute jurisprudence qui doit, sous un régime constitutionnel, rattacher les droits civils aux droits politiques ; puisqu'elle nous fait un devoir de payer un juste tribut de respect et d'éloges au digne magistrat président de là cour d'assises devant la- Ermite en prison. b
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quelle deux causes du même genre ont été plaidées dans cette séance; puisqu'elle nous donne de nouvelles raisons d'apprécier le bienfait de Finstitution du jury; puisqu'elle met dans tout son jour les graves inconvénients de la censure et la révoltante partialité de ceux qui l'exercent;
Puisqu'elle nous autorise, enfin, à consigner comme un fait que ces choses se sont passées,
L'an de grâce 1820, sous Tempire d'une loi suspensive de la liberté de la presse*