A M. DE S
Du plus grand paresseux de Fî'ance
Je reçois enfin quelques mots;
Et sa plume avec ucgligence Me donne le détail de ses galans travaux. Sous quel astre propice avez-vous pris naissance,
0 le plus heureux des amis ?
Vous me rendez les jours de mon addlescence ;
En vous lisant je rajeunis.
Un cœur tout neuf, une aimable maîtresse ,
Durant le jour mille désirs,
Durant la nuit mille plaisirs, Peu de prudence et beaucoup de tendresse, XJn Argus à séduire, une mère à tromper, L'heure du rendez-vous toujours lente à frapper;
De tous ces malheurs de jeunesse
AtVrefois je fus affligé.
Hélas! que mon sort est changé!
Des passions je n'ai plus le délire; L'air de Paris a desséché mon cœur
Ma voix a perdu sa fraîcheur,
De dépit jai brisé ma lyre.
La douce volupté fuit ce bruyant séjour ; Ici l'on plaît par l'artifice , Les désirs meurent en un jour, Le trompeur est dupe à son tour,
Et dans cette amoureuse lice
On fait tout, excepté l'amour.
Je pars, je vais chercher loin des bords de la Seine Tlne beaulé naïve et prête à s'enflammer; Et je vole avec vous au fond de la Lorraine ,
Puisqu'on y sait encore aimer.