CHANSON IX
Une mère traînait sur le rivage sa fille unique pour la vendre aux blancs.
O ma mère! ton sein m'a portée; je suis le premier fruit de tes amours; qu'ai-je fait pour mériter l'esclavage? j'ai soulagé ta vieillesse; pour toi j'ai cultivé Ja terre: pour loi j'ai c;iieiUi des fruits :
K)G CHAN.SONS MADECASSES.
pour loi j'ai fait la guerre arx poissous du fleuve; je t'ai garantie de la froidure ; je l'ai portée durant la chaleur sous des ombrages parfumés; je veillais sur ton sommeil, et j'éci.*.tais de ton visage les insectes importuns. O ma mère, que deviendras -tu sans moi ? L'argeut que tu vas recevoir ne te donnera pas une autre fille; tu périras dans la misère, et ma plus grande douleur sera de ne pouvoir te secourir. O ma mère ! ne vead pas ta fille unique.
Prières infructueuses! elle fut vendue, chargée de fers , conduite sur le vaisseau , et elle quitta pour jamais la chère et douce patrie.