LES SUCCÈS LITTÉRAIRES
Toujours il faut payer la gloire. Jadis chez les Romains jaloux , Pour les enfans de la Victoire Le triomphe avait ses dégoûts.
A leur char s'attachait l'offense.
En pompe la reconnaissance Couronnait leur front radieux; Mais l'insolence et la bassesse Aux chants de la publique ivresse Mêlait des ciis injurieux.
Ce vil et consolant usago Au riwde renaît d'âge en âge.
Là toujours un pouvoir ingrat
IMÉLANGES.
Du Iriouiphe punit l'écla't.
Dans le cortège il pousse et guide L'envieux dont îa voix perfide Commence les' sourdes rumeurs, Et tous les brigands littéraires Vendant aux haines étrangères Leurs indifférentes clameurs.
Mais en vain l'audace impunie Croit vaincre ; de la vérité L'hymne s'élève , et le génie Entend son immortalité.
VERS
ÉCRITS SUR l'aLUUM DE MADAME LAMBERT.
J'ai VU, j'ai suivi son enfance.
Chère encore à mon souvenii-;
Dans sa brillante adolescence
J'ai lu son heureux avenir.
La nature la lit pour plaire.
Au doux charme de la bonté
Elle unit cette égalité,
Et ces grâces que rien n'altère.
Son esprit, ainsi que ses traits,
Méconnaît l'art et i'imposlure.-
Les talens, voilà sa parure.
Les plus belles ont moins d'attraits :
Une autre , de ces dons trop vaiue.
Voudrait tout, et n'obtiendrait rien :
Aîexandrine sait à peine
Ce qu'une autre saurait trop bien.
Le portrait qu'ici je dessine
Est loin eiicor d'être flatté :
Il faul à cette Alexandriue, . Que l'encens étonne et chagrine; Dire moins que la vérité.