A MADAME DE T
Non, jamais un chant plus tlalleur
N'embellit doux lèvres de rose;
La flûte avoL moins de douceur Vient chatouiller l'oreille qui repose; Ces accens que l'Amour vous apprit à former Se font entendre au oceur mieux ({u'à l'oreille ; Heureux qui peut ouvrir celle bouche vermeille, Y.\ plu* heureux cent fois qui peur vous la fermer!
203 M£LAXGES.
A M. LE CHEVALIER DE FARNY
QUI VENAIT d'eNVOYF.R A I.'aUTEUR SES OPUSC UIKS POÉTIQUES.
J'ai cru qu'il n'était plus le chantre de Délie ,
Cet amant tendre et déli;'at,
Qui dans une joyeuse orgie
Brillait plus que dans un eoinbat ;
Qui , devant ies toits de sa daiiie , Au.\ dangers de l'amour seulement aguerri , Passait la nuit parfois en rêvant à sa flamme,
Et grisait parfois le mari
l*cur être seul avec la femme.
J'ai cru qu'ils n'étaient plus; ami, pardonne«moi
Tes jolis veis, même ta prose,
M'annoncent qu'il revit en, loi, Et je commence à croire à la métempsycose.
Le chevalier de Cueières.
REPONSE
Je le vois bien , l'amitié rend crédule: Quoi! votre esprit , trompé par votre cœur, De Pythagore adopterait l'erreur, Et, selon vous, au siècle de Catulle Je fus connu sous le nom de Tihulie?
S'il est ainsi , quelquefois sans témoins J'ai caressé la volage Délie, J'en conviendrai: mais convenez du lUL-it!; Qiie vous couchie/ alors avec Julie.
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BKRTIX
Ciois-ruoi , la briiiniitf eourauue
Dont :u flaUeâ ma vauiiô ,
C'est l'Amitié qui nie la donue
Sans l'aveu de la Vérité.
I''niits légers iÎîî ma faible veins,
Cet lionueur ii'ost point fait [■•o:T
jMoàestës el connus à peiiie,
Vous mêlerez peu dejuluiix.
Il est vrai qu'à la noble eu*ie
D'c<re célèbre après ma moil
Je ne rfce sens pas assez i\>\t
Pour sacriiier cette vie.
Dans les sentiers d'Anafréon
Egarant ma jeunesse obscure,
Je li'ai point la démangeaison
D'cutrcméler une cbanson
Aux écrits pompeux du Mermre ;
Et je renonce sans murmure
A la trompeuse ambition
D'une célébrité fu'ure.
J'irai tout entier aux enfer?.
Eu vain ta voix douce et propice
Promet plus de gloire à mes vers:
IMa nullité se rend justice.
IN'os neveux , moins polis que toi,
Flétriront bientôt ma couronne:
Peu jaloux de vivre après moi ,
Je les approuve et leur pardonne.