‹ Œuvres complètes d'Étienne JouyChapitre 71 sur 72 · NOTRE SORTIE · texte numérisé non relu

NOTRE SORTIE

ment il se fait que je sois en prison, et^cette réflexion me ramène sans cesse à la pensée de juger mes juges , ou du moins de les forcer à comparaître avec moi au tribunal de lopinion pour y rendre compte de leur vie publique. Cette petite biographie spéciale devait naturellement trouver ici sa place : je Ta vais mise au nombre de mes consolations; mais comme je ne veux ni louer ni blâmer sans preuves , comme je ne veux mettre ni mes préjugés , ni mes intérêts , ni ma reconnaissance , ni mon ressentiment à la place de la vérité , je dois attendre, pour publier séparément ce petit ouvrage, que j'aie mis en ordre , et scrupuleusement vérifié les renseignements que j'ai recueillis dans cette audience solennelle où je prétends m arroger les fonctions d avocat général , ou , comme on disait plus franchement autrefois, d'accusateur public. J'exposerai ma conduite et mes principes avec la même impartialité, avec la même franchise dont je ferai preuve envers les autres; car je pense avec Molière :

Qu'il faut s'examiner soi-même bien lon^-temps Avant que de penser à condamner les ^ens; Qu'il faut mettre le poids d'une vie exemplaire Dans les corrections qu'aux autres on veut faire.

... Mais je ne me trompe pas... c'est nous qu'on appelle ; la sept-cent-vingtième heure de notre détention a sonné... On vient nous prévenir que notre

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