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civilisation vieillie, est en même temps un des premiers instincts des peuples qui commencent. Tant la nature humaine semble éprise de l'inconnu, insatiable d'apprendre, inconsolable s'il arrivait un moment où elle aurait tout appris ! Comme le jour ne lui vient qu'entre deux nuits, la science ne lui plaît qu'entourée de mystères; et, si tourmentée qu'elle soit du besoin de connaître, elle l'est encore plus du besoin d'ignorer (1).
Ainsi, au commencement du septième siècle, au moment où l'on a coutume de croire qu'il n'y a plus d'enseignement littéraire, nous en trouvons deux : d'un côté, ce qui reste des lettres classiques, la grammaire, l'éloquence et le droit, professés dans les écoles où s'achève l'éducation des nobles, des évêques, et de toute cette société chantée par le poëte Fortunat; de l'autre côté, la doctrine du faux Virgile et de ses maîtres, qui croit sauver les traditions littéraires en les cachant, qui les étoufferait si elle réussissait dans son dessein, mais qui n'arrive qu'à leur donner la forme la plus propre à fixer le respect, la curiosité, la docilité des peuples
(1) Sur les habitudes poétiques des Scandinaves, voyez les Germains avant le Christianisme, p. 258. L'allitération, c'est-à-dire la répétition des mêmes initiales, paraît dans l'énigme de Virgile citée ci-dessus : « Natum naluro naturam nataturus. » — En ce qui touche les Irlandais et les Anglo-Saxons, ou trouvera les textes indiqués et cités dans la suite de ce chapitre. Le premier volume de Tarchéologie de Myvyr contient de nombreux fragments poétiques, où l'on voit l'effort des bardes gallois pour s'envelopper d'obscurités.
Si j'appelle l'école du faux Virgile, école de Toulouse, école d'Aquitaine, c'est pour abréger, et sans prétendre qu'elle fut res>;errée dans les limites d'une seule province. Au contraire, on a tout lieu de croire qu'elle venait de plus loin, et qu'elle s'étendit dans tout lOccident.
nouveaux. Nous avions fixé l'époque de celle école. Nous commençons à pressentir sa mission, la suite achèvera de l'éclaircir, et nous reconnaîtrons que la Providence a traité les lettres aux temps barbares comme ces semences précieuses qu'elle destine à rouler dans les ronces et les rochers : la plus épineuse* des deux n'est pas la moins utile; elle résiste, et finit par attacher la graine au lieu où elle germera.