PRÉLIMINAIRE. XV
pres&içn défavorable qu'une accusation injuste aurait pu produire.
Non seulement 1^ censure défend aux journalistes constitutionnels de rendre compte de ce procès, mais eUe permet aux feuilles anti- libérales de renouveler Taccusation, au mépris de la chose jugée, et de plaider pour les Anglais, en faveur desquels personne n'avait été tenté de parler à Taudience.
Aucune voix, aucun écrit, avant le jugement, n'avait essayé de solliciter la décision favorable du jury; et, trois jours avant la tenue des assises où je devais être jugé, la censure autorise, dans un journal, la publication de la lettre d'un prétendu Toulonnais qui porte deux faux témoignages : selon ce correspondant anonyme, l'ermite voyageur a été traduit en justice par rancien maire de Toulon , pour avoir imprimé que ce respectable magistrat avait livré cette ville aux Anglais en 1 793. Première et double imposture : ce n'est pas l'ancien maire qui a porté plainte, et il n'y a pas un mot, un seul mot d^ns le passage incriminé, qui puisse, de près ou de loin, s'appliquer à cet ancien magistrat. La population y d'une voix presque unanime y adhéra au grand événement dont il s'agit. Autre imposture : la majorité des Toulonnais se détermina à suivre l'exemple que Lyon avait donné, à secouer le joug du gouvernement atroce sous lequel la France gémissait alors ; mais jamais, non jamais , cette même majorité des bons et des braves habitants de Toulon n'a consenti à cette déplorable transaction dont le résultat fut de livrer aux Anglais , c'est-à-dire à la flamme et au pillage , les plus beaux