TRAHI PAR SA .MAITRESSE
Quoi! tu gémis d'une inconstance ?
Tu pleures, nouveau Céladon?
Ah ! le trouble de ta raison Fait honte à ton expérience.
* Ces vers sont adressés à Berlin, dont on peut voir In réponse dans le livre Jljrdes AinouTS ^ élégie ix.
POi.Sl£S EROTIQUES.
Es-lu donc assez imprudent Pour vouloir fixer une femme?
Trop simple et trop crédule amant , Quelle erreur aveugle ton àme !
Plus aisément tu fixerais Des arbres le tremblant feuillage, Les flots agités par l'orage , Et l'or ondoyant des guérets
Que balance un zéphyr volage.
Elle t'aimait de bonne foi ;
Mais po-jvait-elle aimer sans cesse?
Un rival obtient sa tendresse ;
Un autre l'avait avant toi;
Et dès demain , je le parie ,
Un troisième , plus insensé ,
Remplacera dans sa folie
L'imprudent qui t'a remplacé.
Il faut au pays de Cythère
A fripon fripon et demi.
Trahis, pour n'être point trahi;
Préviens même la plus légère;
Que ta tendresse passagère
S'arrête où commence l'ennui.
Mais que fais-ja? et dans ta faiblesso
Devrais-je ainsi te secourir ?
Ami, garde- toi d'eu guérir:
L'erreur sied bien à la jeunesse.
Va , l'on se console aisément De ses disgrâces amoureuses.
Les amours sont un jeu d'enfant; Et , crois-moi , dans ce jeu charmant , Les dupes mêmes sont heureuses.