ELEGIE L
Du plus malheureux des amans Elle avait essuyé les larmes ; Sur la foi des nouveaux sermens Ma tendresse était sans alarmes ; J'en ai cru son dernier baiser ; Mon aveuglement fut extr^ème.
Qa'il est facile d'abuser L'amant qui s'abuse lui-même!
Des yeux timides et baissés , Une voix naïve et qui touche, Des bras autour du cou passés, Un baiser donné sur la bouche, Tout cela n'est point de l'amour.
J'y fus trompé jusqu'à ce jour.
Je divinisais les faiblesses ; Et ma solte crédulité N'osait des plus folles promesses Soupçonner la sincérité; Je croyais surtout aux caresses.
Hélas! en perdant mon erreur, Je perds le charme de la vie.
J'ai partout cherché la candeur, Partout j'ai vu la perfidie.
Le dégoût a flétri mon cceur.
Je renonce au plaisir trompeur, Je renonce à mon infidèle , Et, dans ma tristesse mortelle.
Je me repens de mon bonheur.