‹ uvres complètes d'Évariste Parny, poète célèbreChapitre 58 sur 174 · JOURNÉE CHAMPÊTRE · texte numérisé non relu

JOURNÉE CHAMPÊTRE

Ou m'a coQlé qu'aulrefoLs dans Palemie, Ville où r\mour eut toujours des autels , L'Amitié sut d'un nœud durable et ferme Unir entre eux quatre jeunes mortels.

Égalité de biens et de naissance .

Conformité d'iiumeur et de peuchani, Tout s'y trouvait; l'habitude et le temps De ces liens assuraient la puissance.

L'aîué d'entre eux ne comptait pas vio^ ans ; C'était Yolmon, de qui l'air doux et sage Monti-ait un cœur naïf et sans détour, Et qui jamais des erreurs du bel âge N'avait connu que celle de l'Amour.

Loin du fracas et d'un monde frivole, Dans un réduit prépaie Je leurs ma,His, Nos jeunes gens venaient tous les matinî De l'amitié tenir la douce école.

Ovide un jour occupait leurs loisirs.

Flor\al lisait d'une voix attendrie Ces vers touchans où l'amant de Julie De l'âge d'or a chanté les plaisirs « Cet âge heureux ne serait-il qu'un songe? Reprit Talcis, quand Florval eut fini.

N'en doutez point, lui répcidit Volnv; Tant de bonheur est toujours un raensoiu;e. »

FLORViL.

« Et pourquoi donc? toute l'anliquité, Plus près que uous de c<-.t âge vanté. En B transmis et pieuré la mémoire; »

88 LA JOURNÉE CHAMPETRE.

vor.WT.

« L'autiquité meut un peu , comme on sait Il faut plutôt radinirer que la croire. Ouvre les yeux , vois l'horume ; et ce qu'il est De ce qu'il fut le donnera l'histoire. »

TALCIS.

« L'enfant qui plut par ses jeunes attraits

A soixante ans conserve-t-il ses traits?

L'homme a vieilli ; sans doute en son enfance.

Il ne fut poiut ce qu'il est aujourd'hui.

Si l'univers a jamais pris naissance,

Ces jours si beaux ont dû naître avec lui. »

VOLNY.

« Rien ne viellit... » Volmon alors se lève : « Mes chers amis, tous trois vous parlez d'or j Mais je prétends qu'il vaudrait mieux encor Pvéaliser entre nous ce beau rêve.

Loin de Palerme à l'ombre des vergers , Pour un seul jour devenons tous bergers. Mais gardons-nous d'oublier nos bergères. De rinnoceuce elles ont tous les goûts: Parons leurs mains de houlettes légères ; L'amour champêtre est, dit-on, le plus doux. » Avec transports cette offre est écoulée j Ou la répète, et chacun d'applaudir :

Laure et Zuimis voudraient déjà partir, Églé sourit, Naïs est enchai-iée; On fixe un jour; et ce jour attendu Commence à peine, on part, on est rendu.

Sur le penchant d'une haute montagne La main du Goût construisit un château, D'où l'œil au loin se perd dans la campagne. De ses côtes part un double coteau.

L'un est couvert d'un antique feuillage Que la cognée a toujours respecté;

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