‹ uvres complètes d'Évariste Parny, poète célèbre (volume 2)Chapitre 43 sur 61 · MARIS · texte numérisé non relu

MARIS

Une seule , par Dieu choisie , Eut encore un plus beau destin.

Ce Dieu, qui la trouvait jolie, Lui-même féconda son sein.

C'était la pieuse Marie.

Par la faute d'un vieil époux, Faible apparemment et jaloux, La pauvrette de l'hyménée Ne connaissait que les dégoûts; Et sa jeunesse infortunée Soupçonnait un destin plus doux.

Un jour que dans son oratoire Elle méditait tristement, Un citoyen du firmament.

Un ange rayonnant de gloire, S'offre à ses yeux subitenient.

« Salut, ornement de la terre !

Salut, ô reine des élus!

Sois docile , tu seras mère , Et ton fils aura nom Jésus. »

Sans retard la brune Marie Obéit à l'ordre des cieux ; Et bientôt sa taille arrondie Fâcbe le mari soupçonneux.

L'ange fait un second voyage j^ Il menace au nom du Seigr -^r; Et cet adroit ambassadeur Remet la paix dans le ménage.

Il était temps; le lendemain, Panlher, galant du voisinage , Mourut à la fleur de son âge, Emporté par un mal soudain.

On trouva dans son inventaire L'explication du mystère, Un beau vêlement azuré.

Cinq ou six ailes de rechange, Des rdyons de papier doré , Enfin tout ce qui fait un ange.

Par ce chapitre je finis.

Après la Vierge est- il permis

De descendre aux autres mortelles ?

Pour l'instruction des fidèles.

Par dates j'ai traduit les faits :

Mais j'ai dû voiler quelques traits.

La prude hypocrite peut seule

Fronder ces articles de foi.

Le Saint-Esprit est moins bégueule ,

Et sa Bible ea dit plus que moi.

FIN DES GALAKTERliS BE ï.h UIBI.K.

LES IIOSECROIX

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