‹ Œuvres complètes d'HelvétiusChapitre 35 sur 228 · PLAISIR · texte numérisé non relu

PLAISIR

Il est deux sortes de plaisirs, comme il est deux sortes de douleurs : l’un est le plaisir physique, l’autre le plaisir de prévoyance. Un homme aime-t-il les belles esclaves et les beaux tableaux : s’il découvre un trésor, il est transporté. Cependant il n’éprouve encore aucun plaisir physique : j’en conviens ; mais il acquiert en ce moment les moyens de se procurer les objets de ses désirs. Or, cette prévoyance d’un plaisir prochain est déjà un plaisir. Sans amour pour les belles esclaves et les beaux tableaux , il eût été indifférent à la découverte de ce trésor.

Les plaisirs de prévoyance supposent donc toujours l’existence des plaisirs des sens. C’est l’espoir de jouir demain de ma maîtresse qui me rend heureux aujourd’hui. La prévoyance ou la mémoire convertit en jouis** Tome II. 7

g8 de l’homme.

ance réelle l’acquisition de tout moyen propre à mes procurer des plaisirs. Par quel motif, en effet, éprouvai-je une sensation agréable chaque fois que j’obtiens un nouveau degré d’estime, de considération, de richesses, et surtout de pouvoir? c’est que je regarde le pouvoir comme le plus sûr moyen d’accroître mon bonheur.

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