‹ uvres complètes d'Évariste Parny, poète célèbreChapitre 55 sur 174 · COURROUX D'UN AMANT · texte numérisé non relu

COURROUX D'UN AMANT

Je l'aimais du plus tendre amour ; Elle m'a trahi, l'infidèle!

Mais elle est trahie à son tour , Et mou rival m'a vengé d'elle.

Que ses pleurs coulent vainement :

Qu'elle tombe aux pieds d'un amant.

Et qu'il soit sourd à sa prière; Qu'elle éprouve enfin le tourment D'aimer et de cesser de plaire.

Qu'ai-je dit ? ô vœux insensés , Que le dépit a prononcés, Et démentis par ma tendresse !

Hélas ! elle fut ma maîtresse ;

POESIES EROTIOI.'ES.

Le souvenir de mon bonheur Est encore présent à mon cœur ; N'insultons point à sa tristesse.

J'avais trop compté sur sa foi ; La beauté toujours est trompeuse Inconstante! va, sois heureuse, Quand tu devrais l'être sans moi.

A ÉLÉONORE

Au sein d'un asile champêtre Où Darais trouvait le repos, Le pUis paisible des ruisseaux, Parmi les fleurs qu'il faisait naître, Roulait nonchalamment ses flots.

Au campagnard il prit envie D'emprisonner dans son jardin Cette eau qui lui donnait la vie; Il prépare un vaste bassin Qui reçoit la fleur étonnée.

Qu'arriva-t-il? un noir limon Trouble bientôt l'onde enchaînée; Cette onde se tourne en poison.

La tendre fleur à peine éclose Sur les bords penche tristement ; Adieu l'œillet, adieu la rose.

Flore s'éloigne en gémissant.

Ce ruisseau, c'est l'amour volage; Ces- fleurs vous peignent les plaisirs Qu'il fait naître sur son passage.

Des regrets et des vains soupirs Ce liiuon perfide est l'image ;

Et pour le malheureux bassin , On assure cjue c'est l'hymen.

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