Merelrix figurât dissolutam prselationem pastoruni
, Ecclesiam. Gigas figurât regimen et potentiam regum Francise... ut
patuit in Bonifatio octavo in cujus persona gubernatio Ecclesiae sic
fuit percussa motu dicti régis..., quod fuit ut curia Romana tracta
est ultra montes in suo territorio de Roma.
Ottimo. — Selon VOtlimo CommentOy le renard représente le schisme ou l'hérésie : quel([iies-uns veulent (jvie ce soit Mahomet. Par le dragon il scmhle entendre l'Antéchrist.
Les sept tètes figurent les sept péchés capitaux ; les trois premiers : orgueil, envie, colère, conlre six commandements; les qnatre autres contre quatre commandements. Les dix cornes figurent les dix persécutions.
La prostituée est celle de l'Apocalypse. « Vogliono alcuni prédire (|uesta pult^ma par la corte di I>oma... c tutti ire délia terra cou lei foruicarono. Et di (jueslo foce l'autorc sporienza al Icnipo di Bonifazio papa ottavo quando v'andù per amhasciadoie dcl suo commune, chi sa con che occhi elli i^uato, e ((uale era il suo diudo Bonilazio e non Icgitimo sposo >e(ondo l'opinioue di molli. l);osail vero. »
Il suppose que le •.:éant emmî ne K' char dans la foret du monde, l>leine de vices et de ténèbres, décrite au II'" chaut de V Enfer.
Selon Benvemito d'imola^ la prostituée, c'est Boniface VIH. Le géant, Pliilipjie le Bel, « qui fuit magnus corpore et regno, unde dictus est pulcher. VA fuit recte gigas, quia totus (errenus et insurgens cx)nlra Deum more giganlum... »
^q\o\\\q. FalsohoccacciOj l'arbre est l'obéissance; le char, l'Église; la courtisane, les pasteurs (pii la prostituent; le géant, le roi de France, et spécialement Philippe le Bel, qui transféra la cour de Borne à Avignon. Selon d'autres, la prostituée représente la simonie, la fausse théologie.
C'est vraiment l'histoiie de l'Église telle que Dante la conçoit :
1" Persécution des empereurs. 2" Persécution de l'iiérésie. 3*^ Persécution des richesses. Le Saint-Siège chargé des dons de Constantin. 4" Mahomet, qui vient tiès-bien après la période constantinienne, et avant les temps carlovingiens. 5" Toute l'Église s'enrichit à l'exemple de la papauté. Les temps carlovingiens, puissance temporelle des évêques. 6** Corruption du clergé, abaissement du Saint- Siège au dixième siècle; le péché se montre partout. 1^ La cour de Bome et la royauté française. Philippe le Bel. Captivité d'Avignon. — Si Dante déroge ici à sa constante habitude de reléguer dans, l'avenir les événements postérieurs à l'an 1300, c'est dans l'obscu-
rite d'une i)ropliétie où la dislinclion des temps disparaît, où l'avoMiise confond avec le passé.
Si la Divine Comédie est le poëme de l'amour et de la science, elle est aussi le poëme de la colère, et Dante y a porté tous les feux de la guerre civile. Ces feux embrasent surtout son Enfer^ mais leur reflet se mêle encore aux clartés du Purgatoire et du Pr/rafe. Le chantre de Béatrix, le disciple d'Aristote et de saint Thomas, est aussi le magistrat de Florence. Le vaincu, l'exilé, emporta dans son cœur un implacable ressentiment contre la France et contre la cour de Rome. Ce ressentimeni l'a mal conseillé; lui, si jaloux de se montrer juste, est injuste envers la France. Injuste envers les papes, il ne dit rien de ces grands papes des onzième, douzième et treizième siècles, fondateurs de la liberté italienne. Il ne voit que les pontifes coupables de condescendance pour les Angevins et les Français, et lui qui flétrit en termes si éloquents le soufflet donné par Guillaume de Nogaret à Boniface VIII, il inflige à la mémoire de Boniface une insulte non moins sanglante et plus durable.
Nous verrons si Dante se déclare ici l'ennemi de la papauté. Mais assurément il se déclare l'ennemi de la cour de Rome, et le motif de sa colère éclate dans les derniers vers de ce chant, comme dans son livre de la Monarchie^ comme dans ses Lettres. Ce qu'il ne pardonne pas à la cour de Rome, c'est d'avoir abandonné la cause de l'empire, c'est de s'être tournée vers la
France. Or, en ce point, avec tout son génie, Dante se trompe.
L'Italie est placée entre deux alliances : la France ou l'Allemagne. Le génie germanique, c'est la conquête, c'est l'invasion, l'établissement territorial. Le génie de la France, c'est le prosélytisme, c'est la propagation de la pensée. Le moyen Age le comprit : sur les bords du Rhin il mit l'empire qui n'avait qu'à frapper du pied cette terre belliqueuse pour en faire sortir des légions. Au bord de la Seine il mit l'école qui n'avait qu'à frapper du pied la montagne de Sainte-Geneviève pour en faire sortir une armée de docteurs. L'esprit germanique n'a rien de commun avec l'esprit latin; il n'en subit l'ascendant qu'avec impatience; il réchauffe encore la mémoire d'Arminius et de Witikind. L'esprit français tient par ses racines mêmes à la civilisation latine. Il n'a rien de menaçant pour la nationalité italienne. Aussi l'Italie foulée par les Allemands a-t-elle dû la moitié de ses siècles de gloire à l'appui de la France. Du temps de Grégoire VII, c'est le Normand Robert Guiscard qui tend la main à la comtesse Mathilde. Au temps de la première ligue lombarde, c'est Louis VII qui soutient Alexandre III, abandonné de l'Angleterre et proscrit par l'Allemagne. Aux croisades, c'est la noblesse française qui partage avec Venise les dépouilles de Constantinople. Et si aujourd'hui l'Italie connut les bienfaits d'une administration libérale, éclairée, énergique, elle les connut sous le drapeau français.
Voilà pour l'Italie. Mais il s'agit des intérêts généraux du monde. Dante se trompa avec génie. Il s'attacha à
cette grande idée de la monarchie chrétienne, inaugurée par Charlemagne, poursuivie parOthon le Grand, défendue, popularisée par les docteurs et les poètes. Il en attendit le salut du monde et Pétrarque l'attendit comme lui. Mais leur espoir fut déçu. Henri VII, Louis de Bavière, Charles IV, Venceslas, n'ont rien fondé; cette grande idée n'avait plus de réalité derrière elle. — Au contraire, la papauté s'attachait à la France dans un moment de décadence apparente, à la veille de cette effroyable guerre de cent ans, à la veille de Crécy. Et cependant la France devait sortir victorieuse de cette épreuve et se retrouver à la tête de la civilisation chrétienne. La papauté avait bien jugé.
Il ne s'agit point de faire un facile éloge de mon pays, mais bien de résoudre un grand doute historique!
L'Italie est un champ de bataille : marché, tribunal et sanctuaire ; toutes les nations d'Occident y veulent leur place. A l'empire de l'Italie semble attaché celui du monde, ou du moins la prépondérance européenne. La France a commission d'empêcher la monarchie universelle, par sa position géographique, son indépendance et ses communications avec le Rhin, les Alpes et l'Amérique. Elle a rempli cette mission. François F", Louis XIV, Napoléon P'^, finissent le Saint- Empire. A-t-elIe à la remplir encore? L'idée de la monarchie universelle n'est pas sortie du monde. Voyez la Russie et le patriarcat de Constantinople : là sont les périls de l'avenir. — Mais après l'affranchissement des individus il faut celui des peuples. Après l'inviolabilité des personnes, ainsi celle des nations. Plus de joug
étranger; les nationalités sont fiiites par l'histoire, par les religions, consacrées à tous ces titres.
La France, chargée de les faire respecter, est l'alliée nécessaire de toutes les nationalités méconnues. Ainsi une lutte formidable menace l'avenir et peut-être la fin du dix-neuvième siècle. Nous nous plaignons souvent de ne pas assister à de i»randes choses. Prenons garde d'assister un jour à des choses plus grandes peut-être que ne le voudrait notre faiblesse. L'épée de Charlemagne, de saint Louis, de Louis XIV et de Napoléon est glorieuse, elle a jeté un grand éclat; mais elle est pesante à porter. Il faut que nos mains soient de force à s'en servir. 11 faut par des mœurs austères se mettre à la mesure des événements redoutables qui se préparent. 11 faut former des caractères égaux aux destinées qu'ils auront à soutenir. C'est dans la conscience, dans le sentiment du devoir, dans l'habitude intlexible d'obéir aux convictions sérieuses, c'est là qu'il faut chercher ces inspirations héroïques que le moyen âge y trouvait. Accusons moins notre époque, et traitons-nous plus sévèrement nous-mêmes. Soyons un peuple fort, et remettons-nous à la Providence pour nous donner des occasions d'être un peuple glorieux!
Deus^ venerunt gentes, alternando, Or tre or qualtro, dolce salmodia Le donne incominciaro, lagrimando :
E Béatrice sospirosa e pi a
Quelle ascoltava si fatta, che poco Più alla croce si cambiô Maria.
Ma poichè 1' altre vergini dier loco A lei di dir, levata dritta in piè, Rispose, colorata corne fuoco :
3îodicum, etnoyividebitisme^ Et iterum, sorelle mie dilette, Modicum^ et vos videbitis me,
Poi le si mise innanzi tiitte e sette, E dopo se, solo accennando, mosse Ma e la Donna, e il Savio che ristette,
Cosi sen giva, e non credo che fosse
CllAM XWIII
c< Dons, rciuriint génies, » Les sept damos commencèrent en pleurant cettedouce psalmodie qu'elles continuèrent à deux chœurs, l'un de trois, l'autre de quatre voix.
Et Béatrix, soupirant avec pitié, les écoulait, si défaite, que Marie au pied de la Croix ne cliangea guère plus de visage.
Mais, lorsque les vierges lui eurent donné lieu de parler, se levant droite sur ses pieds, et colorée comme le feu, elle répondit :
« Moiicum^ et non videbitis me, mes bien-aimées c( sœurs; et iterum modicum y et vos videbitis me. »
Fuis elle les rangea devant elle, toutes les sept, et derrière elle, d'un signe seulement, elle nous fit marcher, moi, l'autre dame et le sage qui était resté.
Ainsi s'en allait-elle, et je ne crois point que son
526 • DEL PURGATOniO
Lo decimo suo passo in lerra posto, Quando con gli occhi gli occhi mi percosse;
7 E con Iranquillo aspctto : Vien più tosto,
Mi disse, tanto che s' io parlo leco, Ad ascoltarmi lu sie ben disposto.
8 Si corn' i' fui, com' io doveva, seco,
Dissemi : Frate, perché non rattenli A dimandare ornai venendo meco?
9 Corne a color, che troppo reverenti,
Dinanzi a suoi maggior parlando sono, Che non traggon la voce viva a' denti,
10 Avvenne a me, che senza intero suono
Incominciai : Madonna, mia bisogna Voi conoscete, e ciô ch'ad essa è buono.
11 Ed ella a me : Da tema e da vergogna
Voglio che tu omai ti disviluppe.
Si che non parli più com' uom che sogna.
12 Sappi che il vaso, che il serpente ruppe,
Fu, e non è ; ma chi n' ha colpa creda Che vendetta di Dio non terne suppe.
13 Non sarà lutto tempo senza reda
L'aquila che lasciô le penne al carro, Perché divenne mostro e poscia preda ;
H Ch' io veggio certamente. e perô '1 narro, A darne tempo già stelle propinque, Sicuro d' ogni intoppo e d' ogni sbarro;
15 Nel quale un cinquecento dieci e cinque, Messo di Dio, anciderà la fuia, E quel gigante che con lei delinque.
iG E forse che la mia narrazion buia,
dixième pas fut posé sur la terre, quand de ses yeux elle frappa mes yeux.
Et d'un air tranquille : c< Marche plus vite, me ditelle, afin que, si je te parle, tu sois tout prêt à m'é- 00 u ter. »
Sitôt que je fus près d'elle, comme je le devais, elle me dit : « Frère, pourquoi ne te liasardes-tu point désormais àm'interrogeien cheminant avec moi ? »
Comme ceux qui sont trop touchés de respect en parlant devant leurs supérieurs et qui ne peuvent amener la parole vive jusqu'à leurs dents.
Ainsi m'arriva-t-il que, san§ achever de former les sons, je commentai : « Madame, vous connaissez mon besoin et ce qui lui est bon. »
Et elle, à moi: « Jevcuxquedésormais tu te dépouilles de crainte et de honte, si bien que tu ne parles plus comme un homme qui rêve.
(( Aj)prends que l'arche du char que le serpent a brisée fut et n'est plus. Mais sache le coupable que la vengeance de Dieu n'a pas peur des soupes.
« Il ne restera pas toujours sans héritier, l'aigle qui laissa dans le char ses plumes; par quoi le char est devenu un monstre et ensuite une proie.
c( Car je vois avec certitude, et c'est pourquoi je le rnconle, des étoiles qui s'approchent sans craindre ni rencontre ni obstacle, pour nous amener le temps,
c( Où un nombre cinq cent quinze, envoyé de Dieu, tuera la scélérate et le géant qui pèche avec elle.
« Et peut-être mon récit obscur, comme ceux de Thé-
528 DEL PURGATORÏO.
Quai Terni eSfinge, men li persuade, Perch' a lor modo lo intcllelto attuia; n Ma tosto fien li fatli le Naiade,
Clie solveranno questo enigma forte, Scnza danno di pécore e di biade.
18 Tu nota; e, si corne da me son porte
Queste parole, si le insegna a' vivi Del viver ch'è un correre alla morte;
19 Ed aggi a mente, quando tu le scrivi,
Di non celar quai hai vistaxla pian ta, Ch'è or due volte dirubata quivi.
20 (Jualunque ruba quella o quella scbianta,
Con bestemmia di fatto offende Dio, Che solo air uso suo la creo èanta.
21 Per morder quella, in peria ed in disio
Cinquemil'anni e più, l'anima prima Bramô celui che il morso in se punio.
22 Dorme lo ingegno tuo, se non istima
Per singular cagione essere eccelsa Lei tanto, e si travolta nella cima.
23 E, se stati non fossero acqua d' Eisa
Li pensier vani interne alla tua mente, E il piacer loro un Piramo alla gelsa ;
24 Per tante circostanze solamente
La giustizia di Dio nello interdetto Conosceresti ail' alber moralmente.
25 Ma, perch' io veggio te nello intelletto
Faite di pietra ed in petrato tinte.
Si che t' abbaglia il lume del mio dette.
CHANT WXIII. 529
mis et du Sphinx, te persuade peu, parce qu'à leur exemple il cache la pensée.
« Mais bientôt les événements te tiendront lieu des nymphes pour délier cette énigme étroitement nouée, sans perte de troupeaux ni de moissons.
(( Toi, prends note de mes paroles, et comme je les profère, enseigne-les auxvivanls de cette vie qui est une course vers la mort.
« Et souviens-loi, (|uand lu les écriras, de ne point cacher quelle t'a paru la plante qui vient d'être deux fois dépouillée devant nous.
c< Quiconque la dépouille ou la déchire offense Dieu par un blasphème de fait: car Dieu la créa sainte pour son seul usnge.
« Pour y avoir mordu, la première des âmes resta cinq mille ans et plus dans la peine et le désir, soupirant après celui qui punit sur lui-môme la morsure.
«Ton génie dort s'il n'estime point qu'une raison singulière fait que cet arbre est si élevé et si large à sa cime;
(( Et si tes vaines pensées n'étaient pas autour de ton intelligence comme l'eau de l'Eisa, et le plaisir que tu y trouvais comme le sang de Pyrame sur le fruit du mûrier !
« Tant de circonstances suffiraient pour te faire comprendre le sens moral de l'arbre et reconnaître la justice de Dieu dans la défense qu'il porta.
«Mais parce que je te vois pétrifié dans ton intelligence et tout trempé de péché, de sorte que la lumière de ma parole l'éblouit:
20 Voglio anche, c se non scritlo, almen dipinto, Clie '1 le ne porti dentro a te per quelle Clie si rcca il bordon di palma cintOo
Ti Ed io : Si corne ccra da suggello,
Che la figura impressa non trasmuta, Segnato c or da voi lo mio cervelle.
28 Ma perché tanto sovra mia veduta Vostra parola disiala vola, Che più la perde quanto più s'aiuta?
20 Perché conoschi, disse, quella scuola C hai seguitata, e veggi sua doltrina Corne puô seguiiar la mia parola ;
50 E veggi vostra via dalla divina
Distar cotante, quanto si discorda Da terra il ciel che più alto festina.
31 Ond' io risposi lei : Non mi ricorda
Ch' io straniassi me giammai da voi, Né honne coscienzia che rimorda.
r2 E, se tu ricordar non te ne puoi,
Sorridendo rispose, or ti rammenta Si come di Letè beesti ancoi ;
53 E, se dal fumo fuoco s'argomenta,
Cotesta oblivion chiaro conchiude Colpa nella tua voglia altrove attenta.
54 Yeramente oramai saranno nude
Le mie parole, quanto converrassi Quelle scovrire alla tua vista rude.
55 E più corrusco, e con più lenti passi,
Teneva il sole il cerchio di merigge, Che qua e là, come gli aspetti, fassi.
c< Je veux encore que tu l'emportes sinon écrite, du moins peinte dans toi-même, par la même raison qu'un pèlerin rapporte son bourdon entouré de palmes. »
Et moi : « Comme une cire marquée du sceau ne change plus la figure imprimée sur elle, ainsi mon cerveau garde votre empreinte.
c( Mais pourquoi votre parole désirée plane-t-elle si fort au-dessus de mon regard, que plus il s'efforce, plus il la perd?
c< — C'est, dit-elle, pour te faire connaître à quelle école tu t'es attaché et voir comment son enseignement peut suivre ma parole ;
« El que votre voie est aussi éloignée de la voie divine qu'il y a de distance entre la terre et le ciel, qui, le plus haut de tous, presse son mouvement. »
D'où vient que je lui répondis : « Je n'ai pas souvenir que jamais je me sois détaché de vous; et ma conscience ne m'en fait pas sentir le remords.
« — Donc, si lu ne peux t'en souvenir, répondit-elle en souriant, rappelle-toi maintenant comment tu bus l'eau du Léthé tout à l'heure.
c< Et si de la fumée on conclut le feu, cet oubli prouve clairement la faute de la volonté appliquée ailleurs.
« Cependant mes paroles seront désormais nues autant qu'il faudra les montrer à ta vue inexpérimentée. »
Et déjà plus éclatant et d'une marche plus lente, le soleil arrivait au cercle qui marque l'heure de midi, et qui change comme les points d'où on le contemple.
552 DEL rURGÂTORIO.
5G Qiiando s'affisscr, si corne s'affiggc
Chi va (linanzi a schiera per iscorta, Se truova novitate in sue vesligge,
57 Le sette donne al fin d' un' ombra smorta,
Quai sotto foglie verdi e rami nigri Sovra suoi freddi rivi l'Alpe porta.
58 Dinanzi ad esse Eufrales e Tigri
Veder mi parve uscir d' una fontana, E quasi amici dipartirsi pigri.
30 0 lace, 0 gloria délia gente umana,
Clie acqua è quesla che qui si dispiega Da un principio, e se da se lonlana?
40 Per cotai prego dette mi fu : Prega
Matelda che il ti dica. E qui rispose, Come fa chi da colpa si dislega,
41 La bella Donna : Questo ed altre cose
Dette li son per me ; e son sicura Che r acqua di Letè non gliel nascose.
42 E Bealrice : Forse maggior cura,
Che spesse volte la memoria priva, Fatto ha la mente sua negli occhi oscura, 45 Ma vedi Eunoè che là dériva :
Menalo ad esso, e, come tu se' usa, La tramortita sua virtù ravviva.
44 Come anima gentil che non fa scusa,
Ma fa sua voglia délia voglia altrui, Tosto com' è per segno fuor dischiusa;
45 Cosi, poi che da essa preso fui,
La bella Donna mossesi, ed a Stazio Donnescamente disse : Vien con lui.
Quand s'arrêtèrent, comme celui qui marche en éclaireur devant une troupe, s'il trouve sur ses pas quelque chose inattendue,
Les sept dames aux limites d'une ombre épaisse, telle que les feuillages verts et les rameaux noirs des Alpes en jettent sur leurs froids ruisseaux.
Devant elles, je crus voir lEuphrale et le Tigre sortir d'une même source, et comme deux amis se séparer à regret .
c( 0 lumière! ô gloire de la race humaine! quelle est cette onde qui se déploie issue d'une même origine et qui se sépare d'elle-même ? »
A cette prière il me fut dit : « Prie Mathilde de te le dire. » Et alors, comme fait celui qui se décharge d'une faute,
La belle dame répondit : « Cette chose et d'autres encore lui ont été dites par moi, et je me tiens sûre que l'eau du Léthé ne les a point dérobées. »
Et Béatrix : « Peut-être un soin plus grand qui, plus d'une fois, suffit pour enlever le souvenir, a obscurci les yeux de sa mémoire.
« Mais vois l'Eunoé qui là-bas s'écoule, mène-le vers ce ruisseau, et, comme tu en as la coutume, ravive sa force évanouie. »
Comme une âme généreuse qui ne s'excuse point, mais qui fait sa volonté de la volonté d'autrui, aussitôt que celle-ci s'est produite au dehors par un signe,
Telle, s'emparant de moi, la belle dame se mit en chemin et, à la manière des femmes bien nées, elle dit à Slace : « Viens avec lui. »
46 S' io avessi, leltor, più lungo spazio
Da scriverc, io pur canlerc' in parte Lo dolcc bcr clic mai non m' avria sazio.
47 Ma perche picne son lutte le carte
Ordite a qucsta Cantica seconda,
Non mi lascia più ir lo fren dell' arte.
48 Io rilornai dalla santissim' onda
Rifatlo SI, come piante novelle Rinnovellate di novella fronda,
49 Puro e disposto a salire aile stelle.
Si j'avais, lecteur, la place d'en écrire davantage, je chanterais aussi, quoique imparfaitement, le doux breuvage qui jamais ne m'aurait rassasie.
Mais parce que j'ai rempli toutes les feuilles destinées à ce second cantique, le frein de l'art ne me permet pas d'aller plus loin.
Je revins de l'eau très-sainte régénéré comme les nouvelles plantes toutes renouvelées en leur nouveau feuillage ;
J'étais pur et prêt à monter aux étoiles.
COMMENTAIRE DU CHANT XXXllI
Terc. 12. — Che vendetta di Dio non terne siippe. — Allusion à la coutume florentine de manger une soupe sur la tombe de celui qu'on avait fait périr afin de désarmer sa vengeance. Il y avait souvent des luttes sanglantes entre les parents du mort gardant sa tombe et ceux du meurtiierqui cherchaient à y prendre quelque nourriture; cette coutume est attestée par Pietro di Dante, l'Ottimo Commento, le Falso Boccaccio et Benvenuto d'imola. Le Falso Boccaccio ajoute qu'après le supplice de Conradinet de ses compagnons, Charles d'Anjou et les siens mangèrent la soupe sur les corps des suppliciés, disant qu'il n'y aurait pas de vengeance. Benvenuto ajoute aussi : Et hocfi'cevunt multi famosi Florentini, sicut domimis Cursius Donatiis. ))
15. — DVX. i^oc«/?//75^, cap. XIII, 18. — Saint Jean indique ainsi le nom de l'Antéchrist: Et numerus ejiis sexcenti sexaginta sex.
IG. — Oracle de Thémis : C'est l'oracle qui ordonne à Deucalion et à Pyrrha de repeupler la terre en jetant des pierres derrière eux :
Ossaque post tergum magnœ, jactate parentis.
(Ovide, Métam.., i, 385.)