A LA HARPE
>A COMÉDIE DES MLSES r.lVAl.lS.
Enfin , grâce à ma diligence,
J'ai vu des neuf Sœurs que j'enccuse.
La charmante rivalité;
J'ai vu riionimage mérité
Que sur la scène de Thalie
Le Goût vient de rendre au Génie,
Sans doute ce succès flatteur
Et poi-r le mort et pour l'auteur
Attriste doublement l'Envie.
Mais dût-elle se courroucer,
J'ai dit. et ma bouche est sincère:
» Quand on c'aaiile aussi bien Voltaire ,
On commence à le remplacer «.
A BERTÏN,
Que tu sais bien, flatteur habile, Au doux bruit d'un éloge avec art apprêté , Endormir la raison, et dans un vers facile Chatouiller finement l'amour propre enchanté!
MELANGES. -2rf
Que la plume, avec go ùl blessant la vérité', Sait, même tn la flattant, ménager ma faiblesse,
VA préparer arec délicatesse
Le poison de la vanité!
De ses molles vaiieurs ma Muse se défie ;
Elle a trouvé tes vers charmaus ,
Riais elle n'a pas la folie
De croire à tes propos galans;
liile sait que ia Poésie N'est pas fort scrupuleuse, et que dans tousles temp3, Des tristes vérités implacable ennemie, ï'Me aima mieux mentir et parailre jolie, Que d'être plus sincère et d'ennuyer les gcn>.
A MONSIEUR
LE CHEVALIER DE PARNY
Des tendres airs que vous notez Tibulle n'est point le modèle , El sa Délie était moins belle Que la nymphe que vous chantez; A l'art du grand docteur Ovide \ous prêtez de r.ouveaux attraits, Ei la fraîcheur de vos bouquets Rajeunit les jardins de Guide.
Pour avoir votre aimable ton.
Votre voix facile et sonore , Il faut partager le gazon Foulé (;ar votre Éléouore.
Hélas! dans ma jeune saison, J'aimais à chanter la tendresse ; L'Amour bercé par la paresse Éutit alois mon Aj)ollou.
212 IMELA3.Gi:S.
Mais l'AnJOur tul bientôt rebelle, Ji n'inspira plus rnes concerts; C'est à vous seul qu'il est livlèle; Il i;ar(la pour tracer vos vers La pluuie de sa dernière aile.
M UOIGNY l)V POACEAi;
REPONSE
AimaMe élève des neuf Sœurs, Vos vers que je relis sans cesse, Vos vers cliariuans et trop fla'tt:urs Sont parvenus à leur adresse :
Voire muse écrit de la cour * , Et Ton sait que dans ce séjour La Vérité ue parle guère.
C'est ici que l'on est sincère.
Vous louez ces vers qu'en passant Je traçai jadis à Cythère; Vous les louez : en vous li-aiM , Je ni'ajK'roois ou'ou ])eul mieux faire. Votre cœur se j)laint des Amours!
Héias ! :jui n'a pas à s'en plaindre?
3Iais l'humeur dicte ce discours, Ou vous prenez plaisir à feindre.
Votre maîtresse , dites- vous, A vos vœux fut bientôt rebelle :
C'est une erreur, nous savons tous Que la Gloire vous est fidèle.
2d. Doii^ny était î^finlilliomiue ovdinaiic du roi.
MfîLA>^GILS. 2J!