Ognuno era pennulo di sei ali
Le penne piene d' occhi ; e gli occhi d' Argo, Se fosser vivi, sarebber colali.
55 A descriver lor forma più non spargo
Rime, lellor; ch' altra spesa mi strigne Tanto, che in questa non posso esser largo. 5i Ma leggi Ezechiel, che li dipigne Corne li vide dalla fredda parte Venir con vente, con nube e con igné; 55 E quai li Iroverai nelle sue carte,
Tali eran quivi, salvo ch' aile penne Giovanni è meco, e da lui si diparte.
50 Lo spazio dentro a lor quattro contenue'
CHANT XMX. 475
marqué de sept bandes, toutes brillantes des couleurs dont le soleil fait son arc et la lune sa ceinture.
Ces étendards se prolongeaient en arrière plus loin que ma vue, et, autant qu'il me semblait, entre le premier et le septième, la distance était de sept pas.
Sous ce l)eau ciel, tel que je viens de le décrire, vingtquatre vieillards, venaient deux à deux^ couronnés de Heurs de lis.
Tous clianiaienl : a Bénie sois- tu entre toutes les filles d'Adam, et soient bénies éternellement tes beau lés. »
Après que les fleurs et les fraîches herbes sur l'autre rive que j'avais en face de moi, ne furent plus foulées par cette troupe d'élus,
Gomme dans le ciel une lumière succède à une lumière, ainsi à leur suite vinrent quatre animaux couronnés cliacun de veris feuillages.
Chacun d'eux avait six ailes dont les plumes étaient pleines d'yeux. Tels on verrail les yeux d'Argus s'ils étaient vivants.
Pour décrircleurs formes je ne prodigue plus mes vers, lecteur, car une autre dépense me presse si fort qu'ici je ne saurai user de largesse.
Mais lis Ezéchiel, qui les dépeint comme il les vit venir des froides régions avec le vent, avec la nuée, avec le feu.
Et tels que tu les trouveras dans ses pages, tels étaientils ici, si ce n'est que touchant le nombre des ailes, Jean est avec moi, et se sépare du prophète.
L'espace qu'entre eux ils laissaient contenait un char
474 \)\il PURGATORIO
Uncarro, in su duo rote, trionfalc, ' Clie al collo d' un grifon tirato venne.
:,7 Ed esso tendea su 1' una cl' altr' aie Tra la mezzana c le trc e tre liste, Si ch' a nulla, fcndendo, facea maie.
58 Tanlo salivan, clie non cran viste;
Le membra d' oro avea quanta era uccello, E bianche 1' altre di vermiglio miste.
ai) Non che Roma di carro cosi bello
Rallegrasse Africano, ovvero Auguste; Ma quel del Sol saria pover con elle ;
40 Quel del Sol chesviando fu combusto,
Per r orazion dalla Terra devota, Quando fu Giove arcanamente giusto.
41 Tre donne in giro délia destra ruota,
Venian danzando; 1' una tanto rossa, Ch' a pena fora dentro al fuoco nota :
42 L' altr' era, corne se le carni e 1' ossa
Fossero slate di smeraldo fatte; La terza parea neve teslè mossa :
45 Ed or parevan dalla bianca tratte,
Or dalla rossa, e dal canto di questa L' altre loglién V andare e tarde e ratte.
44 Dalla sinistra qualtro facean festa.
In porpora vestite dietro al modo
D' una di lor, ch' avea tre occhi in testa
45 Appresso tutto il pertrattalo nodo,
Yidi duo vecchi in abito dispari, Ma pari in atto ed onestato e sodo.
4G L' un si mostrava alcun de' famigliari
triomphal, porté sur deux roues, ol qu'un griffon traînait (le tout l'effort de son col.
Et le griffon, dressant ses deux ailes, les étendait entre la bande du milieu et les trois de chaque coté, de façon qu'il ne dérobait aucune des trois en la coupant.
Ses ailes s'élevaient si haut que la vue ne les suivait pas; les membres qu'il avait de l'oiseau étaient d'oi-, les autres blancs mêlés de vermeil.
Non-seulement Rome ne fêta jamais d'un char si beau Scij)ion l'Africain, ni même Auguste : mais auprès de celui-ci, pauvre serait le char du soleil,
Celui du soleil qui s'écartant de sa route fut brûlé à la prière de la terre suppliante, quand Jupiter par un conseil mystérieux se montra juste.
Auprès de la roue droite, trois femmes venaient dansant e{\ roild, l'une si rouge, qu'entourée de fou à peine s'en distinguerait-elle;
L'autre était comme si ses chairs et ses os eussent été formés d'émeraude; la troisième paraissait comme une neige naguère tombée.
Et tantôt elles semblaient conduites par la blanche, tantôt par la rouge, et au chant de celle-ci les autres mesuraient leur marche lente ou rapide.
Du côté gauche quatre autres se réjouissaient, vêtues de pourpre et se réglant sur^ l'une d'elles dont la tête avait trois yeux.
Après tout le groupe que je viens de décrire, je vis deux vieillards en habits différents, mais semblables de manières, tous deux graves et calmes. ,
L'un se montrait disciple de ce grand Hippocrate
Di quel somino Ippocràlo, clic natura ' Agli animali fe cli' e\V lia più cari.
Vi Mostrava 1' altro la contraria cura Con una spada lucida cd aciila, Tal elle di qua dal rio mi fe paiira.
48 Poi vidi quatlro in umile paru la, E diretro da tutti un veglio solo Venir, dormendo, con la faccia arguta.
40 R quesli setle col primaio stuolo Erano abitua'i; ma di gigli Dintorno al capo non facevan brolo ;
50 Anzi di rose e d' altri fior vermigli :
Giuralo avria poco lontano aspetto, Che tutti ardesser di sopra da' cigli :
51 E quando il carro a me fu a rimpetto,
Un tuon s' udi ; e quelle genti degne Parvero aver 1' andar più interdetto,
52 Fermandos' ivi con le prime insegne.
CHAM XXIX. n?
(jue la Nature lit pour les êtres animés qui lui sont le plus précieux ;
L'autre paraissait occupé d'un soin conlrairc, armé d'une épée luisante et acérée, telle (|ue d'un bord à l'autre elle me fit peur.
Puis j'en visquati'c dont l'extérieur annonçait l'humilité : et derrière tous les autres venait un vieillard dormant avec un visage plein de vie.
Et les sept derniers étaient vêtus comme les premiers du cortège, seulement leur tète n'était pas ceinte de lis,
Mais de roses et d'autres fleurs vermeilles; sans les voir de bien loin on eut juré que leurs fronts jetaient des flammes.
Et quand le char fut vis-à-vis de moi, un tonnerre se fit entendre, il sembla qu'à celte troupe vénérable il fut interdit d'aller pins avant, car elle s'arrêta là avec les enseignes qui la précédaient.
Le métier du poète est de faire des miracles, de ressusciter les morts, de reconstruire par enchantement tout ce qui est en ruine, de distraire les esprits du présent et de les ramener au passé, de les enchaîner au spectacle de ce qui n'a plus ni réalité, ni intérêt, ni pouvoir, et de nous arracher à nous-mêmes, ce dont nous lui savons gré, parce que rien ne nous est plus à charge que notre petitesse; et de nous transporter parmi les grandes choses dont nous avons besoin, parce que nous sommes faits pour la grandeur.
Dante, comme tous les grands esprits, aime les difficultés; il se sent inspiré par le péril, ému par les obstacles, et voilà pourquoi il s'est proposé la plus grande difficulté qui fût jamais, ce que jamais aucun critique ne lui eût conseillé, de conduire son lecteur pendant quatorze mille vers à travers ce monde invisible dont rien de visible ne peut donner l'idée; de s'enfoncer, pour ainsi dire, tout vivant dans les obscurités de la métaphysique et de la théologie. — Mais comme tous les esprits justes, Dante n'aime que les difficultés utiles : toute sa métaphysique tourne à la morale, toute sa théologie s'emploie au bien des hommes.
Dante reste le disciple des Pères et des docteurs mais les docteurs, en tenant le paradis terrestre pour un lieu corporel, lui prêtent une signification mystique.
Les jircmicrs chapitres de la Genèse ont pour eux deux sens, le littéral et l'allégorique, le passé et l'avenir. Ce symbolisme n'a rien d'arbitraire, il est dans le génie de la Bible et dans la tradition des Hébreux et de tout rOrient, dans la nature même de l'esprit humain. A vrai dire, toutes les choses visibles ne sont que les signes de l'invisible : les cieux publient leur auteur. Ce langage de la création est aussi celui de l'Écriture sainte.
Allégorie de D.inte. — Interprétation ili Piclru di Daiitc. Le [)aradis terrestre figure la vie de la grâce; Malliildo, l'action. Les sept candélabres sont les dons du Saint-Esprit; les sept bannières, leurs sept fruits, ou les sept sacrements; les vingt-quatre vieillards figurent les vingt-quatre livres de l'Ecriture. (Saint Jérôme, Prolog. Reg., prolog. in Daniel.) — Los quatre animaux sont les quatre évangélistes; les six ailes, les six lois; le griflbn eit l'image du Christ. Les deux groupes de femmes sont les trois vertus théologales et les quatre vertus cardinales; les théologales à droite, comme d'une nature plus haute. Les deux vieillards sont saint Luc et saint Paul ; les quatre, qui les suivent, les quatre Pères latins; en effet, après l'Écriture, vient la tradition. Le vieillard seul est saint Dernard.
Dante ne marche point au hasard. 11 reproduit Ezéchiel, l'Apocalypse et tonte la tradition ilc l'art chrétien. A Home, dans les mosaïques de Sainte-Praxède, on voit l'agneau sur l'autel, les sept candélabres, les quatre animaux, les vingt-quatie vieillards; au portail de Moissac, les griffons allrontés, le Christ, les quatre animaux, les vieillards. — Si l'on s'éloiuie de ce cortège pour entourer le char de triomphe où va paraître une jeune femme, c'est que Dante sait bien que dans le véritable amour il entre moins de passion que de respect.
Quando il settentrion del primo cielo, Che ne occaso mai seppe ne orlo, Ne d' altra nebbia, che di colpa vélo,
E chefaceva li ciascuno accorlo
Di suo dover, come il più basso face Quai timon gira per venire a porto,
Fermo si affisse, la gente verace, Venuta prima tra il grifone ed esso, Al carro volse se, come a sua pace:
E un di loro, quasi dal ciel messo, Veni, sponsa, de Libano^ cantando, Gridô tre volte, e tutti gli altri appresso
Quale i beati al novissimo bando
Surgeran presti ognun di sua caverna, La rivestita voce alleluiando;
Cotali, in su la divina basterna, Si levar cento, ad vocem tanti senis^ Ministri e messaggier di vita eterna.
CHANT xx\
Quand ces sept étoiles du premier ciel, qui ne connurent jamais ni lever, ni coucher, ni d'aulie nuage que le voile et la faute originelle ,
El qui là-haul montraient à chacun son devoir, comme les sept étoiles du ciel inférieur guideni vers le port celui qui tourne le timon du gouvernail,
Quand elles s'arrêtèrent, les personnages véridiques qui marchaient d'ahord entre elles et le griffon se lournèrent vers le char, comme vers le repos de leurs âmes.
Et l'un d'entre eux comme un envoyé du ciel chanta trois fois d'une voix forte : « Veni, spoma^ de Libano; » et tous les autres le répétèrent,
Comme au jour des dernières assises les bienheureux se lèveront agiles, chacun de sa fosse, exhalant un allcluia de leur voix ressuscitée.
Ainsi, à la voix du grand vieillard, se levèrent sur le char divin plus de cent ministres et messagers de la vie éternelle.
482 DEL PUI'.GATOUIO.
1 Tutti (licean : Benedidm^ qui venu;
E, fior gittando cli sopra c d' intorno, Manihm o date Itlia plenis.
s lo vidi già riel cominciar del giorno La parte oriental tiitta rosata, E r altro ciel di bel sereno adorno,
u E la faccia del Sol nascere ombra la, Si che per temperanza di vapori L' occhio lo sostenea lunga fia ta :
10 Cosi denlro ima nu vola di fiori,
Che dalle mani angeliche saliva, E ricadeva giù denlro e di fuori,
11 Sovra candide vel cinta d' oliva
Donna m' apparve, sollo verde manto, Vestila di color di fiamma viva.
12 E lo spirito naio, che già colanto
Tempo era stato, ch' alla sua presenza Non era dî stupor tremando affranto 15 Sanza degli occiii aver più conoscenza, Per occulta virtù che da lei mosse, D' antico amor senti la gran potenza.
14 Toslo che nella visla mi percosse
L' alla virtù, che già m' avea Irafillo Prima ch' io fiior di puerizia fosse,
15 Volsimi alla sinislra col rispitto
Col quale il fantolin corre alla mamma, Quando ha paura, o quando egli è afïlillo,
16 Per dicere a Yirgilio. Men che dramma
Di sangue m' è rimasa, che non tremi ; Conosco i segni dell' antica fiamma.
CIIÂM X\X. 48>
Tous disaient : « Benedicitis, qui cciiis, » et, jetant lies fleurs au-dessus du char et tout alentour, ils ajoutaient : « Donnez, donnez des lis à pleines mains. »
.l'ai vu d'autres fois, au commencement du jour, la |)artie orientale du ciel toute rosée, et le reste toul orné d'un bel azui".
Et la face du soleil poindre voilée, de Caeon (pi'à travers les vapeurs qui tempéraient son éclat l'œil le supjmrlait longtemps.
Ainsi, dans un nuage de fleurs qui s'élevait des mains des anges et qui retombait sur le char et au dehors;
Couronnée d'olivier sur un voile blanc, une femme m'apj)arut couverte d'un manteau vert, et sa robe avait la couleur d'une vive flamme.
Et mou esprit, si longtemps resté sans ressentir la stupeur, le tremblement, le brisement <jui accompagnait sa |)résence,
.Avant de la mieux connaître par les yeux, pénétré d'une vertu secrète qui émanait d'elle, ressentit la grande j>uissance d'un ancien amour.
Aussitôt (jue mes regards furent frappés de cette haute perfection qui jadis m'avait blessé avant que je fusse sorti de l'enfance,
Je me tournai vers ma gauche avec ce mouvement de > l'enfant qui court à sa mère quand il a peur ou qu'il est affligé;
Et je voulais dire à Virgile : « Il ne m'est pas resté une goutte de sang qui ne tremble : je reconnais les signes de l'ancienne flamme. »
48Î DEL rURGATORIO.
M Ma Virgilio n' avea lasciali sccmi Di se, Virgilio dolcissimo padre, Yirgilio, a cui per mia sainte die' mi :
18 Ne quantunque perdeo l' anlica madré, Valse aile guance nelle di rugiada, Che lagrimando non lornassero adre.
11» Dan le, perche Yirgilio se ne vada,
Non pianger anco, non pianger ancora ; Chè pianger ti convien per allra spada^
20 Quasi ammiraglio, che in poppa ed in prora
Viene a veder la génie che minislra
Per gli allri legni, ed a ben far la incuora,
21 In su la sponda del carro sinislra,
Quando mi volsi al suon del nome mio, Che di nécessita qui si registra,
22 Vidi la Donna, che pria m' appario
Velatasolto V nngelica festa, Drizzar gli occhi ver me di qua dal rio. 25 Tultochè il vel che le scendea di testa, Cerchiato dalla fronde di Minerva, Non la lasciasse parer manifesta,
24 Regalmente, nell' atto ancor proterva,
Contînuo, come celui che dice,
E il più caldo parlar dielro riserva :
25 Guardami hen : ben son, ben son Béatrice :
Come degnasti d' accedere al monte?
Non sapei tu, che qui è T nom felice? 20 Gli occhi mi cadder giii nel chiaro fonte;
Ma veggendomi in esso io trassi ail' erba : Tanta vergogna mi gravô la fronle.
Mais Virgile nous avait abandonnés; Virgile, ce père très-doux, Virgile à qui elle m'avait donné pour mon salut;
Et toutes les merveilles que i>erdit notre antique mère n'empêchèrent pas que mes joues lavées naguère par la rosée redevinssent souillées de pleurs.
« Dante, j)arce (]ue Virgile s'en va, ne pleure pas. Ne pleure pas encore, car il te faudra j)leurer d'une autre blessure. »
Comme un amiral qui va de la poupe à la proue voir les matelots manœuvrer sur les autres navires et leur donne du cœur à bien faire,
Ainsi sur le coté gauche du char, quand je me retournai au bruit de mon nom, qui par nécessité s'enregislreici,
. Je vis la dame, qui d'abord m'était apparue voilée sous les hommages des anges, diriger ses yeux vers moi de ce côté du ruisseau.
Encore, que le voile qui descendait de sa tète, entouré du feuillage de Minerve, ne la laissât point voir tout entière,
Altière cependant et toute royale dans son attitude, elle continua, comme celui qui parle et réserve les plus irritées, les plus chaudes paroles pour la fin ;
(c Regarde-moi bien ; je suis bien, je suis bien Béatrix. Gomment donc l'es-tu cru digne d'approcher de la montagne? Ne savais-tu pas qu'ici l'homme est heureux?»
Mes regards se baissèrent vers la claire fontaine; mais, y voyant mon image, je les tournai vers l'herbe, tant la honte avait appesanti mon front.
480 DliL PURGATORIO.
27 Cosi Ja madré al figlio ppr supcrba,
Com' ella parve a me; percliè cl' amaro Sente il sapor délia pietale acerba.
28 Ella si (acque, e gli angeli cantaro
Di subito : In t(\ Domine, speravi; Ma oltre pedes meus non passaro.
29 Si come neve tra le vive travi
Per lo dosso d' Italia si congela Soffiala a stretta dalli venti Schiavi,
50 Poi liquefatta in se slessa trapela,
Pur che la terra, cbe perde ombra, spiii, Si cbe par fuoco fonder la candela;
51 Cosî fui senza lagrime e sospiri
Anzi il cantar di que' che notan sempre Dietro aile note degli eterni giri,
52 Ma poichè intesi nelle dolci tempre
Lor compatire a me, più che se detto Avesser : Donna, perche si lo stempre?
55 Lo giel cbe m' era intorno al cuor ristrello, Spirito ed acqua fessi, e con angoscia Per la bocca e per gli occhi uscî del petlo.
54 Ella, pur ferma in su la detta coscia
Del carro stando, aile sustanzie pie Volse le sue parole cosî poscia :
55 Voi vigilate nelP elerno die,
Si che notte ne sonno a voi non fura Passo, che faccia il secol per su vie ; 50 Onde la mia risposta è con più cura,
Che m' intenda colui che di là pi:igne, Perché sia colpa e duol d' una misura.
Telle la mère paraîl nieiiiiçaiUe à son fils, (elle nie parut Béalrix, parce que la pitié qui châtie laisse une saveur amère.
Elle se tut, et les anges cliantùi'enl aussitôt : « lu ICy Domine^ sperari. » Mais ils n'allèrent pas au delà de pales meifH.
Comme la neige |)arnii les arhres, sur le dos de rilali(\ se resserre et se congèle au souffle des venls csclavons,
Puis, se liquéfiant, lonihe goutle sur goutte, pour peu que la terre qui n'a |)oinl d'ombre envoie son haleine, pareille au feu qui fond le cierge,
Ainsi je restiii sans larmes et sans soupirs jusqu'au chant de ces esprits qui mesurent leurs accords sur les accords des sphères éternelles.
Mais après que dans leurs doux concerts j'eus compris leur conijiassion pour moi mieux (jue s'ils avaient dit : « Madame, poui'quoi le confondre ainsi? »
I^ glace (pli s'était endurcie autour de mon cœur devint soXipirs et pleurs et s'échappa douloureusement de ma poitrine par les lèvres et par les yeux.
Elle cependant, se tenant immobile sur le flanc du char, comme je l'ai dit, s'adressant ensuite à ces êtres miséricordieux, leur parla de la sorle :
« Vous veillez dans le jour éternel, de façon que ni nuit ni sommeil ne vous dérobent un seul des pas que fait le siècle dans sa route.
« Si donc je réponds avec plus de soin, c'est pour me faire entendre de celui qui pleure là-bas, c'est pour qu(? la faute et la peine aient la même mesure.
37 Non pur per ovra délie rote magne,
Clie drizzan ciascun scnie ad alcun fine, Secondo che le stelle son compagne;
38 Ma per larghezza di grazie divine,
Che si alti vapori hanno a lor piova, Che nostre visle là non van vicine; 50 Quesli fu tal nella sua vila nuova
Virtualmente, cli' ogni abito deslro Fatlo averebbe in lui mirabil pruova.
40 Ma tanto più maligno e più silvestro
Si fa il lerren col mal semé, e non colto. Quant' egli ha piii di buon vigor terrestro.
41 Alcun tempo il sostenni col mio volto ;
Mostrando gli occhi giovinelti a lui, Meco il menava in dritta parte volto.
i2 Si tosto come in su la soglia fui
Di mia seconda etade e mutai vita, Questi si toise a me, e diessi altrui.
43 Quando di carne a spirto era salita,
E bellezza e virtù cresciuta m' era, Fu' io a lui men cara e men gradita ;
44 E volse i passi suoi per via non vera,
Immagini di ben seguendofalse, Che nulla promission rendono intera.
45 Ne r impetrare spirazion mi valse,
Con le quali e in sogno ed altrimenti Lo rivocai ; si poco a lui ne calse.
46 Tanto giù cadde, che tutli argomenli
x\lla sainte sua eran già corti,
Fuor che mostrargli le perdu le genti.
« Non-seulement par l'influence des grandes sphères qui dirigent chaque chose naissante vers une fin, selon les étoiles qui l'accompagnent,
a Mais aussi par l'abondance des grâces divines qui tombent de nuages si hauts, que votre vue n'en approche pas;
« Celui-ci dans son jeune âge fut doué de telle sorte, que toute habitude droite aurait produit en lui d'admirables effets.
« Mais avec la mauvaise herbe et sans culture la terre devient d'autant plus ingrate et plus sauvage qu'elle a plus de bonne sève.
c( Quelque temps je le soutins de mes regards, et, lui montrant mes jeunes yeux, je le menais avec moi par le droit chemin.
« Mais sitôt (jue je fus sur le seuil de mon second âge, et que je changeai de vie, celui-ci se relira de moi pour se donner à d'autres.
« Quand j'étais montée de la chair à l'esprit, quand je venais de croître en beauté comme en verlu, je lui devins moins chère et moins agréable;
c< Et il égara ses pas dans une route fausse, poursuivant les mensongères images du bien, qui ne tiennent jusqu'au bout aucune de leurs promesses;
c( Et il ne me servit point de lui obtenir les inspirali ons par lesquelles je le rappelais, en songe ou autrement, tant il en fit peu de compte.
a 11 tomba si bas, que déjà tous les moyens étaient impuissants pour son salut, excepté de lui faire voir le peuple des damnés.
400 DEL rUUGATOIUO.
47 Ver queslo visitai Y uscio de' morli,
E a colui chc 1' ha quassù condollo, Li prieghi miei, piangcndo, furon porti
4s L' alto fato di Dio sarrcl^be rotto, Se Lete si passasse, e tal vivanda Fosse gustata senz' alcuno scolto -
4<» Di penlimenlo ebe lagrime spanda.
CIIAM X\\. 401
(c Voilà pourquoi j'ai visité la porte des morts, et j*ai porté à celui qui l'a guidé jusqu'ici mes prières avec mes pleurs.
c( Le suprême décret de Dieu serait brisé, si l'on passait le Lélhé, si l'on goûtait un tel aliment avant d'avoir payé son tril)utou son écot avec un rcj^ondr qui verse des larmes. )^
1 0 tu, che se' di là dal fi urne sacro
(Volgendo suo parlare a me per punta, Che pur per laglio m' era parut' acro),
2 Ricominciô, seguendo senza cunta,
Di, dî, se quest' è vcro : a tanta accusa Tua confession conviene esser congiunta.
3 Era la mia virlù tanto confusa,
Che la voce si mosse, e pria si spense Che dagli organi suoi fosse dischiusa.
4 Poco sofferse ; poi disse : Che pense?
Rispondi a me; chè le memorie triste In te non sono ancor dall' acqua offense.
5 Confusîone e paura insieme miste
Mi pinsero un lai si fuor délia bocca, Al quale intender fur meslier le viste. c Come baleslro frange, quando scocca Da troppa tesa la sua corda e 1' arco, E con men foga V asta il segno tocca;
CIIAM X\X1
« 0 loi qui es au delà du lleuve sacre, » reprit-elle en lournanr contre moi la pointe de son discours dont le tranchant seul m'avait paru si déchirant.
Kl, poursuivant sans hésiter : « Dis, dis si c'est vrai : à une si grande accusation, il faut que la confession s'ajoute. »
Toutes mes puissances étaient si (rouhlées, que ma voix fit effort et s'éteiji^nit avant de s'être échappée de ses organes.
Elle attendit un peu, puis elle dit: « Qu'en pensestu? liéponds-moi, car en toi les mauvais souvenirs ne sont pas encore chassés par les eaux du Léthé. »
La confusion et la peur unies ensemhle m'arrachèrent de la houche un oui si faihle, qu'il ne fut compris que des yeux.
Comme l'arbalète, quand elle est trop tendue, brise en se débandant sa corde et son arc; alors le dard va frapper le but avec moins de force;
494 DEL PURGATOIUO.
7 Si scoppia' io soit' csso grave carco,
Fuori sgorgando lagrime e sospiri, E la voce allento per lo suo varco.
8 Ond' ella a me : Per cnlro i miei disiii,
Clie li menavano ad amar io benc Di là dal rpjal non c a clie s' aspiri, u Quai fosse attraversale, o quai calene Trovasli, perché del passarc innanzi Dovessili cosi spogliar la spene?
10 E quali agevolezze, o quali avanzi
Nella fronte degli altri si mostraro, Perché dovessi lor passeggiare anzi?
11 Dopo la Iratta d' un sospiro amaro,
A pena ebbi la voce che rispose, E le labbra a fatica la formaro.
12 Piangendo dissi : Le presenli cose
Col falso lor piacer volser miei passi, Tosto che '1 vostro viso si nascose.
13 Ed alla : Se tacessi , o se negassi
. Cio che confessi, non fora men nota La colpa ti;a : da tal giudice sassi.
14 Ma quando scoppia dalla propria gola
L'accusa del peccato, in noslra corte, Rivolge se contra il taglio la rota.
15 Tuttavia, perché me' vergogna porte
Del tuo errore, e perché altra voila Udendo le sirène sie più forte.
10 Pon giii il semé del piangere, ed ascolta; Si udirai come in contraria parte Muover doveali mia carne sepolta.
Ainsi j'éclatai sous ce lourd fardeau, m'épanchant en larmes et en soupirs, de sorte que ma voix se ralentit au passage.
C'est pourquoi elle me dit: a Quand les désirs qui te venaient de moi te conduisaient à l'amour de ce bien au delà duquel il n'en est point de désirable,
c( Quels fossés au travers de la roule, quelles cbaînes tendues as-tu donc trouvées pour te faire dépouiller l'espérance de passer au delà?
« Et quels attraits, quels avantages, se sont montrés, sur le front des autres biens, que tu dusses errer devant eux? »
Après avoir exbalé un soupir amer, à peine eus-je retrouvé la voix pour répondre, et à grand'peine mes lèvres l'articulèrent;
Je dis en pleurant : « Les clioses présentes avec leurs plaisirs trompeurs ont détourné mes pas aussitôt que votre visage s'est caclié. »
Et elle: « Si tu taisais ou si tu niais ce que. tu confesses, ta faute ne serait pas moins connue, si grand est le juge qui la sait !
(i Mais quand l'.iccusation du péclié s'échappe de la bouche du pécheur, c'est la loi de notre tribunal queJa meule se tourne contre le tranchant de l'épée.
(( Néanmoins, afin que lu portes plus de honte de ton erreur, et qu'une autre fois, si tu entends les sirènes, tu te trouves plus fort,
« Arrête la source de tes pleurs et écoule: tu entendras comment ma chair mise au tombeau devait te fainî prendre un chemin contraire.
17 Mai non t' apprcscnto nalura ed arte
Piacer, quanlo le belle membra in eh' io Rinchiusa fui, e che son terra sparte :
18 E se il sommo piacer si li fallio
Per la mia morte, quai cosa morlale Dovea poi trarre le nel suo disio?
11) Ben ii dovevi, per lo primo strale Délie cose fallaci, levar suso Diretr' a me che non era più taie.
20 Non ti dovea gravar le penne in giuso,
x\d aspettar più col pi, o pargoletta, 0 altra vanità con si brev' uso.
21 Nuovo augelletlo due o ire aspetta ;
, Ma dinanzi dagli occhi de' pennuti Rete si spiega indarno, o si saetta.
22 Quale i fanciulli vergognando muti,
Con gli occhi a terra, stannosi ascoltando, E se riconoscendo, e ripentuti;
23 Tal mi stav' io. Ed ella disse : Quando
Per udir se' dolente, alza la barba, E prenderai più doglia riguardando.
2i Con men di resistenza si dibarba
Robuste cerro, ovvero a nostral vento, Ovvero a quel délia terra di Jarba,
25 Ch' io non levai al suo comando il menlo : E quando per la barba il viso chiese, Ben conobbi il velen dell' argomento,
2G E corne la mia faccia si distese,
« Jamais la iialurc, jamais l'arl ne le présenta plaisir comparable aux beaux membres où je lus prisonnière, el qui maintenant sont réduits en poudre.
« Et si par ma mort ce souverain plaisir te manqua, quelle chose mortelle devait ensuite te gagner à ses attraits?
« Bien devais-tu, à la première atteinte des choses trompeuses, lever les yeux au ciel pour m'y suivre, moi ([ui n'étais plus comme elles.
c( Et tes ailes ne devaient pas rester appesanties pour attendre quelque autre blessure, par faiblesse pour quelque jeune fille, ou pour quelque autre vanité dont si courte est la jouissance.
c( L'oiselet nouvellement éclos attend deux ou trois coups, mais devant les yeux de ceux qui ont toutes leurs plumes, c est vainement qu'on déploie le filet et qu'on décoche la flèche. »
Comme les enfants muets de honte, les yeux fixés à terre, écoutent immobiles, reconnaissant leur faute et repentants.
Ainsi je me tenais, et elle dit: «Puisque à m'entendre seulement tu le sens si affligé, lève ta barbe, et, en me regardant, tu ressentiras plus de douleur. »
Avec moins de résistance un chêne robuste se déracine au souffle de notre vent, ou au vent de la terre numide.
Que je ne levai le menton à son commandement, et, quand par la barbe elle désigna le visage, je sentis bien le venin de l'allusion.
Et quand je redressai ma face, mes yeux connuren
498 DKI. PUUGATOiau.
Posarsi quelle prime crealure
Da loro aspersion 1' occliio comprese :
27 E le mie luci, ancor poco sicurc
Vider Bealrice voila in su la fiera, Ch' è sola una persona in iluo nature.
28 Sotlo suo vélo, ed oltre la riviera
Verde, pareami più se stessa antica Vincer, clie 1' allre qui quand' clla c' era.
20 Di penter si mi punse ivi 1' orlica,
Chedi lutl' altre cose, quai mi torse Più nel suo amor, più mi si fe nimica.
50 Tanta riconoscenza il cuor mi morse,
Glî' io caddi vinto, e quale allora femmi, Saisi colei che la cagion mi parse.
31 Poi, quando il cor virtù di fuor rendemmi, La Donna eh' io avea trovata sola, Sopra me vidi, e dicea : Tiemmi, liemmi.
52 Tratlo m'avea nel fiume infino a gola, E, tirandosi me dietro, sen giva Sovresso 1' acqua, lieve come spola.
35 Quando fui presse alla beata riva, Asperges me si dolcemente udissi, Ch' io nol so rimembrar, non eh' io Io scriva,
34 La bella donna nelle braccia aprissi,
Abbracciommi la testa, e mi sommerse, Ove convenne ch' io V acqua inghiottissi
55 Indi mi toise, e bagnato m' offerse
Dentro alla danza délie qualtro belle, E ciascuna col braccio mi coperse.
(|ue les anges, ces premiers-nés des créatures, avaient cessé de jeter des tleurs.
Et mes regards encore mal assurés virent Béatrix tournée vers la bête qui réunit une seule personne en lieux natures.
Sous son voile, et séparée de moi par la verte rivière, elle me semblait effacer ce qu'elle fut jadis plus qu'elle n'effarait les autres quand elle babitait ici-bas.
En ce moment l'ortie du repentir me piqua si fort, (pie, de toutes les autres cboses, celle qui avait le plus détourné mon amour me devint la plus ennemie.
Une si grande connaissance de ma faute me déchira le cœur que je tombai terrassé ; et ce que je devins alors, celle-là le sait qui en fut la cause.
Puis, quand le cœur me rendit le pouvoir de comprendre les choses du dehors, je vis au-dessus de ma tête la dame que j'avais d'abord trouvée seule, et elle disait : «Tiens-moi, tiens-moi. »
Elle m'avait entraîné dans le lleuve jusqu'à la gorge, et, me tirant derrière elle, elle s'en allait sur l'eau, légère comme la navette du tisserand.
Quand elle fut près de l'heureuse rive, on entendit chanter Asperges me avec tant de douceur, que je ne saurais me le rappeler, bien loin de l'écrire.
La belle dame ouvrit les bras, saisit ma tête et me submergea de facjon qu'il fallut boire l'onde.
Puis elle me retira, et, tout trempé, elle me conduisit dans la danse des quatre belles compagnes, et chacune d'elles m'enlaça d'un bras.
500 lAEL l'UKGATUlUO.
30 Noi sem qui ninfe, c ncl ciel semo slclle; Pria che Béatrice discendesse al mondo, Fummo ordinale a Ici per sue ancelle.
37 Menrenti agli occhi suoi; ma nel giocondo
Lume cil' è dcnlro, aguzzeran li luoi Le tre di là, che miran più profonde.
38 Cosi cantando cominciaro; e poi
Al petto del grifon seco menarmi, . Ove Béatrice voila slava a noi.
59 Disser : Fa che le viste non risparmi ; Poslo t' avem dinanzi agli smeraldi, Ond' Amor già li Irasse le sue armi.
40 Mille disiri più che fiamma caldi
Strinsermi gli occhi agli occhi rilucenli Che pur sovra il grifon e stavan saldi.
il Corne in lo specchio il Sol, non altrimenti La doppia fiera dentro vi raggiava.
Or con uni, or con al tri reggimenli.
i2 Pensa, letlor, s' io mi maravigliava,
Quando vedea la cosa in se star quêta, ^ E neir idolo suo si Irasmulava.
45 Centre che, piena di stupore e lieta, W anima mia gustava di quel ciho, Che, saziando di se, di se assela,
44 Se dimoslrando del più alto Iriho
Negli atti, l' al tre tre si fero avanli, Danzando al loro angelico cariho.
45 Volgi, Béatrice, volgi gli occhi sanli,
c( Ici, nous sommes nymphes, au ciel nous sommes étoiles. Avant que Béatrix ne descendît dans le monde, nous fûmes destinées à devenir ses servantes.
« Nous te mènerons devant ses yeux ; mais, pour que les tiens puissent en pénétrer la douce lumière, ils seront aiguisés par les trois femmes que voici de l'autre côté et qui ont le regard plus profond. »
Ainsi commencèrent-elles en chaulant, puis elles me conduisirent avec elles en face du griffon; là, Béatrix se tenait touruée vers nous.
Elles dirent: a Fais en sorte de ne pas ménager ta vue; nous t'avons placé devant ces émeraudes d'où l'amour jadis te darda ses llèches. »
Mille désirs plus brûlants que la flamme attachèrent mes yeux à ses yeux rayonnants qui demeuraient fixés sur le griffon.
Comme le soleil dans un miroir, de même la bète aux deux natures se réfléchissait, tantôt avec les uns, tantôt avec les autres de ses attributs.
Pense, lecteur, si je m'émerveillais, voyant l'objet rester immobile en soi et changer dans son image.
Tandis que, pleine de stupeur et de joie, mon Ame goûtait cette nourriture qui, en nous rassasiant d'ellemême, d'elle-même nous altère,
Les trois autres compagnes, dont les attitudes annonçaient une extraction plus haute, s'avancèrent, réglant leur danse sur leurs chants angéliques.
(( Tourne, Béatrix^ a tel était leur chant, » tourne tes
ï)02 DRL PlIHGATOinO.
Era la sua canzorio, al tuo fedcle, Ciie, per vederti, lia mossi passi lanli. io Per grazia fa ,noi grazia che disvolo A lui la bocca tua, si che discerna La seconda bellezza che tu celé.
47 0 isplendor di viva luce eterna,
Ghi pallido si fece sotto 1' ombra
Si di Parnaso, o bevve in sua cisterna,
48 Che non paresse aver la mente ingombra,
Tentando a render te quai tu paresti Là dove armonizzando il ciel t' adombra,
49 Quando nell' aère aperlo ti solvesti?
yeux vers ton fidèle, qui pour to voir a fail tant de pas î
« Fais-nous gratuitement la grâce de dévoiler pour lui (a bouche, afm qu'il connaisse la seconde beauté que tu caches. »
0 splendeur d'une lumière vivante et éternelle! quel est le poëte devenu pale sous les ombres du' Parnasse, ou abreuvé à ses cilernes,
Qui ne semblerait pas troublé dans ses pensées, s'il essayait de te rendre telle que tu m'apparus, lorsqu'au grand jour tu te découvris, en ce lieu où tu n'eus plus d'autre voile que la sphère harmonieuse du ciel !
Terc. il. — Petriis Alighierii, XXX. In qiia nebula ita figuraia Beatrix,id est theoiogia, descendit coronata oliva, qiixarbor Minervx dex scientix dicitur... Hoc est quod auctov vult figiirarCy qiiodjam dilexit studiiim theologix et in eopostea cessavit, nunc vero reassumer e incipit.
Ottimo Commenta, XXX. Béalrix est ici prise pour la science Ihéologique, par laquelle Dante pénètre dans la connaissance de la Jérusalem triomphante. L'auteur l'aime la première, mais peu de temps, pour ne l'avoir pas assez connue ; puis il fait \oir comment, par amovu* des choses temporelles, il abandonna l'amour des éternelles et invisibles. . . Et l'on pourrait expliquer plus simplement, en prenant à la lettre les paroles de Béatrix, qu'il s'agit de madame Béatrix que le poêle aima d'un autour de bienveillance, laquelle partie de ce monde, il aima celle pour laquelle il dit :
lo mi son Parffolella bella e nova.
Terc. 3G. — Pethus Aligherii. Les vertus cardinales sont des nymphes, selon roj)inion de saint Thomas, qui veut que les vertus nous soient infuses sur la (erre ; au i iel ce sont des principes ou des essences. Saint Augustin avait dit dans une de ses lettres: Achis virtutum^nt lue niimphie, snnt in vin; sed in patria idip.wm erit vivtus et prxmiinn virtutis.
Comparer le premier chant du Purgatoire, où paraissent les quatre étoiles vues seulement de nos premiers pères, et le huitième où elles se sont couchées pour f;iire place à trois autres qui embrasent tout le ciel. Les quatre premières peuvent répoudre à la Croix du sud, les trois antres à TAlpha de l'Kridan, du Navire et du Poisson d'or.
."9. — Ottiino Cummcnto. Les émciaudes. C'est Tort à propos que le poëte introduit cette pierre précieuse en considération de ses propriétés. Car les oiseaux appelés giiifons guettent les émcraudes. L'«''meraude e>t la reine des pierres veites. Ni pierres, ni hcrhe^ n'ont une phis vive verdure. Elle réfléchit les images à la manière «l'un niiioir. Elle accroît les richesses, ;ude les beaux parleurs et ceux qui plaident, elle coiubat le mal caduc, conserve la vue, fortifie les yeux faibles, contient les mouvements luxurieux, rend la mémoiie, repousse les fantômes et les démons, calme les tempêtes, étauche le sang et sert aux opérations des devins.
Tanto eran gli occlii miei fissi ed altenti A disbramarsi la decenne sete, Che gli allri sensi m' eran tutti spenti ;
Ed essi quinci e quindi avén parete Di non caler, cosi lo santo riso A se traëli con 1' antica rete ;
Quando per forza mi fii volto il viso Ver la sinistra mia da quelle Dee, Perch' io udia da loro un : Troppo fiso.
E la disposizion che a veder ee Negli occhi pur teste dal Sol percossi , Sanza la vista alquanto esser mi fee;
Ma poichè al poco il viso riformossi (ïo dico al poco per rispetto al mollo Sensibile, onde a forza mi rimossi),
Yidi in sul braccio destro esser rjvolto Lo glorioso esercito, e tornarsi Col sole e con le sette fiamme al volto.
Mes yeux étaient si immobiles, si attentifs à désaltérer une soif de dix ans, que tous mes autres sens étaient éteints;
Et mes yeux même avaient à droite et à gauche comme une muraille d'indifférence : tant le divin sourire les attirait dans son ancien filet;
Quand mon visage fut forcément détourné vers la gauche par ces nym|)hes, que j'entendis s'écrier : (( Tu regardes trop fixement. »
Et celte difficulté de voir qu'éprouvent les yeux que; le soleil vient de frapper, me fit rester quelque temps privé de la vue.
Mais quand mon regard redevint capable de saisir une faible lumière (je dis faible par rapport à la grande lumière dont je ne me détachai que de force),
Je vis que la glorieuse armée s'était pliée sur son flanc droit et qu'en tournant elle avait en face le soleil et les sept candélabres.
7 Corne sotlo gli scudi per salvarsi
Volgesi scljiera, c se gira col scgno, Prima che possa lutta in se mularsi ;
« Quella milizia del céleste regno, Che precedeva, tutta trapassonne Pria che piegasse il carro il primo legno
0 Indi aile rote si tornar le donne,
E il grifon mosse il benedetto carco, Si che pero nulla penna crollonne.
10 La bel la donna che mi trasse al varco,
E Stazio ed lo seguilavam la rola Clie fe r orbita sua con minor arco.
11 Si passeggiando 1' alla sel va vota,
Colpa di quella ch' al serpente crese, Temprava i passi un* angelica nota.
12 Forse in tre voli lanto spazio prese
Disfrenata saetta, quanto eràmo Piimossi, quando Béatrice scese. 15 lo senti' mormorare a tutti : Adamo ! .Poi cerchiaro una pianta dispogliata Di fiori e d' altra fronda in ciascun ramo.
14 La chioma sua, che tanto si dilata
Più, quanto più è su, fora dagl' Indi Ne' boschi lor per altezza am mi rata.
15 Beato se', grifon, che non discindi
Col becco d'esto legno dolce al gusio, Posciachè mal si torse il ventre quindi, K' Cosi d' intorno ail' arbore robusio
Comme un balaillon couvert de ses boucliers se replie pour assurer son salut, cl commence à tourner avec le drapeau, avant que loule la troupe ait pu imiter ce changement,
Ainsi toute cette milice du céleste royaume qui marchait devant, passa tout entière avant que le char eùl tourné son timon.
Alors les femmes se replacèrent près des roues et le griffon ébranla son fardeau béni ; de telle sorte pourtant qu'on ne vit |)as frémir une seule de ses plumes.
I>a belle dame qui m'avaitconduit au gué du ruisseau, et Stace et moi, nous suivions la roue dont l'ornière décrivait l'arc le plus petit,
Tandis que nous parcourions ainsi la haute l'orèl, déserte par la faute de celle qui crut le serpent, des chants angéliques mesuraient nos pas.
Peut-être une llèclie délivrée de son frein parcourt en trois vols autant d'espace que nous en avions franchi, quand descendit Béatrix.
J'entendis murmurer par toutes les bouches : Adam î puis tous entourèrent un ari)re dont les rameaux étaient dépouillés de fleurs et d'ombrages.
Sa chevelure qui va s'élargissant d'autant plus qu'elle s'élève davantage, serait admirée par sa hauteur dans les forets de l'Inde.
« Heureux es-tu, griffon, qui de Ion bec n'entames jioint cet arbre doux à goûter! Car les entrailles de l'homme s'en tordirent de douleur. »
Ainsi autour de l'arbre robuste s'écrièi'ent les autres
olO I>KL l'imGATORIU.
Gridaron <A] al (ri : c V animal Ijinalo :
Si si conserva il semé d' ogni giiislu.
17 E volto âl temo cli' egli avea lirato,
Trasselo a piè délia vedova frasca ; E quel di lei a lei lascio legalo.
18 Corne le nostre piante, quando casca
Giîi la gran luce mischiata con quella Che raggia dielro alla céleste lasca,
lu Turgide fansi, e poi si rinnovella
Disuo color ciascuna, pria che '1 Sole Giunga li suoi corsier sott' altra Stella;
20 Men che di rose, e più clie di viole,
Colore aprendo, s' innové la pianta, Che prima avea le ramora si sole.
il lo non lo intesi, ne quaggiù si canta
L' inno che qiiella gente allor canlaro, Ne la nota soffersi tullaquanla.
22 S' io potessi ritrar come assonnaro
Gh occhi spietati, udendo di Siringa, Gli occhi a cui più vegghiar costô si caro ;
25 Come pinlor che con esemplo pinga,
Disegnerei com' io m' addormentai ;
Ma quai vuol sia che 1' assonnar ben finga.
2i Pero Irascorro a quando nii svegliai,
E dico ch' un splendor mi squarciô il vélo Del sonno, ed un chiamar : Surgi, che fai?
•lo Ouale a veder de' fiorelti del melo.
t:ilAM WXII 511
peiMninages, cl ranimai aux deux iia Unes rôpondit : « Ainsi se conserve la semence de tonte justice. »
Et tournant le timon qu'il avait tiré, il le conduisit jusqu'au pied du tronc veuf de sa feuillée et laissa le cliar là, à l'arbre auquel il appartenait.
Comme nos pLmles, quand tombe d'en liant la grande lumière mêlée à celle qui ravonno à la suite du céleste poisson,
Se gonllent de bourgeons, pni^ renouvellent cliacune l'émail de ses fleurs avant que le soleil attelle ses coursiers sous une autre étoile,
Ainsi s'épanouissant en llours moins claires que la rose et plus que la violette, se renouvela 1 arbre qui d'abord avaient ses rameaux si nus.
.le n'entendis jamais et jamais on ne chante ici-bas riiymnequ'alois chanta celte troupe et je n'en supportai pas la mélodie jusqu'au bout.
Si je pouvais retracer comment s'endormirent les impitoyaldes yeux d'Argus, en écoutant l'aventure de Syrinx, ces yeux auxquels il coûta si cher d'avoir veillé plus que ceux des hommes ;
Comme un peintre qui Irdvaille sur un modèle, je destinerais comment je m'endormis. Mais que tout autre se charge de bien représenter la surprise du sommeil.
Je passe donc au moment où je m'éveillai, et je dis que le voile de mon sommeil se déchira sous une vive lumière, et à ce cri : « L'ève-toi ! que fais-tu là? »
Comme à la vue des jeunes fleurs du pommier, qui
512 DEL l'UHGATOIUO.
Che del suo porno gli arigeli la gliiolti, E perpétue iiozze fa nel cielo, 20 Pietro e Giovanni e lacopo condolti, E vinli ritornaro alla parola, Dalla quai furon maggior son ni rolli,
27 E videro scemata loroscuola,
Cosi di Moisè corne d'Elia,
E al maestro suo cangiala slola ;
28 Tal lorna' io, e vidi quella Pia
Sovra me slarsi, che conducilrice Fu d' miei passi lungo il liumepria; 29 E tutto in dubbio dissi : Ov' è Béatrice? Ed ella : Vedi lei sotto la fronda Nuova sedersi in su la sua radice.
50 Vedi la compagnia che la circonda;
Gli altri dopo il grifon sen vanno suso, Gon più dolce canzone e più profonda.
51 E se fu più lo suo parlar diffuso
Non so, perocchè già negli occhi m' era Quella ch' ad altro inlender m' avea chiuso.
52 Sola sedeasi in su la lerra vera,
Come guardia lasciata lî del plaustro, Che legar vidi alla biforme fiera.
55 In cerchio le facevan di se clauslro
Le selte ninfe, con que' lumi in mano Che son sicuri d'Aquilone e d' Auslro.
3i Qui sarai tu poco tempo silvano, E sarai meco senza fine cive Di quella Roma onde Christo è Romano;
55 Pero, in pro del mondo che mal vive,
rend les anges avides de son fruit, et qui défraye les noces éternelles du paradis;
Pierre, Jacques et Jean conduits sur la montagne s'évanouirent et revinrent à la parole qui interrompit des sommeils plus forts ;
Et virent leur compagnie diminuée de Moïse et d'Élie, et le vêtement de leur maître changé de couleur;
Tel je revins à moi, et je vis debout près de moi celte femme compatissante qui d'abord conduisit mes pas le long du fleuve ;
Kt tout en suspens je dis : «Où est Béatrix? » Et elle : c< Vois, elle est assise sous l'arbre au nouveau feuillage et sur sa racine,
« Vois la compagnie qui l'environne, les autres à la suite du griffon s'en vont au ciel avec un chant plus doux et plus mystérieux. »
Et si son discours fut plus long, je l'ignore; car déjà mes yeux étaient pleins de celle qui m'avait fermé à toute autre attention.
Seule elle était assise sur la terre nue, elle restait là comme gardienne du char que j'avais vu attacher par la hélc aux deux formes.
Rangées on cercle, les sept nymphes faisaient autour d'elle comme un cloître, tenant à la main ces flambeaux qui ne craignent ni l'Aquilon, ni l'Auster.
c( Tu seras peu de temps l'hôte de cette forêt, et tu deviendras avec moi le citoyen éternel de cette Rome dont le Christ est citoyen.
« Cependant pour le bien du monde qui vit mal,
514 DEL rURGATORIO.
Al carro ticni or gli occlii, e, quel che vedi, Rilornato di là, fa che tu scrive.
30 Cosî Béatrice; ed io che tutto a' piedi De' suoi comandamenti era devoto, La mente e gli occhi, ov' ella voile, diedi.
37 Non scese mai con si veloce moto
Fuoco di spessa nube, quando piove Da quel confine che più è remoto,
38 Com' io vidi calar V uccel di Giove
Per r arbor giù, rompendo délia scorza, Non che de' fiori e délie foglie nuove ; 59 E ferio '1 carro di tutta sua forza
Ond' ei piegô, corne nave in fortuna, Vinta dair onde, or da poggia or da oiza.
40 Poscia vidi avventarsi nella cuna
Bel Irionfal veiculo una volpe,
Che d' ogni pasto buon parea digiuna.
41 Ma riprcndendo lei di laide colpe,
La Donna mia la volse in tanta futa, Quanto sofferson 1' ossa senza polpe.
42 Poscia, per indi ond' era pria venuta,
L'aquila vidi scender giii nelT arca Del carro, e lasciar lei di se pennuta.
43 E, quai esce di cuor che si rammarca,
Tal voce usci del cielo, e cotai disse : 0 navicella mia, com' mal se' carca !
4i Poi parve a me che la terra s' aprisse
Tr' ambo le rote, e vidi uscirne un drago, Che per Io carro su la coda fisse :
45 E, come vespa che ritragge V ago.
CHANT xxxn. 515
liens maintenant tes yeux fixés sur le chnr, et ce que tu vois, (le retour là-bas, fiiis en sorte de récrire. »
Ainsi dit Béatrix, et moi qui me tenais tout dévoué aux })ieds de ses commandements, du côté qu'elle voulut, j'abandonnai ma pensée et mes regards.
Jamais d'un mouvement si rapide le feu ne descendit d'une si épaisse nuée, quand il tombe de la plus lointaine région du ciel,
Oue je ne vis fondre sur l'arbre l'oiseau de Jupiter, déchirant Fécorce et non-seulement les feuilles et les fleurs nouvelles.
Et de toute sa force il frappa le char, qui plia comme «n navire en j>éril et fléchissant sous les lames tantôt à bâbord, tantôt à tribord.
Puis je vis s'élancer dans le giron du char triomphal un renard qui semblait né s'être jamais nourri d'une saine pâture.
Mais ma dame, lui reprochant d'odieuses fautes, le mit en fuite aussi vite que le permirent ses os décharnés.
Puis par le même endroit d'où il était déjà venu, je vis l'aigle descendre dans la caisse du char et il la laissa couverte de ses plumes.
Et comme la voix d'un cœur qui se plaint, telle une voix sortit du ciel, elle dit : « 0 ma nacelle! que tu es mal chargée! »
Puis il me parut que la terre s'ouvrait entre les deux roues et j'en vis sortir un dragon qui, relevant sa queue, la plongea dans le char;
Et comme une guêpe qui relire l'aiguillon, retirant
MO DEL PURGATOIUO.
A se traendo la coda ma ligna, Trasse del fondo, e gisscn vago vago.
40 Quel che rimase, corne di gramigna Vivace terra, délia piuma, offerla Forse con intenzion casta ebenigna,
47 Si ricoperse, e funne ricoperta
E r una e 1' allra rota e il temo in tanto, Che più tiene un sospir la bocca'aperta.
48 Trasformato cosî il dificio sanlo
Mise fuor teste per le parti sue,
Tre sovra il temo, ed una in ciascun canto.
49 Le prime eran cornute come bue;
Ma le quattro un sol corno avean per fronte Simile mostro visto mai non fue.
50 Sicura, quasi rocca in alto monte,
Seder sovr' esso una puttana sciolta M' apparve con le ciglia intorno pronte.
51 E, come perché non gli fosse tolta,
Vidi di Costa a lei dritto un gigante, E baciavansi insieme alcuna volta :
52 Ma perché V occhio cupido e vagante
A me rivolse, quel féroce drudo La flagellé dal capo insin le piante.
55 Poi, di sospetto pieno e d' ira crudo,
Disciolse il mostro, etrassel per la selva Tanto, che sol di lei mi fece scudo
54 Alla puttana ed alla nuova belva.
sa queue malfaisante, il emporta une partie du fond et s'en fut en rampant.
Ce qui resta, semblable à une terre vive qui se couvre de chiendent, se recouvrit de la plume, offerte peutêtre dans une intention pure et débonnaire ;
Et l'une et l'autre roue et le timon en furent couverts sitôt, qu'un soupir tient plus longtemps la bouche ouverte.
Ainsi transformé, le saint édifice fit sortir de ses diverses parties se})t tètes, trois sur le timon, et une à chacun de ses angles.
Les premières étaient cornues comme des bœufs; mais les quatre autres ne portaient au front qu'une seule corne. Semblable monstre ne fut jamais vu.
Sûre d'elle-môme comme une citadelle sur une haute montagne, m'apparut, assise sur le char, une prostituée demi-nue avec des regards prompts à se promener autour d'elle.
Et comme pour empêcher qu'on ne la lui enlevât, je vis côte à côte avec elle un géant debout et de temps h autre tous deux se baisaient.
Mais parce qu'elle tourna vers moi son œil avide et inconstant, ce farouche favori la flagella de la tête aux pieds.
Puis, rempli de soupçon, cruel dans sa colère, il délia le monstre et l'entraîna par la forêt si loin, que la forêt seule me cacha comme d'un bouclier la prostituée et la nouvelle bête.
Terc. 15. — Pethus Alfgherii. — « Ilaec arbor pro obedientia accipltur de qua Daniel : Videbani et ecce arbor in medio terrœ et altitude ejus nimia...,et proceritas ejiis contingens cœlum; et S. Augustiniis : prsecepit Demi nus homini, ad probandum quantum esset bonum obedienliîc... Quîp arbor est damnatio humani generia; ideo sic et infructuosa, per Cliristum qui obediens fuit faclus usque ad mortem, exstitit reparata frondibus et fruciu. Et hoc est modo quod fmgitistum griphonem, id est Christum, Ecclesiam militanlem ei arbori, id est obedientiae, b'gasse. Floridi mali sanctos significant. »
57-39. — Ezediielis, cap. xvii. — « Aquila grandis, magnarum alarum, longo membrorum ductu, plena plumis, venit ad Ljbanum et tulit medullam cedri... Summitatem frondinm ejus avulsit... )) In qua aquila vult significare persecutiones, sub signo aquilae factas, id est imperii Romani.
Secundario aquila figurât imperialem largitatem Constantini qui replevit currum, id est Ecclesiam, plenies, id est temporalibus bonis. Et legitur tune fere auditam vocem in arce Romaî dicentem : Hodie infusum est venenum in Ecclesia Dei...
Vulpes figurât impetum Mahometi.
45. — « Draco figurât Antichristum, vel... cupiditatem subsecutam pastorem Ecclesise circa temporalia. »