‹ uvres complètes d'Évariste Parny, poète célèbreChapitre 81 sur 174 · TABLEAU V · texte numérisé non relu

TABLEAU V

« Nvmplie de ce riant bocage, Vénus même sous votre ombrage Sans doute dirigea mes pas.

Elle ^ ralenti votre fuite; Elle accéléra ma poursuite, Et vous ùl tomber dans mes bras.

Des mortels souvent les déesses Reçurent les tendres caresses :

Imitez et craignez Ténus; Elle punirait vos refus. »

Malgré celte voix suppliante , Et malgré ses désirs secrets, La Nymphe défend ses attraits, Et toujours sa bouche riante Échappe aux baisers indiscrets.

A quek|ues pas, dans la prairie Un fleuve promenait ses flots.

Le front couronné de roseaux, Des Naïades la plus jolie Se jouait au milieu des eaux. Tantôt sous le cristal humide Elle descend , remonte encor , El présente au regard avide De sou sein le jeune trésor ; Tantôt glissant avec souplesse.

Elle étend ses bras arrondi^, Et sur l'oude qui la caresse Elève deux globes de lis.

Bientôt mollement renversée.

Par le flot elle tst balancée; Son pied frappe l'eau qui jaillit.

LES deguiseme:ns de vii^, us. ht

luvisible dans le bocage , Mvrtis écartant le feuHIage Voit tout, et de plaisir sourit.

Alors la champêtre déesse, Que dans ses bras toujours il presse, Rapproche les rameaux ioulfus, D'un voile en rougissant se couvre, Et sur sa bouche qui s'entr'ouvre Expire le dernier refus.

TABLEAU YI.

Sous des ombrages solitaires Devant un Satyre effronté , Fuyait avec rapidité La plus timide des bergères.

Au loin elle aperçoit Myrtis :

« A mon secours le ciel t'envoie.

Jeune inconnu; défends ÎNaïs. « Le Satyre lâche sa proie.

La bergère à son protecteur Sourit, mais conserve sa peur.

« Bannis les injustes alarmes.

Dit-il-, je respecte tes charmes.

Viens donc : du village voisin Je vais l'indiquer le chemin. >• Elle rougit . et moins timide, A pas lenls elle suit sou guide. Mais elle entend un bruit lointain Du berger elle prend la main , Et dans ses bras cherche un asile.

Discret, il demeure immobile, Et n'ose presser ses appas.

Elle voynit son doux martyre.

^^2 LES Ui-GljlSEMENS DE VENUS.

Le bruit cesse ; Myrtis soupire , Et Nais reste daus ses bras.

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