‹ uvres complètes d'Évariste Parny, poète célèbreChapitre 23 sur 174 · IL EST TROP TARD · texte numérisé non relu

IL EST TROP TARD

Rappelez-vous ces jours heureux , Où mon cœur crédule et sincère Vous présenta ses premiers vœux.

Combien alors vous m'étiez chère!

Quels transports ! quel égarement !

Jamais on ne parut si belle Aux yeux enchantés d'un amant ; Jamais un objet inadèle Ne fut aimé plus tendrement.

Le temps sut vous rendre volage ; Le temps a su m'en consoler.

Pour jamais j'ai vu s'envoler Cet amour qui fut votre ouvrage :

Cessez donc de le rappeler.

De mon silence en vain surprise, Vous semblez revenir à moi ; Vous réclamez en vain la foi Qu'à la vôtre j'avais promise :

Grâce à votre légèreté, J'ai perdu la crédulité Qui pouvait seule vous la rendre.

L'on n'est bien trompé qu'une fois.

De l'illusion , je le vois , Le bandeau ne peut se reprendre.

Échappé d'un piège menteur, L'habitant ailé du bocage Reconnaît et fuit l'esclavage Que lui présente l'oiseleur.

POÉSIES ÉROriQUES. 4t

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