‹ Œuvres complètes d'HelvétiusChapitre 39 sur 228 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Que les plaisirs des sens sont, à l’insu même des nations , leurs plus puissans moteurs.

Les moteurs de l’homme sont le plaisir et la douleur physiques. Pourquoi la faim est-elle le principe le plus habituel de son activité? c’est qu’entre tous les besoins, ce dernier est celui qui se renouvelle le plus souvent et qui commande le plus impérieusement. C’est la faim et la difficulté de pourvoir à ce besoin, qui, dans les forêts, donnent aux animaux carnassiers tant de supériorité d’esprit sur l’animal pâturant. C’est la faim qui fournit aux premiers cent moyens ingénieux d’attaquer, de surprendre le gibier. C’est la faim qui, retenant six mois entiers le sauvage sur les lacs et

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