‹ Œuvres complètes d'HelvétiusChapitre 200 sur 228 · CHAPITRE XXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIII

Du temps où l'Église fait revivre ses prétentions.

Qu’un prince faible et superstitieux occupe le trône d’un grand empire ; qu’en cet empire l’Eglise ait élevé le tribunal de l'inquisition; qu’enrichie des dépouilles des hérétiques, et devenue de jour en jour plus riche et plus puissante , elle ait, par des supplices horribles et multipliés , effrayé les esprits, éteint le jour de la science, ramené les ténèbres de la stupidité; l’Eglise y commandera en reine , elle v fera revivre ses prétentions , le règne du monarque sera le siècle de la grandeur sacerdotale ; et si les mêmes causes produisent nécessairement les mêmes effets , les peuples , esclaves de l’Église, reconnaîtront en elle une puissance supérieure à celle du souverain. Alors le prince , humilié et privé du secours de ses peuples, ne sera devant son clergé qu’un citoyen isolé, exposé au même mépris , aux mêmes indignités et au même châtiment que le dernier de ses sujets. Que cette conduite soit criminelle ou non, la superstition la justifie : l’infaillibilité avouée d’un corps légitime tous les forfaits.

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