‹ uvres complètes de A.-F. Ozanam (volume 5)Chapitre 22 sur 33 · Porta nel tempio le cupide vêle · texte numérisé non relu

Porta nel tempio le cupide vêle

Tous les commentateurs s'accordent à l'entendre de l'abolition des templiers. En \ 505, Jacques Molay, appelé à Paris par le pape, grossit letrésor de Kordrede centcinquante mille florins, sans compter douze chevaux chargés de gros lournois. Le 13 octobre 1507, le grand maître et tous les chevaliers, présents à Paiis sont arrêtés, leurs richesses séquestrées, et Philippe les dénonce comme une société perfide, idolâtre, dont les œuvres et les seules paroles étaient capables de souiller la terre et d'infecter l'air. Le 25 mars 1508, la Faculté de théologie approuve les mesures prises par le roi ; les États, réunis à Tours, pressent les poursuites. Clément V fait procéder contre eux

canoni(|iJemcnt. 1512, abolition de l'onlrc au coiici'c de Vienne. Soulèvement de la conscience publique. On les crut innocents, et longtemps on raconta comment Jacques Molay, du haut de son bûcher, avait assigné Clément V à comparaître, dans les quarante jours, au ti ilmnal de Dieu.

M. de Hammer (Mysterium Baphometi revclatum) résume les principales accusations portées contre les templiers; emblèmes gnosliqucs, Srifour.ri;. Le culte du Saint-Esprit représenté par une idole à longue barbe; reniement du Christ; la croix conspuée et foulée aux pieds; baiser immonde; ciistodite vos ah osculo templarionim. Inlerrogaloire que le grand maître et deux cent trente et un chevaliers ou frères servants subirent à Paris. Cet interrogatoiie f«it conduit avec beaucoup déménagement et de douceur par un archevêque, plusieurs évètjues et dignitaires ecclésiastiques. Uicn n'y fut arraché par la torture.

Contact des templieis et des sectes gnosliques en Orient. — Le règne du Saint-Esprit succédant au règne du Christ. Affranchisscrnent de la chair. Mais comment accorder ces doctrines avec tant de dévouement et de biavoure? — 11 y avait un ordre et une secte comme cIk z les franciscains. Mais le jugement des contemporains a été troublé par les cris des victimes, et la postérité s'est rangée du côté des bûchers.

CAMO XXI

1 La sete nalural, che mai non sazia,

Se non con 1' acqua onde la femminetla Samaritana dimandô la grazia,

2 Mi travagliava, e pungémi la frelta

Per la iinpacciata via relro al mio Duca, E condolièmi nlla giusla vendetta.

3 Ed ecco, si corne ne scrive Luca,

Che Cristo apparve a' duo cli' erano in via, Già surto fuor délia sépulcral buca,

4 Ci apparve un' ombra, e dielro a noi vcnia

Dappiè guardando la turba che giace ; Ne ci addemmo di lei, si parlé pria,

5 Dicendo : Frati miei, Dio vi dea pace.

Noi ci volgemmo subito, e Yirgilio Rende lui '1 cenno ch' a ciô si conface.

6 Poi cominciô : Nel beato concilio

CllA.M XXI

Cette soif delà nature que rien ne désaltère, si ce n'est l'eau dont la femme samaritaine demanda le bienfail,

Me tourmentait donc, et l'impatience m'aiguillonnait à la suite de mon guide sur celte route encombrée, et j'étais louché de compassion devant la jusle vengeance de Dieu ;

El voici : comme Luc nous apprend que le Christ, à peine sorti de l'antre sépulcral, apparut à deux hommes qui cheminaient;

Une ombre nous apparut, et elle venait derrière nous, regardantàses pieds la foule des ombres couchées à terre, etnous nenousapenjûmespasd'clle avant qu'elle parlât.

En disant : « Mes frères. Dieu vous donne la paix ! » nous nous retournâmes aussitôt, et Virgile lui rendit le geste qui convient à un tel salut.

Puis il commença : « Dans le concile des bienheureux^

Ti ponga in pace la vcracc cortc, Che me rilcga ncll' cterno esilio.

7 Corne! diss' egli (e parte andavam forte),

Se voi siete ombre che Dio su non degni, Chi v' ha per la sua scala tanto scorte?

8 E il Dottor mio : Se tu riguardi i segni

Che questi porta e che l'Angel proffila, Ben vedrai che co' buon convien ch' e' regnj

9 Ma po' colei che di' e notte fila,

Non gli avea tratta ancora la conocchia, Che Gloto impone a ciascuno e compila ;

10 V anima sua, ch' è tua e mia sirocchia,

Yenendo su, non potea venir sola ; Perô ch' al nostro modo non adocchia :

11 Ond' io fui tratto fuor dell' ampia gola

D' inferno per mostrarli, e mostreroUi Oltre, quanto '1 potrà menar mia scuola.

12 Ma dinne, se tu sai, perché tai crolli

Diè dianzi il monte, e perche tutti ad una Parver gridare infino a' suoi piè molli?

13 Si mi diè dimandando per la cruna

Del mio disio, che pur con la speranza Si fece la mia sete men digiuna.

u Quei cominciô : Cosa non è che sanza Ordine senta la religione Délia montagna, o che sia fuor d' usanza.

15 Libero è qui da ogni alterazione :

Di quel che '1 cielo in se d a se riceve Esserci puote, e non d' altra cagione :

a puissos-tu trouver la paix par le jugement de rinfaillic( ble cour qui me relégua dans l'éternel exil ! »

«Comment, dit-il, tandis que nous pressions le pas, si vous êtes des ombres que Dieu ne j uge pas dignes d'habiter en haut, quivous a conduits si loin par son escalier?»

Et mon maître : «Si tu regardes les signes que porte celui-ci et dont l'ange a marqué son visage, tu verras bien qu'il doit régner avec les bons.

« Mais, comme la Parque qui file nuit et jour n'avait pas encore épuisé pour lui la quenouille que Clotho charge et garnit pour chacun de nous,

«Son amo, qui est ta sœur et la mienne, montant vers ces hauts lieux, ne pouvait y venir seule, car elle ne voit point à noire manière.

« C'est pourquoi je fus tiré de la vaste gueule de l'enfer, afin de lui montrer la route, et je lui montrerai plus loin autant (jue pourra le conduire ma science.

« Mais dis-nous, si tu le sais, pourquoi la montagne a donné tout à l'heure de telles secousses, et pourquoi tousses habitants ont semblé crier d'un seul cri, jusqu'au lieu où ses pieds trempent dans la mer. )^

Sa question enfilait si justement l'aiguille de mon désir, que l'espérance seule suffit pour tempérer ma soif.

Il commença : « Ce n'est point chose que la montagne sainte ressente sans raison, ni qui soit hors d'usage.

« Ce lieu est libre de toute altération. La cause de la secousse ne peut venir que de ce que le ciel reçoit de lui-même, mais non d'aucun autre événement;

558 DEL l'UIlGATORI .

10 Perché non pioggia, non grando, non neve, Non rugiada, non brina più su cade, Che la scaletta de' Ire gradi brève.

17 Nuvole spesse non paion, ne rade,

Ne corruscar, ne figlia di Taumante, Che di là cangia sovente conlrade.

18 Secco vapor non surge più avante

Ch' al sommo de' ire gradi eh' io parlai, Ov* ha '1 vicario di Pietro le piante.

19 Tréma forse più giù poco od assai ;

Ma, per vento che in terra si nasconda, Non so corne, quassù non tremo mai :

20 Tremaci quando alcuna anima monda

Si sente si, che surga, o che si muova Per salir su, e tal grido seconda.

21 Délia mondizia '1 sol voler fa pruova,

Che, tutto libero a mutar convento, L' aima sorprende, e di voler le giova.

22 Prima vuol ben; ma non lascia il talento,

Che divina giustizia contra voglia, Corne fu al peccar, pone al tormento.

23 Ed io che son giaciuto a questa doglia

Cinquecento anni e più, pur mo sentii Libéra volontà di miglior soglia.

24 Perô sentisti il tremoto, e li pii

Spiriti per Io monte render Iode A quel Signor, che tosto su gl' invii.

25 Cosi gli disse ; e perô che si gode

ClIAM XXI. 539

« C'est pourquoi, ni pluio, ni grêle, ni neige, ni rosée, ni givre, ne tombe au delà du petit escalier aux trois marches.

« Il n'y paraît ni nuages épais, ni rares, ni éclairs, ni riris, fille de Thaumas, qui là-bas change souvent de place.

« fia vapeur sèche ne s'élève pas plus avant qu'au haut des trois degrés dont je parlais, où le vicaire de saint Pierre a les pieds.

« Plus bas, le sol tremble plus ou moins ; mais, par l'effort du vent qui se cache sous terre, je ne sais comment ces hauteurs ne tremblèrent jamais.

c< Elles tremblent lorsqu'une âme se sent purifiée, à ce point qu'elle se lève ou se met en mouvement pour monter au ciel, et ce cri l'accompagne.

(( Elle trouve la preuve de sa pureté dans la volonté seule qui surprend l'àme tout à coup libre, et la pousse à changer de séjour, et celte volonté ne reste pas sans effet.

« Jusque là, elle veut bien, mais le désir contraire ne le permet pas, le désir que la justice divine dirige aussi ardent au châtiment qu'il le fut au péché.

« Et moi, qui suis resté étendu pour ce supplice cinq cents ans et plus, tout à Thcure seulement j'ai senti la libre volonté d'un lieu meilleur ;

« Voilà pourquoi tu as ressenti le tremblement de terre et entendu tout autour de la montagne les pieux esprits rendre gloire au Seigneur, et que je prie de les acheminer bientôt vers le ciel. »

Ainsi lui répondit-il, et parce qu'on trouve d'autant

340 DEL rURGATORIO.

Tanlo del ber quant' è grande la selo, Non saprci dir quant' ci mi feceprode.

20 E il savio Duca : Oniai vcggio la rele

Che qui vi piglia, e corne si scalappia, Perche ci Irenia, e di che congaudete.

27 Ora chi fosti piacciati ch' io sappia,

E, perché tanti secoli giaciuto Qui se', nelle parole tue mi cappia.

28 Nel tempo che il buon Tito con 1' aiuto

Del sommo rege vendicô le fora,

Ond' usci '1 sangue per Giuda venduto,

20 Col nome che più dura e più onora Er' io di là, rispose quelle spirto, Famoso assai, ma non con fede ancora.

50 Tanto fu dolce mio vocale spirto,

Che, Tolosano, a se mi trasse Roma, Dove mertai le temple ornar di mirto.

31 Stazio la gente ancor di là mi noma;

Gantai di Tebe, e poi del grande Achille, Ma caddi in via con la seconda soma.

52 Al mio ardor fur semé le faville,

Che mi scaldar, délia divina fiamma, Onde sono allumati più di mille;

55 Dell' Eneida dico, la quai mamma

Fummi, e fummi nutrice poetando :

Senz' essa non fermai peso di dramma.

54 E , per esser vivuto di là quando

Visse Virgilio, assentirei un sole

Più ch' i' non deggio al mio uscir di bando.

plus de plaisir à boire que plus grande est la soif, je ne saurais dire quel contentement il me donna.

Et mon sage guide : a Je vois maintenant le (ilct qui vous retient ici, et comment on s'en dégage; pourquoi cettemontagnetremble, et d'où vient votre commune joie.

« Maintenant souffre que je sache qui tu fus ; et que les paroles me fassent comprendre pourquoi tu restas tant de siècles couché dans ce lieu. »

« — Au temps où le vertueux Titus, avec l'aide du roi souverain, vengea les blessures desquelles sortit le sang vendu pnr Judas ;

« Alors, répondit cet esprit, je portais sur la terre le litre qui dure et honore le plus ; ma renommée était grande, mais la foi manquait encore.

c( Si donc fut l'inspiration de mes chants que de Toulouse, ma patrie, liome m'attira chez elle, où je méritai que la couronne de myrte oruAt mes tempes.

a Stace est mon nom, que les habitants de la terre connaissent encore; ji; célébrai Thèbes, puis le grand Achille; mais, en chemin, je succombai sous le second de ces fiu'deaux.

c( Les étincelles qui échauffèrent mon ardeur vinrent de la divine flamme, où plus de mille autres se sont embrasés.

(( Je parle de VEnéidCy qui fut ma mère et ma nourrice en poésie. Sans elle, je n'écrivis rien qui eût le poids d'une drachme;

c< Et pour avoir vécu sur la terre quand vécut Virgile, je consentirais à différer d'un soleil ma sortie de l'exil.»

342 DLL PURGATOIUO.

35 Volser Virgilio a me queste parole Con viso che lacendo dicea : Taci :

Ma non puô tulto la virtù che vuole ;

3G Chè riso e pianlo son lanto seguaci

Alla passion da che ciascun si spicca, Che men seguon voler ne' più veraci.

57 lo pur sorrisi, corne 1' nom che ammicca ,

Perché 1' ombra si tacque, e riguardommi Negli occhi, ove 'l semhiante piii si ficca.

38 E, se tanto lavoro in hene assommi,

Disse, perché la faccia tua testeso Un lampeggiar di riso dimostrommi?

39 Or son io d' una parte e d' altra preso :

L' una mi fa tacer, V altra scongiura

Ch' i' dica; ond' io sospiro, e sono inteso.

40 Di, il mio Maestro, e non aver paura,

Mi disse, di parlar; ma parla, e digli Quel ch' e' dimanda con cotanta cura.

41 Ond' io : Forse che tu ti maravigli,

Antico spirto, del rider ch' io fei; Ma più d' ammirazion vo' che ti pigli.

42 Questi, che guida in alto gli occhi miei,

È quel Virgilio, dal quai tu togliesti Forza a cantar degli uomini e de' Dei.

45 Se cagione altra al mio rider credesti, Lasciala per non vera ; ed esser credi Quelle parole che di lui dicesti.

44 Già si china va ad ahbracciar li piedi

Al mio Dottor; ma e' gli disse : Frate, Non far, chè tu se' ombra, e ombra vedi.

CIIA^T XXI. 54:^

Ces paroles firent louriier vers moi Virgile avec un visage qui, en se taisant, me disait : «ïais-toi. » Mais la faculté qui veut ne peut pas tout ;

Car le rire et les pleurs suivent de si près la passion d'où ils jaillissent, qu'ils obéissent mal à la volonté chez les hommes les plus sincères.

Je souris seulement comme celui qui fiiit un signe, de sorte que l'ombre se tut cl me regarda dans les yeux, où l'expression se montre davantage.

c< Et aussi puisses-tu conduire à bonne fin une si grande tache 1 dit-elle. Pourquoi ta face à l'heure même m'a-t-elle laissé voir l'éclair d'un sourire?»

Me voilà pris des deux côtés. D'une part, on me fait taire ; de l'autre, on me conjure de parler; c'est pourquoi je soupire et je suis entendu.

« Dis, m'ordonna mon maître, et n'aie pas peur de parler; mais parle et fais-lui savoir ce qu'il demande avec tant de curiosité. »

Donc, je lui dis : « Peut-être, antique esprit, t'étonnes-tu de mon sourire; mais je veux que tu te prennes d'une admiration plus grande.

c< Celui qui dirige en haut mes yeux, est ce Virgile, dont tu as appris à chanter hardiment les dieux et les hommes.

c( Si tu as supposé une autre cause à mon sourire, aisse-la pour fausse, et crois que la seule vraie est dans les paroles que tu as dites de mon guide. »

Déjà il s'inclinait pour embrasser les pieds de mon maître ; mais celui-ci lui dit : «Frère, n'en fais rien, car tu es une ombre, et c'est une ombre que tu vois.

45 Ed ei surgcndo : Or puoi la quanlitale

Comprcnder dclT amor ch' a le mi scalda. Quando dismcnlo nostra vanilale,

46 Trattando 1' ombre corne cosa salda.

CHANT \\I. 5i5

Et lui se relevant : w Tu peux comprendre maintenant la grandeur de l'amour qui m'échauffe pour toi, puisque j'oublie notre vanité, en traitant les ombres comme des corps solides. »

Dante nous a montre h\ montagne du purgatoire portant sa tète jusque dans des régions sereines qui ne connaissent point les altérations des éléments : on n'y voit ni nuages ni brouillards; la foudre n'y brille point; la neige, la pluie, la rosée ne mouillent jamais cette terre sainte. Il faut savoir si l'imagination du poëte se donne une libre carrière, ou si elle est, comme toujours, dominée par les traditions de la science et de la poésie contemporaines.

Le Paradis terrestre couronne la montagne du Purgatoire. De bonne heure les chrétiens avaient dû chercher à se représenter ce lieu mystérieux d'où sort toute l'histoire de l'humanité. Les premiers interprètes discutent si le Paradis terrestre est un lieu de l'espace? Saint Augustin (de Civ. Dei, cap. xxi) donne aux premiers chapitres de la Genèse les deux sens, littéral et mystique, et en permettant d'interpréter l'allégorie, il veut qu'on maintienne la vérité historique du récit. Il conclut [sup. Gènes., VIII, 7) que le Paradis est un lieu dont les hommes ont perdu la connaissance. Les imaginations se chargeront de le retrouver.

Saint Avitus, de Initio mundi, I : « Il est un lieu que la nature a réservé à ses mystères, sous le soleil de l'Orient, à l'endroit où l'on dit que la terre touche au ciel :

(Juo terrain perhibent confinia jungere cœlo .

Là ne se succèdent point les brumes et les soleils d'été, soit que l'astre, accomplissant sa course, vienne réchauffer la terre ou que les champs blanchissent sous les frimas. La clémence du ciel y fait régner un éternel printemps, le vent des orages n'y pénètre pas, les nuages n'y ternissent jamais la sérénité de l'air, et la terre ne demande point les pluies qui ne lui sont pas données :

Nec poscit natura loci quos non habet imbres.

Isidor (XIV, Ehjm.) ])lace le Paradis terrestre en Orient, dans une tempéralure qui ne change point. Bède (// Corinlh.^ w\) le fait s'élever jusqu'au cercle de la lune, et Dante s'attache à cette tradition lorsqu'il passe de l'Eden au ciel. Saint Jean Damasccne (lih. II, de Orth. Fid.y xi) le décrit comme une région divine où règne un air léger toujours égal et Ircs-pur. Saint Thomas (I , q. cii) rapporte ces opinions; elles s'établissent dans l'école. Une carte du douzième siècle, citée par M. Wright, prolonge le cours du Gange dans la direction du J;qxin et place en face de ses bouches l'ile du Paradis.

Phisieurs auteurs ne voient dans le Paradis terrestre qu'une allégorie. Michel Pselhis y voit la région des contemplations divines, ou la réunion de toutes les vertus et les beautés qui forment comme un chœur autour de Dieu. Philoii ^dc Opifkio Dei) y voit une image de ITime. Origène (Periarchon, lib. IV, cap. ii) nie absolument la réédité historicpie du Paradis terrestre, tenant les arbres pour l'image des anges et les fleuves j)Oui" les symboles des vertus.

Saint Anibroise, saint Jérôme, saint Chi^sostome, saint Augustin, tiennent lu Paradis pour un lieu corporel, tout en admettant la signification mystique. (August., lib. VIII, f/(^ Gcnesi ad litt.) : Treff swit de Paradiso generaliter setitentix; tina eorum qui tantnmmodo corporaliter paradisum intcllujnnt^ alla eorum qui spiritualiter tantum, tertia eorum qui utroque modo paradisum, accipiunt; quam mihi fateor plocere sententiam.

Selon Hugues de Saint-Vic(or (Annot. ad Gènes. ^ xi), quelquesuns avaient voulu que le Paradis lût la terre entière. D'autres le plaçaient dans une autre terre pure et aérienne placée plus haut que la nôtre; d'autres au delà de l'Océan qui enveloppe notre monde; d'autres enfin sur notre terre, mais dans un lieu fermé et rendu inaccessible par les montagnes qui l'entourent.

Raban Maur {in Gènes.), Pierre Lombard (Il Sent., dist. 17, cap. v), saint Thomas (p. I, q. en, art. 1), établissent que le Paradis doit être dans un lieu très-élevé, voisin du ciel, qui touche peut-être au cercle de la lune, qui domine dans tous les cas la région nébuleuse et orageuse de l'atmosphère terrestre.

L'auteur du poëme du Phénix attribué à Lactance :

Est locus in primo fclix oriente remotus (jua patet œterni janua celsa poli,

3iS LE PUnOATOlUE.

Sed nostros montes (|iioruiii juga celsa putaiiliir

Per bis scx ulnas eininut ille locus ; Non ibi tempeslas nec vis furil horrida vcnti,

Ncc gclidolcrram rore pruina Icgil, .Nulla super canipos tendit sua vellera nubcs, ^ Nec cadit e\ alto turbidiis huinor aqua).

Saint Basile (de Paradiso) le met aussi sur un lieu élevé où u régnent ni les ténèbres, ni les tempêtes.

Prudence et d'autres auteurs ecclésiastiques y font séjourner les âmes des saints avant d'entrer dans le ciel et de jouir de Dieu.

Felices aniniœ prata per herbida Concentu parili suave sonantibus llymnorum modulis dulce canunt melos, Calcant et pedibus lilia candidis.

Malvenda {de Paradiso vokiptatis) se garde bien de préciser la situation du Paradis terrestre, mais il penche pour quelque contrée reculée de l'Inde ou de la Chine.

Saint Boniflice, dans une épître à Tadburge, raconte une vision 011 les âmes, qui ne sont pas encore dignes de Dieu, attendent dans un lieu verdoyant et fleuri appelé le Paradis terrestre; et Bellarmin [de Purgat., hb. II, cap. vu) ne trouve pas improbable que ce Paradis soit le Purgatoire d'un petit nombre d'âmes meilleures K

A la suite des tliéologiens viennent les légendaires : voyages des moines grecs, Théophile, Sergius, Hygynus, cherchant le Paradis terrestre au lieu où le ciel et la terre se touchent; voyages de saint Macaire, de saint Brandan % etc.

L'homme tourmenté du besoin de retrouver, au moiiis par la pensée, le bonheur perdu pour lequel il se sent créé, a cherché le Paradis terrestre en Palestine, ou sous le tropique, ou sous la zone torride, dans quelque lieu de l'Inde ou de la Chine. Les Arabes croient le trouver à Ccylan, où le pied d'Adam a laissé sa trace sur une pierre. Les Basques l'ont placé dans les Pyrénées, et les Fla-

* Autres visions du monde invisible. Denys le Chartreux, Dialog. de Judicio particulari. Louis de Blois, Monil. spirit., cap. xnt.

^ Voir Dante et la philosophie catholique au treizième siècle. Sources de la Divine Comédie. (Œuvres comp., t. V, p. 551.)

COMMENTAlItE DU CHA^T X\I. 349

mands en Artois, autour de la i»etile ville dllédiu (jiii Un doit sou nom.

Les Poètes profanes. Roman d'Alexandre. — Alexandre veut forcer le Paradis terrestre et tirer tribut du peuple des anges. Il traverse le> plaines brillantes de 1 Asie au milieu des dragons et des foudres. Le cours de 1 Euphratc le conduit au pied des murs de l'Iidcn, derrière lesquels on entend les anges cliant;T les louanges de Dieu. Le héros fi-appe à la porte et somme les li;d»itants de se taire, d'ouviir et de payer. Mais un vieillard paraît sur la muraille et donne à Alexandre u: e pierre mystérieuse; elle pè^e plus cjue les corps les plus lourds, mais un peu de terre et de i)lume pèse plus qu'elle. .Viusi d'Alexandre; il i)eut soulever le monde, mais dans quatrevingt-dix-neuf jours un peu de terre vaudra mieux que lui.

Chri>loplic Colomb et Va^^co de Gama. — Ne nié[)iisons pas trop les fables qui nous ont donné un monde. 11 fallait des esprits mystiques pénétrés de foi pour affi-ontiT les terreurs de lOtéaii.

Pendant le ([uatrième voyage de Christophe Colondj il passe près de l'embouchiuv d'un grand fleuve; le vent lui apporte les parfums des forêts, il éerit : « Saint Isidore, Reda, le maître de l'Histoire -'^■^olastiqiie, et siint Ambroise et Scott, et tous les savants théoloiiiens s'accordent à dire que le Païadis est en Orient... Je crois que si je passais sous la ligne équinoxiale, en ariivant à ce point le plus élevé dont j'ai parlé, je trouverais une température plus douce et de la diveisité dans les étoiles et dans les eaux... parce (pie je suis convaincu que là est le Paradis terrestr>', où persoime ne peut arriver excepté par la volonté de Dieu... Si les eaux dent je parle ne sortent [)oint du Paradis la merveille n'en paraît que plus grande, car je ne crois pas qu'on trouve au monde un fleuve aussi profond. ))

Terc. 15. — C'est-à-dire des âmes venues du ciel qui y retournent. Ce sens est donné par VOttimo Comniento.

28. — Vespasieu [Petriis Aligherii) veut venger le Clirist parce qu'il avait été giiéri par un di ciple des a} ôtres, a morbo vespamm qiiem habebat in naribus.

51. — Stage. Histoire et LÉGE^DE. — Stace est né à Naples. Son père était poêle, orateur et précepteur de Domitien. Lui-même

produit de bonne licurc à l;i cour, plut à l'empereur par la prodigieuse lacililé de son iniprovisalion. Sa pièce sur lu mort du lion de Damitien. Il est couronne trois fois aux jeux ulbains :

Palladio tua me manus induit auro.

Et ailleurs :

Ter me nilidas albana fcrentem Dona comas sanctoque indulum Caesaris auro.

Ses poèmes : Sylves, Tkébaïde, Achilléide. Rome entière court à ses lectures publiques.

Curritur ad voccm jucundam et carmeii amœnaî Thebaidos, lœtam fecit quum Statius urbem, Promisitque diem.

Mais il meurt de faim. 11 est obligé de vendre sa tragédie d'Agave au pantomime Paris.

Esurit intactam Paridi nisi vendat Agaven.

Dans son Epicadiim à son père, il se plaint de ce qu'on honore peu les lettres : Vilis honos studiis. Il se retire à Naples, où il se jeprésente allant chercher l'inspiration au tombeau de Virgile :

Nec tu divinam .Eneida tenta, Sed longe sequere et vestigia semper adora.

11 ne faut pas le confondre avec le rhéteur Stace mentionné par Suétone : de Claris Rhetoribus. Saint Jérôme le place à la 209^ olympiade, qui est la deuxième du règne de Néron. Statius Siircuhis Tolosensis in Galliis celeberrime rhetoricam docet. Suétone l'appelle Ursulus.

Stage dans l'école. — 11 est placé de bonne heure à côté de Virgile. Sulpice Sévère se permet de citer à des lettrés un vers familier à l'école, c'est un vers de Stace : Utimur enim versu scholastico quia inter scholasticos fabulamur.'kux temps barbares on le trouve rappelé non-seulement par Ennodius, Boèce, Cassiodore, mais par l'auteur anonyme des Gesta Francorum, qui compare les

COMMENTAIRE DU CHAKT X\l. 351

guerres civiles des Mérovingiens aux luttes fratricides d'Êtéocle et de Polynice. Gerbert demande qu'on lui transcrive YAchilléide: Volumen Achilleidos Statii diligenter co7npositmn jiobis dirige. Ilelniold atteste qu'elle est lue dans les classes: Quadam die nuUis arbitris coram positis interrogavit Vicelijuim in scholis quid legisset : illo perhibente se Statii libros Achilleidos le gisse. Guillaume de Poitiers et Qrderic Vital citent Virgile et Slacc comme les princes de la poésie épique : Gxiido Maronem et Papiniitm gesta heroiim pangentes imitatu^^, Senliacum bella descripsit. {Ilist. Eccles., III, in fme.)

On le trouve encore cité par Guuther dans son poème du Ligurinus, par AVippo, par saint Bernard, par Alain de Lille, etc.

On le fait Toulousain. L'école de Toulouse est féconde en licfions, en pseudonymes, Huix Virgile, faux Lucain, faux Horace. Confusion facile des deux Stace. Dans les traditions de l'Université de Toulouse, fondée en 1*215, Stace est réputé le premier fondateur de l'école de Toulouse comme Virgile de celle de Naples. Stace mis à mort par Domitien d'un coup de stylet. Stace martyr.

Dante réunit ici Stace et Virgile, comme Arnaud Daniel, comme Sordello, Oderigi de Gubljio, Forèse. Les |K)ëtes, les peinties, les musiciens sont en purgatoire comme en un lieu plus propre i)our ces cœurs faibles. Peut-être aussi parce que le purgatoire est le poëme de l'amour. Il faut y réiniir tous ceux que l'amoui' inspire et eu faire un gracieux cortège à Béatrix.

52. — Les premières semences de mon ardeur, imitation de Vir-ile :

Seiuina llamniK, Abslrusa in vciiis silicis.

CANTO XXll

1 Già era TAngel dietro a noi rimaso,

L'Angel che n' avea volti al seslo giro, Avendomi dal viso un colpo raso :

2 E cuei c' hanno a giustizia lor disiro

betto n' avea Beati, e le sue voci Con sitiunt, senz' altro, ciô forniro.

5 Ed io , più lieve che per 1' altre foci , M' andava si, che senza alcun labore Seguiva in su gli spirili veloci :

4 Quando Ykgilio comincio : Amore,

Acceso divirtù, sempre altro accese Pur che la fiamma sua paresse fuore.

5 Onde, d' allora che tra noi discese

Nel limbo dell' inferno Giuvenale, Che la tua affezion mi fe palese, c Mia benvoglienza inverso te fu quale * Più strinse mai di non vista pcrsona, Si ch' or mi parran corle queste scale.

CHANT XXll

Déjà 1 ange était resté derrière nous, l'ange qui tourne nos pas vers le sixième cercle, après avoir effacé une cicatrice de mon front.

Et les voix avaient dit : a Heureux ceux dont les désirs tendent à la justice ! » Elles ajoutèrent celte parole : « J'ai soif», et rien de plus.

Et moi, plus léger qu'aux autres passages, j'allais de telle sorte, que sans nulle fatigue je suivais vers la hauteur les esprits agiles ;

Quand Virgile commença : a L'amour allumé par la vertu alluma toujours un autre amour, pourvu que sa flamme se fît voir au dehors.

« D'où vient que, depuis l'heure où descendit parmi nous aux limbes de l'enfer Juvénal, qui me manifesta ton affection,

c( Ma bienveillance pour toi fut telle, que jamais on n'en ressentit de plus forte pour une personne inconnue, si bien que désormais cet escalier me semblera court.

7 Ma dimmi, e corne amico mi perdona

Se troppa sicurtà m' allarga il freno, E corne amico omai meco ragiona :

8 Come poleo trovar denlro al tuo seno

Luogo avarizia, tra cotanto senno, Di quanlo per tua cura fosti pieno?

9 Queste parole Stazio mover fenno

Un poco a riso pria ; poscia rispose : Ogni tuo dir d' amor m' è caro cenno.

10 Veramente più volte appaion cose,

Che danno a dubitar falsa matera, Per le vere cagion che son nascose.

11 La tua dimanda tuo creder m' avvera

Esser, ch' io fossi avaro in 1' altra vita, Forse per quella cerchia dov' io era :

12 Or sappi eh' avarizia fu partita

Troppo da me, e questa dismisura Migliaia di lunari hanno punita.

13 E, se non fosse ch' io drizzai mia cura,

Quand' io intesi là dove tu chiame, Crucciato quasi ail' umana natura :

u Perché non reggi tu, o sacra famé Dell' oro, T appetito de' mortali?

Voltando sentirei le giostre grame.

15 Allor m' accorsi che troppo aprir 1' ali

Potean le mani a spendere, e pentèmi Cosi di quel come degli al tri mali.

16 Quanti risurgeran co' crini scemi,

Per r ignoranza, che di questa pecca Toglie il penlir vivendo, e negli estremi !

(( Mais dis-moi, et comme un ami pardonne-moi si trop de sécurité me lâche le frein, et comme un ami désormais converse avec moi.

« Comment l'avarice put-elle dans ton sein trouver place avec ce grand sens dont tu pris soin de te pénétrer? »

Ces paroles arrachèrent d'abord à Stace un lé^^^er sourire; puis il répondit : « Toute parole de toi m'est un signe précieux d'affection .

c( Mais quelquefois les apparences donnent un faux sujet de doute, parce que les vraies causes sont cachées.

(( Ta demande me prouve que tu me crois coupable d'avarice en l'autre vie, peut-être à cause du cercle où j'étais.

a Or sache que l'avarice fut trop éloignée de mon cœur, et des milliers de lunes ont puni cet excès.

a Et si ce n'était que je redressai ma conduite quand je compris le passage où tu t'écries, comme en courroux contre l'humaine nature;

c( A quoi ne pousses-tu pas l'appétit des mortels, exécrable faim de l'or? condamné à rouler les poids énormes, je sentirais la douleur des joutes infernales.

« Alors je m'avisai que les mains pouvaient s'ouvrir trop pour dépenser, et je me repentis de ce péché comme des autres.

a Combien ressusciteront les cheveux rasés, à cause de l'ignorance qui ne laisse pas de place au repentir, ni dans leur vie, ni à leur dernière heure !

17 E sappi che la colpa, che rimbecca

Per dritta opposizionc alcun peccato, Con esso insieme qui suo vcrde secca.

18 Pero s' io son tra quella gente stato

Che piange 1' avarizia, per purgarmi, Per lo contrario suo m' è incontrato.

19 Or, quando tu cantasti le crude armi

Délia doppia tristizia di Giocasta, Disse '1 Cantor de' bucolici carmi,

20 Per quel che Clio li con teco tasta,

Non par che ti facesse ancor fedele

La fe', senza la quai ben far non basta.

21 Se cosî è, quai sole o quai candele

Ti stenebraron si, che tu drizzasti Poscia diretro al Pescator le vêle?

22 Ed egli a lui : Tu prima m' inviasti

Verso Parnaso a ber nelle sue grotte, E poi appresso Dio m' alluminasti.

25 Facesti corne quei che va di notte,

Che porta il lume dietro, e se non giova, Ma dopo se fa le persone dotte, 24 Quando dicesti : Secol si rinnova ;

Torna giustizia e primo tempo umano; E progenie discende dal ciel nuova.

23 Per te poeta fui, per te cristiano :

Ma perché veggi me' ciô ch' io disegno, A colorar distenderô la mono.

26 Già era il mondo tutto quanto pregno

Délia vera credenza, seminata Per li messaggi dell' eterno regno;

CHANT WH. 557

(( Et sache que la faute directement contraire à chaque péclié est ici remise avec lui dans le même lieu pour y sécher son bois vert.

c< Si donc, pour me purifier, je me suis trouvé parmi ceux qui pleurent leur avarice, la chose m'est advenue i\ raison du vice opposé.

« — Mais, quand tu chantas les combats cruels des deux fléaux sorlis des fliincs de Jocasle, — reparlit le chantre des bucoliques,

« A ces vers que Clio accompagne, il ne semble pas que tu fusses devenu fidèle par la foi, sans laquelle il ne suffit pas de bien faire.

« S'il en est ainsi, quel soleil ou quel flambeau dissipèreut tes ténèbres, de telle sorte que désormais tu fis voile derrière la barque du pécheur. »

Et lui : « C'est toi qui le premier m'acheminas vers le Parnasse pour boire l'eau de ses grottes : le premier après Dieu c'est toi qui m'éclairas.

« Tu lis comme un homme qui marche la nuit, portant derrière lui une lumière; il n'en profite point, mais il éclaire ceux qui le suivent.

« Ce fut quand tu dis : « Le siècle se renouvelle; la justice revient et avec elle le premier âge des hommes, et une nouvelle race descend des cieux.

« Par toi je fus poëte, par toi chrétien. Mais, afin que tu voies mieux mon dessein, j'étendrai la main pour y mettre les couleurs.

c( Déjà le monde tout entier était pénétré de la vraie croyance, semée par les messagers du royaume éternel.

27 E la parola lua sopra toccata

Si consonava a' nuovi prcdicanti; Ond' io a visitarli presi usata.

28 Vennermi poi parcndo tanto santi,

Che, quando Domizian li perseguette, Senza mio lagrimar non fur lor pianti.

29 E mentre che di là per me si stette,

Io gli sovvenni, e lor dritti costumi Fer dispregiare a me tutt' altre sette;

50 E pria ch' io conducessi i Greci a' fiumi Di Tebe poetando^ ebb' io battesmo; Ma per paura chiuso cristian fu'mi,

5^1 Lungamente mostrando paganesmo :

E questa tiepidezza il quarto cerchio Cerchiar mi fe più che '1 quarto centesmo

52 Tu dunque, che levato hai '1 coperchio

Che m' ascondeva quanto bene io dico, Mentre che del salire avem soverchio,

55 Dimmi dov' è Terenzio, nostro antico,

Cecilio, Plauto e Varro, se Io sai :

Dimmi se son dannali, ed in quai vico.

54 Costoro, e Persio, ed io, ed altri assai,

Rispose il Duca mio, siam con quel Greco, Che le Muse lattar più ch' altro mai,

35 Nel primo cinghio del carcere cieco. Spesse fiate ragioniam del monte, C ha le nutrici nostre sempre seco.

56 Euripide v' è nosco, e Anacreonte,

Simonide, Agalone, ed altri piue Greci, che già di lauro ornar la fronte.

« El la parole toul à l'iicure citée s'accordait avec les nouveaux prédicateurs, de telle sorte que je me pris'à les visiter souvent.

c< Puis ils me parurent si saints, qu'au temps où Domilien les persécuta, leurs pleurs ne coulèrent pas sans mes larmes.

c( Et tant que là-bas je demeurai, je les soutins, et la droiture de leurs mœurs me fil mépriser toutes les autres sectes.

c( Et avant que dans mon poème j'eusse conduit les Grecs aux fleuves de Tlièbes, je reçus le baptême ; mais par crainte je restai chrétien caché,

(c Montrant longtemps encore les dehors du paganisme et cette tiédeur m'a valu de parcourir le quatrième cercle pendant plus de quatre cents ans.

« Toi donc qui m'as levé le rideau et découvert le grand bien dont je parle; tandis que cette montée nous en donne le loisir,

c( Dis-moi où est Térence, notre ancien, où sont Cœcilius, Plante et Varron, si tu le sais : dis-moi s'ils sont damnés et dans quel quartier de l'enfer? »

c< — Ceux-là, et Perse et moi, et beaucoup d'autres, répondit mon guide, nous sommes avec ce Grec que les Muses allaitèrent plus que jamais aucun autre.

c< Nous habitons le premier cercle de la prison ténébreuse, souvent nous devisons de la montagne où nos nourrices demeurent toujours.

« Euripide est avec nous, et Antiphon, Simonide, Agathon, et plusieurs autres Grecs qui jadis portèrent le front couronné de laurier.

37 Quivi si veggion deilc genti lue

Anligone, Dcifile ed Argia, Ed Ismene si Irista como fue.

38 Vedesi qiiclla che mostrô Langia;

Evvi la figlia di Tiresia, e Teti, E con le suore sue Deidamia.

39 Tacevansi ambedue già 11 poeli,

Di nuovo attenti a riguardare intorno, Liberi dal salire e da' pareti;

40 E già le quallro ancelle eran del giorno

Rimase addietro, e la quinta era al temo, Drizzando pur in su 1' ardente corno, M Quando '1 mio Duca : lo credo ch' allô slremo Le destre spalle volger ci convegna, Girando il monte corne far solemo.

42 Cosî r usanza fu li nostra insegna,

E prendemmo la via con men sospetto Per r assentir di quelT anima degna.

43 Elli givan dinanzi, ed io soletto

Diretro, ed ascoltava i lor sermoni Ch' a poetar mi davano intelletto.

44 Ma tosto ruppe le dolci ragioni

Un alber che trovammo in mezza slrada, Con pomi ad odorar soavi e buoni.

45 E come abete in alto si digrada

Di ramo in ramo, cosi quello in giuso; Cred' io perché persona su non vada.

46 Dal lato, onde il cammin nostro era chiuso,

(( Là se voient de tes héroïnes, Antigonc, Deiphile et Argin, et Isniène encore Irisle comme elle le fut.

c( On y voit celle qui montra la fontaine de Langia, et la fille de Tirésias et Tliétis et Deidamie avec ses sœurs. »

Déjà les poëtes se taisaient tous deux, attentifs maintenant à regarder à l'entour : car ils s'étaient dégagés de la montée aux étroites murailles.

Et déjà des chambrières du jour, quatre étaient restées en arrière et la cinquième était au timon du char dont elle dirigeait la pointe enflammée vers le haut du ciel.

Quand mon guide : « Je crois qu'il faut tourner l'épaule droite vers le bord faisant le tour delà montagne, comme nous avons coutume. »

Ainsi l'habitude nous tint lieu d'avertissement, et nous prîmes notre chemin avec moins de défiance, quand cette âme vertueuse y consentit.

Ils allaient devant et moi tout seul derrière, et j'écoutais leurs discours qui me donnaient l'intelligence du métier de poëte.

Mais tout à coup les doux entretiens furent interrompus par un arbre que nous trouvâmes au milieu de la route, chargés de fruits suaves à l'odorat et qui semblaient bons.

Et comme un sapin diminue de branche en branche à mesure qu'il s'élève, ainsi diminue celui-ci à mesure qu'il s'abaisse : afin je crois que personne n'y monte.

Du côté où la montagne abritait notre chemin tom-

3&2 DEL PURGATORÎO

Cadea dall' alla roccia un liquor cliiaro, E si spandeva per le foglie suso.

47 Li duo poeti ail' albcr s' appressaro;

Ed una voce per entro le fronde Grido : Di queslo cibo avrete caro.

48 Poi disse : Più pensa va Maria, onde

Fosser le nozze orrevoli ed intere,

Ch' alla sua bocca, di' or per voi risponde.

49 E le Romane antiche per lor bere

Contente furon d' acqua, e Daniello Dispregiô cibo, ed acquistô savere.

50 Lo secol primo quant' oro fu bello ;

Fe savorose con famé le ghiande, E néttare con sete ogni ruscello.

51 Mêle e locuste furon le vivande,

Che nudriro il Batista nel diserto; Perch' egli è glorioso, e tanto grande,

52 Quanto per V Evangelio v' è aperto.

bait (le la roclie élevée une onde claire qui arrosait d'en haut les feuilles.

Les deux poètes s'approchèrent de l'arbre, et du milieu du feuillage une voix cria : « De cette nourriture vous aurez disette. »

Puis elle dit : « Marie, qui intercède pour vous, pensait moins à sa bouclie qu'à ce qui pouvait rendre les noces honorables et irrépréhensibles.

« Et les anciennes Romaines se contentèrent d'eau pour breuvage; et Daniel pour avoir méprisé les viandes acquit la sagesse.

c< Le premier siècle fut beau comme l'or, la faim y prêtait de la saveur aux glands et de tout ruisseau la soif faisait un nectar.

c( Le miel et les sauterelles furent les mets qui nourrirent Jean-Baptiste dans le désert; c'est pourquoi il est glorieux et aussi grand que vous le déclare l'Évangile. »

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