‹ uvres complètes d'Évariste Parny, poète célèbre (volume 2)Chapitre 20 sur 61 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

Ce monstre adroit prend de la liberté

Le nom chéri, la voix enchanteresse,

Les traits , le geste , et la mâle beauté.

Sans peine alors il séduit , il entraîne.

Par lui l'Europe a soulevé sa chaîne.

De nos couvens il brise les verroux.

On voit du Christ les amantes pudiques ,

De cet hymen rompant les nœuds mystiques ,

Leur préférer de palpables époux.

De nos autels le coupable ministre ,

Laissant du deuil le vêtement sinistre,

Ose former un profane lien:

Il devient homme, et père, et citoyen.

On a permis à cette infortunée,

Que tourmentait un maître impérieux ,

De renoncer à ce joug odieux ,

Et de chercher un plus doux hyméuée.

Mais l'heure approche, 6 mortels corrompus!

Par ces forfaits dont frémit la nature.

Race d'Adam , tu combles la hiesuré ;

Tu vas périr, tu péris, tu n'es plus.

Ainsi finit l'humaine impertinence.

Quel calrîie alors! queWaste.et beau silence l

Mais tout-à-coup un ange dans les ajrs

Fait retentir la trompette éclatante.

Ce son terrible ébranle l'univers ,

Dans les tombeaux il porte l'épouvante.

« Morts , levez-vous !» A ce* mots chacun d'eux ,

Se dégageant du linceul qui le pressa ,

Montre à demi son visage terreux,

Jîa clignotant au jour ouvre les.yeux ,

Étend les bras , et sur ses pieds se dresse.

Mars quelques-uns , du sommeil amoiireux,

Ou devinant ieur prochaine sentence,

Dqns leur réveil mettent plus d'indolence.

I ÉPILOGUE. 1/îf

ange leur crie; « Allons donc, paresseux! A vos tombeaux vous preniez gôiil , |e pense. >»

Voici leur juge : à spectacle effrayant ! Dans un orage ainsi l'on voit la foudre Avec l'éclair partir de l'orient , Et lout-à-coup embrasser l'occident. •

« Eh bien , tonnez , réduisez-nous en poudre , » Disent alors. les pécheurà. Vain désir!

On peut revivre , on ne peut remourir.

« Puisqu'on refuse à nos vœux le tonnerre , Ajoutent-ils , ouvre tes flancs , ô terre ! Etna , Vésuve , Alpes , tombez sur nous ! » Mais pour si peu vous n'en serez pas quittes; Un tel chapeau sur vos têtes proscrites , Serait encore un supplice trop doux.

Un morne effroi saisit le juste même ; Le cœur lui bat : mais l'Arbitre suprême Parle en ces mots : «Innocentes brebis, Qui du salut prîtes la route étroite.

Venez enfin , placez-vous à ma droite ; Séparez-vous des boucs; je les. maudis. « A cette voix , chaque brebis docile Fait ses adieux , vers la droite elle file , Et nous béions un cantique à Jésus.' Tout€u bêlant je comjite des élus Le petit nombre : ô sagesse ineffable ! Hélas ! des buucs la foule est innombrable.

Mais quel fracas ! quelle confusion !

Du mouvement et de l'attraction La loi n'est plus; nos fidèles planètes. Notre soleil si fixe jusqu'alors , Et notre lune et nos folles comètes, Çl Sirius , et ces immenses corps ,

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