‹ uvres complètes d'Évariste Parny, poète célèbreChapitre 54 sur 174 · PRIÈRES AU SOMMEIL · texte numérisé non relu

PRIÈRES AU SOMMEIL

J'en ai l'heureuse promesse :

Vers le milieu de la nuit, L'Amour m'ouvrira saus bruit L'alcôve de ma maîtresse.

Garde-toi , dieu du repos , De tromper ma douce attente; Sur les yeux de mon amante Ne verse point tes pavots.

Notre heure est bien loin encore , Ta le temps qu'en vain j'implore Ne vient pour nous qu'à pas lents. Ah ! je crains qu'avec adresse , Ta douceur enchanteresse Ne surprenne enfin ses sens, Et n'endorme sa tendress&.

Pour occuper ses loisirs, Qu'une aimable rêverie Donne à son âme attendrie L'avant-goût de nos plaisirs.

Toujours prompte à disparaître , La jouissance est peut-être Moins douce que les désirs.

A iMONSIEUR DE F.

Je croyais qu'avec l'inûdèle Tous mes liens étaient rompus :

Mou cœur ne m'en reparlait plus-:

De loin je la trouvais moins belle.

Doux espoir trop tôt dissipé!

Elle a souri , je l'aime encore.

L'inconstante ! elle m'a trompe , Elle me trompe, et je l'adore.

Épargne-toi de vains discours ; Va , j'entrevois mienx que personne Le mensonge de ses amours.

Et des plaisirs qu'elle me donne;

«2 POÉSIES EPvOTIQUES.

Ma raison l'accuse toujours , Et toujours mon cœur lui pardonne.

Ce cœur qu'elle a trop méconnu^ Ce cœur pour elle prévcuu, Doute eiicor de son inconstance.

Hier, après deux mois d'absence.

Elle reparut dans ces lieux :

J'ai mal évité sa présence, Je l'ai vue : ô moment heureux 1 Sur ses lèvres et dans ses yeux J'ai cru lire son innocence.

Tu ris de ma crédulité; Mais du soin de ma liberté En vain Ion ami lié s'occupe; Le dieu qui la fit pour charmer , M'avait, fait pour toujours l'aimer, Et pour être toujours sa dupe.

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