TABLEAU VII
Phébus achevait sa carrière; Dans les cieux l'ombre s'étendait ; Myrtis à pas lents descendait De la montagne solitaire.
Une femme sur son chemin Se place et doucement i'arrèle.
Au croissant que porte sa tète, A sa taille, à son port divin, Il a reconnu l'immortelle.
« Cher Endimion, viens, dit-elle.
Un moment pour toi j'ai quitté Le ciel et mou trône argenté :
"Viens , sois heureux et sois fidèle.
Le berger suit ses pas discrets.
De cette méprise apparente Il profite, et la nuit naissante Protège ses baisers muets.
Il trouve dans la jouissance L'abandon et la résistance, L'embarras de la nudité , Les murmures de la tendresse , Les refus et la douce ivresse, La pudeur et la volupté.
tabli:au VIII.
« Berger, j'appartiens à Diane : Pourquoi toujours suis-tu mes pas.^ Je hais Vénus : fuis donc profane;
LES DÉGL ISEMENS UE VEKLS. Îw5 Crains cette flèche et le trépas. « Elle dit, et sa main cruelle, Sur l'arc pose le trait lét;er ; Mais Mvrtis, qui la voit si belle, Sourit, et brave le danger.
Tu fossé profond les sépare ; Avec audace il est franchi.
Imprudent d'un regret suivi, Le trait vole, siffle et s'égare.
La nymphe de nouveau s'enfuit.
Le berger toujours la poursuit.
Dans une grotte solitaire.
De Diane asile ordinaire.
Elle entre; et sa main aussitôt Saisit et lève un javelot.
Sa fierté, sa grâce pudique, Irritent le désir naissant ; D'un côté sa blanche tunique Tombe et sur le genoux descend; De l'autre une agathe polie La relève , livrant aux yeux Les lis d'une cuisse arrondie, Et des contours plus précieux.
De son sein, qui s'enfle et palpite, Et dont ce combat précipite Le voluptueux mouvement, Un globe est nu : le jeune amant S'arrête , et des yeux il dévore , Malgié le javelot fatal, L'albâtre pur et virginal Qu'au sommet la rose colore.
Il saisit la Nymphe, et sa voix Pour l'implorer devient plus tendre.
Des cris alors se font entendre Le cor résonne dans les bois.
« Malheureux! laisse moi , dit-elle,