‹ uvres complètes d'Évariste Parny, poète célèbreChapitre 70 sur 174 · LE SO^GE · texte numérisé non relu

LE SO^GE

Le Sommeil a touché ses yeux ; Sous des pavots délicieux Ils se ferment , et son cœur veille.

A l'erreur ses sens sont livrés.

Sur son visage , par degrés , La rose devient plus vermeille ; Sa main semble éloigner quelqu'un Sur le duvet elle s'agite; Son sein impatient palpite , Et repousse un voile importun.

Enfin , plus calme et plus paisible,

Elle retombe mollement; Et ie sa bouche lentement S'échappe un murmure insensible.

Ce murmure plein de douceur Ressemble au soutilede Zéphyre, Quand il passe de fleur en fleur :

C'est la Volupté qui soupire; Oui, ce sont les gémissemens D'une vierge de quatorze ans , Qui, dans un songe involontaire, Voit une bouche téméraire Effleurer ses appas naissans, Et qui , dans ses bras caressaus , Presse un époux imaginaire.

Le sommeil doit être charmant, Justine , avec un tel mensonge; Mais plus heureux encor l'amant Qui peut causer un pareil songe!

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