‹ uvres complètes de A.-F. Ozanam (volume 3)Chapitre 27 sur 32 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

l»i: I.V IMiEMIÈRE J niriON

Le livre qu'on offre aujourd'hui au public a été fait origniairement pour la Revue européenne^ où il a été inséré en plusieurs fois. Quelques amis de M. Ozanam ont jugé que ce travail pouvait prétendre à une publicité plus étendue que celle du recueil, alors prêt à s'éteindre, où il avait paru par fragments, et l'un d'eux croit devoir prendre la plume pour recommander aux lecteurs chrétiens ce début d'un très-jeune auteur qui n'ose se présenter a eux (fue sous la responsabilité d'auîrui.

Il nous a semblé que l'idée première de cette double élude historique sur François Bacon et saint Thomas de Cantorbéry était neuve, ingénieuse et singulièrement féconde. Le biographe des hommos illustres de l'antiquité grecque et romaine, Plutarque, a présenté deux à deux ceux de ses héros qui s'étaient trouvés dans des circonstances à peu près semblai)les, et il a fait suivre

leur histoire de parallèles où il a fail briller tout sou esprit et toute sa rhétorique; mais ces parallèles ne sont guère que des exercices litléraires, bons pour amuser les écoles, et dont il y a peu dinstruclion réelle à tirer, parce que les ressemblances et les différences entre ces hommes célèbres sont fortuites, établies arbitrairement, et ne se rattachent à rien de bien sérieux. Il en est tout autrement ici, où il s'agit de mettre en regard le philosophe et le saint, le grand homme selon le monde et le grand homme selon l'Église; de comparer, et, par conséquent, de juger deux ordres d'idées entièrement différents entre lesquels le choix est trèsimportant. Qui ne voit toute la portée de cette méthode appliquée à l'histoire moderne? Qui ne conçoit la haute moralité qui en résulte? Evidemment rien n'est plus intéressant et plus instructif que de comparer, par exemple, Charlemagne et Napoléon, saint Louis et Frédéric le Grand, Bossuet et Voltaire, Fénelon et J. J. Rousseau, en étudiant moins ce que ces hommes ont pu avoir de commun par leur génie et l'influence qu'ils ont exercée sur leur époque que les principes qui ont dominé leur vie, les doctrines qui ont été le mobile de leur conduite, et par suite les sociétés sur lesquelles ils ont agi.

Le travail de M. Ozanam est, si nous ne nous trompons, une heureuse tentative de ce genre, et il donne l'idée de tout ce qui pourrait être fait dans cette voie. Il ne nous appartient pas d'en louer l'exécution, parce que nous ne venons pas faire ici ce qu'on appelle de la

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camaraderie; mais nous avons le droit de dire (ju'on y trouvera des études consciencieuses, une instruction puisée aux sources et un sentiment chrétien profond •et sincère. C'en est assez, croyons-nous, pour assurer toutes les sympathies du puhlic de choix auquel nous nous adressons à un jeune écrivain qui veut se dévouer à la grave et laborieuse carrière de défenseur de la véj'ité et engage au service de la cause catholique tout ce qu'il a d'àme et de talent.

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