‹ uvres complètes d'Évariste Parny, poète célèbreChapitre 22 sur 174 · TRAHI PAR SA .MAITRESSE · texte numérisé non relu

TRAHI PAR SA .MAITRESSE

Quoi! tu gémis d'une inconstance ?

Tu pleures, nouveau Céladon?

Ah ! le trouble de ta raison Fait honte à ton expérience.

* Ces vers sont adressés à Berlin, dont on peut voir In réponse dans le livre Jljrdes AinouTS ^ élégie ix.

POi.Sl£S EROTIQUES.

Es-lu donc assez imprudent Pour vouloir fixer une femme?

Trop simple et trop crédule amant , Quelle erreur aveugle ton àme !

Plus aisément tu fixerais Des arbres le tremblant feuillage, Les flots agités par l'orage , Et l'or ondoyant des guérets

Que balance un zéphyr volage.

Elle t'aimait de bonne foi ;

Mais po-jvait-elle aimer sans cesse?

Un rival obtient sa tendresse ;

Un autre l'avait avant toi;

Et dès demain , je le parie ,

Un troisième , plus insensé ,

Remplacera dans sa folie

L'imprudent qui t'a remplacé.

Il faut au pays de Cythère

A fripon fripon et demi.

Trahis, pour n'être point trahi;

Préviens même la plus légère;

Que ta tendresse passagère

S'arrête où commence l'ennui.

Mais que fais-ja? et dans ta faiblesso

Devrais-je ainsi te secourir ?

Ami, garde- toi d'eu guérir:

L'erreur sied bien à la jeunesse.

Va , l'on se console aisément De ses disgrâces amoureuses.

Les amours sont un jeu d'enfant; Et , crois-moi , dans ce jeu charmant , Les dupes mêmes sont heureuses.

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