‹ uvres complètes d'Évariste Parny, poète célèbreChapitre 155 sur 174 · CHANSON VU · texte numérisé non relu

CHANSON VU

Zanhar et Niang ont fait le monde. O Zanhar ! ijous ne l'adressons pas nos prières : à quoi servirait de prier un Dieu bon.^ C'est Niany qu'il faut apaiser. Niang, esprit malin et puissant, ne fais point rouler le tonnerre sur nos tètes; ne dis plus à la mer de francbir ses bornes; épargne les fruits naissans ; ne dessèche pas le liz dans sa fleur ; n'ouvre plus le sein de nos femmes pendant les jours malbeureux, et ne force point une mère à noyer ainsi l'espoir de ses vieux ans. O Niang ! ne détruis

CHANSONS MADECASSES. >lû5

pas tous les bienfaits de Zanlîar. Tu règnes sur les mëchans : ils sont assez nombreux ; ne tourmente plus les bons.

CHANSON YIII.

Il est doux de se coucher durant la chaleur sous un arbre touffu, et d'attendre que le vent du soir amène la fraîcheur.

Femmes , approchez. Tandis que je me repose ici sous un arbre touffu , occupez mon oreille par vos accens prolongés ; répétez la chanson de la jeune fille, lorsque ses doigts tressent la natte, ou lorsque , assise auprès du riz , elle chasse les oiseaux avides.

Le chant plaît à mon âme; la danse est pour moi presque aussi douce qu'un baiser. Que vos pas soient lents , qu'ils imitent les altitudes du plaisir et l'abandon de la volupté.

Le vent du soir se lève ; la lune commence à briller au travers des arbres de la montagne. Allez, «t préparez le repas.

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