LA LANGUE DE DANTE
cciix-là, avec ceux (jui leur ressemblent, sont les méchants de l'Italie, et si la langue vulgaire est (juelquefois méprisable, c'est quand <m l'entend sur leurs lèvres prostituées. » Après cette déclaration, il a raison d'ajouter que demaiuler s'il aime sa hmgue, c'cbt demau- (h'r <i le léu est à la maison d'où les flammes ^orient par les fenêtres.
Je reviens au poëme du Purcjatoirc^ et j'«'^i besoin de rappeler rpiel allrail particulier me ramène à ce second acte (\ii la Dirine Coincdir. On peut dire que la scène (le TEnfer est trop sombre, et que toute poésie expire dans ce lieu où Z'o» n'aime pas. Le Paradis est trop immatériel, et tout l'effort du génie n'atteint pas à des joies (jni n'ont plus rien de terrestre. Le Purgatoire est sévère, il n'est {)as désolé; il faut le comparer aux déserts des anacliorèles où tout est j)énitence, mais qui ont leurs palmiers, leurs fontaines et qui sont visités parles anges. En représentant le lieu des expiations comme une haute montagne isolée au milieu de; la mer, Dante se réservait la liberté d'y répandre à son gré ces images de la nature où il se montre si grand maître dans l'art de décrire, soit qu'il représente les premiers (eux du jour qui glissent en tremblant sur les eaux, soit les colombes qui mangent ensemble l'orge ou l'avoine, et qu'un bruit effraye et disperse, soit les brebis qui sortent du parc une à une, deux à deux, timides et l'œil à terre. Nulle part le poète ne rencontre en plus gi\and nombre les caractères qui nous touchent davantage parce (ju'ils nous ressemblent. L'Enfer est peuplé de grands criminels; le Paradis n'a que des âmes héroïques; le Purgatoire devient l'asile des cœurs faibles, des volontés chancelantes, de ceux qui se sont égarés parfois à la suite
hi IK PURllATOIRE.
dos beautés périssables, mais qui enfin se sont tournés vers la beauté éternelle.
Dans l'épopée antique, le poëte ne paraît pas. Jamais Homère ne se montre sur la scène où s'agiteni ses béros. Virgile n'interrompt pas le récit des aventures d'Knée pour laisser un libre cours à ses émotions. Le spectacle de la nature et de l'humanité suffisait à occuper les esprits, et la poésie ne cbercliait qu'à reproduire l'image du monde qu'elle découvrait. De là cette simplicité, cette impartialité de ï Iliade qui commence même à s'effacer dans la composition savante de VEnéide,
Il n'en est pas ainsi de l'épopée moderne. Le gé-nie moderne ne se contente pas de si peu... Dans cette variété des phénomènes et des événements qui remplissent le monde, il reconnaît les traces d'une lutte éternelle : le bien, le mal; il en est ému, il faut qu'il prenne parti; vous ne trouvez plus la sérénité des premiers siècles. Le poëte ne peut se contenir, il entre en scène. Voyez Arioste lui-même, voyez Camoëns et Mil ton.
Dante est le premier de cette génération nouvelle. 11 ne dissimule point; il se rend lui-même le héros de ses chants épiques; il y porte toutes ses passions : c'est ce qui fait la sincérité et l'éloquence du poëme. L'exilé de Florence va plaider sa cause en appel devant tous les tribunaux de l'enfer, du purgatoire et du paradis.
ANALYSE DU PlUGATOmt:.
DEscr.iPTiOiN DU PURGATOIRE. — Daiite, en visitant les enfers, a pénétré jusqu'au centre de la terre où il a trouvé Satan; puis, remontant
ANALYSE DU mUiATOlRE 13
par un [tassagc obsaii', il airivoà la siiilacc opposée à celle où il esl «lesceiulu. 11 >e Iroiive au pied (ruue moiilaciie isolée au milieu de la mer. (Juaud Satau fut précijtilé du ciel, la (erre voulut se cacher, la mer voila riiémisphère austial, à rexeepliou de cette montagne my>térieuse. Klle est aux antipodes de Jérusalem, elle s'élève si liaut qu'elle touclie à la sphère de feu; elle ne connaît pas les alléralions du ciel, ni la |>luie, ni la neiiie, ni la grèlc. Le ciel pur y brille de la couleur du saphir oriental. Quatre étoiles l'éclairent, qui ne fiuTUt eoiumes que du piemi(>r homme VA ces quatre étoiles semblent la ('.roix du Sud, cpii endjellit les nuits de la zone torride.
La moula;.me, privée de ses premiers hahitanis, est réservée aux expiations des justes. Trois régions: l" Vestibule où les âmes ^ont reçues et où les négligents atteiulent leur a(lini>sion. 2" Une porte gardée par rani:e de la pénitence ferme le purgatoire divisé en ^ept zones qui coirespondeut aux sept péchés capitaux'. .")" Enfin, le p;;radis terrestre avec les l'ontaines de héthé et d'Eunoé et l'arbre de la science du bien et du mal.
Lfs n.viuTAMs DU l'c r.G.vTOiiin. — \.' Enfer de Dante est peuplé de grands criminels ; il n'était pas maître de leur destinée : tyrans comme .N'éron et .Attila; emiemis de l'Eglise, Frédéric H et Mahomet; traîtres comme Judas, comme IIu;;olin. — Dans le paradis il faut bien qu'il place les siiints de l'Eglise, les docteurs, saint Thomas, saint Bonaventure; les contemi)latifs comme saint Bernard; les apôtres siint Pierre, sjiint Jacjpies, saint Jean. Mais il est maître de son pur- :^atoire. H y peut nu ttre ce nombre, qui est !e plus grand, des volontés faibles sans être jKTverses, des esprits malades, et il sa montre plus iiulnlgent (pion i:e pense. On s'étonne d'y trouver tant de rois, Rodolphe de Hab biug, Hugues Cajiet, Pliili[)pe le Hardi, Charles «r.\njou; des papes, Adrien V et Martin IV ; plusieurs capitaines toscans et romagnols, Buonconte de Montereltro, mort àCampaldino; il huit avec le nom de Maiie ; l'ange le sauve per una lagrimetla; le démon se venge sur son corps.
Mais les figuies dessinées de préférence sont celles des artistes et •tes poètes; de ces hommes vaniteux et passioimé-, de ces cœurs
' Cliàliniciils lies pcdïés : orgueil, les fardeaux; — envie, les yeux cousus; — cuLère, h l'umcc; — paresse, la cour.c; — avares, couchés à terre ; — gourinaiicli>~e, le jeune; — luxure, la llaninie.
\i LE PURGATOIUE.
pleins (lo faiblesses, mais à qui il sera beuncoiip pardonné parce qu'ils ont beaucoup aimé, parce que, sous les beautés terrestres, il> ont cbercbé la beauté éternelle.
Ainsi il y place le musicien Casella, qu'il aima dans sa jeunesse. 11 lui dem:mdeuu de ces cbanls qui calmaient tous ses désirs. Casella chaute : Amor che nella mente mi ragiona.
Le miniaturiste Oderigi de Gidjbio. Il loue maintenant les manuscrits peints par Franco Jiologiiese. Ainsi Cimabue, dans la peinture, se crut le maître du champ clos; maintenant Giotto a le cri public. Dante ami de Giotto.
Le poëte latin Stace, que Dante suppose converti par la quatrième égloguc de Virgile : Jam nova progenies cœlo demittitur alto. Les prédicateurs de TÉvangile, la vue des i;ersécutions firent le reste, mais Stace demeura chrétien caché.
Lespoëtes en langue vulgaire : Sordello et Arnaud Daniel, qui composèrent en provençal. Les premiers poètes italiens, Guido Guinicelli. Dante ému en entendant nommer son père et le père des auties meilleurs que lui, qui surent jamais rimer des vers d'amour; Buonagiunta de Lucques, fncilis inventor rhythmorum ^ sed facilior vinoriim. Dante interrogé lui dit : « Je suis un homme qui, lorsque l'amour m'inspire, écris sous sa dictée et qui m'applique à exprimer ce qu'il dit intérieurement. »
Ed io a lui : Y mi son un che, quando Amore spira, note, cd a quel modo Che dotta denlro, vo significando *.
C'est en trois vers tout le secret du génie : c'est que l'expression sorte d'elle-même de l'émotion du cœur et que la parole serve, non pas à orner, mais à produire naïvement la pensée.
L'amolr en purgatoire. — Si la poésie tient tant de place en purgatoire, c'est que l'amour en est l'âme. Le purgatoire est un lieu de souffrances, mais de souffrances volontaires. Les âmes qui sont dans le feu se gardent bien d'en sortir. Elles sont dans la douleur, mais, au lieu de gémissements, elles n'ont sur les lèvres que des cantiques. Douleur et amour, c'est le fond de tous les poètes du moyen âge. Liebe und leid. C'est la joie dans les larmes, c'est l'éternelle con-
' Piirg., X\IV, 18.
ANALYSE m l'IIUiATOIUE. 15
IradictioM de la nature. Toute l.i doctriue de l'amour dans le puiptoire. Aux cliants \VI, XVII, XVIII, rànio créée pour aimer, mais lihre de bien placer son amoiu-, I/;uuour se trompe: 1" dans son objet, s'il aime le mal du procli.iin (orgueil, envie, colère) ; 2" dans sa mesure (luxure, avarice, gourmandise, paresse) ; de U\ tous les désordres de l'humanité. Le songe de Dante, la volupté; la fcnnuc bègue, louche, livide, nuitilée ; les regards de Dante la redressent, elle chante, elle le séduit (juand une autre femme sainte paraît, la saisit et la montre telle fprelle est. Ces devis d'amour sont tout à fait dans l'esprit du temps.
Dante représente en lui-même tontes les vicissitudes de l'amour. Il avait neuf ans et Béatrix Portinari huit, quand il la vit dans une fête. I! connaît dî's lors que son cœur n'est plus libre. Il va souvent voir ce jeune auge. Le sidut de Bé;itrix : ceux dont elle approchait étaient saisis d'un sentiment si honnête qu'ils ne j)Ouvaient lever les yeux. Béatrix meuit à vingt-quatié ans. Visi()7i de Dante : «Enlin, j'eus mie admirable vision où ie vis de lelli's choses qu'elles me tirent prendre le ferme propos de ne |»lus parler de cette bienheureuse, t.int que je ne pourrais en parler plus dignemenl... Si donc la volonté de celui par qui t(»ntes choses vivent est (pie ma vie se prolonge un jteu, j'es- P'>re diie d elle ce cpii n'a jamais été dit d'jiucune autre. » Infidélités de Dante. Cette vision annoncée avec tant de solennité, c'est celle que D.intc trouve dans le p;ii;ulis teiaestre au .commet du purgatoire. Peinture du parcidis ; la divine ktrêt, épais.se, vive et toute pleiuedc parfums. Une brise toujours égale agile les feuilles dont le frémis^ement accompagne ]e»i joyeux concerts des oiseaux. Une douce mélodie coiut à travers l'air lumineux. Sept candélabres d'or. Vingt-<iualrc vieillaids blancs couronnés de lis. Les quatre animaux d'Lzéchiel. Le char, traîné par le griffon, entouré de sept femmes et de sept vieillards couronnés de Heurs louges. Les anges sèment les (leurs. « Ainsi dans une nuée de fleurs, ceinte d'olivier sur un voile blanc, une lénnne m'app.uut, couverte d'un maiitaui vert, vêtue de couleur de flamme. El s;ms que mes yeux en vissent dav;uitage, par une secrète verlu, je sentis la puissance de l'ancien amour. » Elle reproche à Dante ses infidélités : « Non-seulement par l'influence des astres, mais j);u- ralxMulance des grâces divines, celui-ci, d;ins sa jeunesse, fut doué de telle sorte, que toute habitude droite eût produit en lui d'admirables cTets. Quelque temps je le soutins de mes regards en lui
10 Lt Pui\t;\ToinE.
montrant mes jeunes yeux; je le menais avec moi par les droits clicinins. Mais aussitôt que je fus sur le seuil de mon second âge et que je cliangeai de vie, il se retira de moi et se donna à d'autres. Quand j'étais montée de la chair À l'esprit, quand j'avais grandi en beauté et en vertu; je lui fus moins clière et moins agréable. Il tomba si bas (jue tous les moyens étaient impuissants pour son salut, si je ne lui montrais les races damnées... d'où il est remonté jusqu'à cette haueur. Mais le décret de Dieu serait violé, si le coupable passait b; Lélbé sans avoir payé le tribut de repentir parles larmes. » Elle l'intcrpellc. Il avoue avec un soupir amer : '.( Les choses présentes avec leurs faux plaisirs détournèrent mes pas, aussitôt que se fut caché votre visage. » Et il se tenait comme les petits en!iaiîts, honteux et muet, écoutant la réprimande, les yeux fixés à terre, se reconnaissant coupable et contrit.
Fin de l'apparition. Scène pro[)hétique. Dante plongé dans le Létlié et l'Eunoé, il en sort rajeuni.
Puro c disposlo a salire le Sicile.
PRINCIPES DE CRITIQUE QH H^ FAUT PORTER TMiNS
l'explication du POËME.
Tout le pèlerinage de Dante est symbolique. Le poëte n'a jamais pensé composer une fable et charmer ses contemporains par de mélodieux mensonges. Ce n'est pas un rêve que ce voyage au monde invisible. A vrai dire, l'âme n'en habite pas d'au Ire : étrangère dans ce monde visible, elle n'en connaît l'existence que par les idées qu'elle s'en forme; elle n'aperçoit les choses passagères qu'à la clarté des lumières éternelles. L'éternité est donc le lieu où elle vit, où elle s'agite, et cependant, par une étrange contradiction, c'est aussi celui qu'elle oublie. Ce n'est pas la moindre preuve du désordre de la nature humaine que cette impuissance où
ANALYSE Dr PURGATOIRE. 17
l'àmo se trouve de s'arracher aux impressions fugitives (les sens pour se retourner vers les réalités métaphysiques. Et comme ce désordre est inexplicahle aux seules conjectures de la raison, il est aussi irréparable aux seules forces de la volonté.
i\ faut consulter avant tout le poëte lui-même. — Lettre a Can Gra.nde : « Pour rinlelligence de ce qui sera dit, il faut savoir que le sens de cet ouvrage n'est pas simple, mais multiple. Carie premier sens est celui que donne la lollie, le second est celui que donnent les choses exprimées par la leltre. Le premier se nomme littéral, le second allégorique ou moral. C'est une méthode qu'on entendra mieux si on l'applique à ce verset : 1)1 exita Israël de .Ki/ypto^ etc. Car, si Jious considérons la lettre seule, ce verset nous fait connaître comment les fils d'Israël sortirent de l'Kgyptc au temps de Moïse. Si nous regardons l'allégorie, il s'agit de notre rédemption par le Christ ; si nous avons égard au sens moral, le verset signifie la conversion de Tàme du deuil et de la misère du péché à l'étal de grûce. Si l'on prend garde au sens anagogique il signifie : l'àme sainte s'arrachant à la servitude de cette chair corrompue pour passera la liberté de l'éternelle gloire. Et quoique ces différents sens mystiques soient appelés de divers noms, toutefois on peut les appeler généralement allégoriques, puisqu'ils diffèrent du sens histoiiqueou littéral. Car, allégorie vient du grec à//otoç, qui signifie différent. De ces éclaircissements il résulte qu'il faut deux sujets répondant aux deux sens du poëme. 11 faut donc voir : quel est le sujet de l'ouvrage pris littéralement, en-
4g LE PIIRGATOIUE.
suite quel est le sujet au sens allégorique. Le sujet de tout l'ouvrage entendu littéralement est l'état des amcs après la mort, considéré en soi ; car c'est sur ce point et autour de ce point que roule le poëme. Mais si vous l'entendez allégoriqucment, le sujet est l'homme, en tant que, par l'exercice de son libre arbitre, par le mérite et le démérite, il devient l'objet de la justice rémunératrice et vengeresse. Le genre de philosophie dans lequel rentre cet écrit est la morale ou l'éthique, puisque tout le but de l'invention est non pas la spéculalion, mais la pratique. »
Rien ne semble plus pédantesque, mais rien n'es plus arrêté dans la pensée de Dante :
0 voi ch' avele gY inlellelli sani, Mira te la doltrina che s' asconde Sotio il velame degli vorsi strani *.
Aguzza qui, lettor, ben gliocchi al vero;
Che 'l vélo è ora ben (anto sottile
Certo, che '1 trapassar dentro è leggiero '•^.
On s'étonne de ce langage, et l'on se demande comment cet esprit scolastique a trouvé la liberté qui fait les grands poètes, où il a pris ses ailes? Nous l'examinerons ailleurs. Si le savoir de Dante a nui à son génie? Nous ne dissimulerons pas le défaut de ces formes pédantesques où il s'est trop complu. Mais nous verrons, de la lutte opiniâtre engagée contre la difficulté, ce puissant esprit sortir plus fort et plus radieux. Préjugé contre la poésie didactique. . . Le beau , c'est la splendeur du vrai.
' Infeni., IX, 21.
^ Purg., nu, 7.
li laiil consulter le siècle. Tous les conniicntalenrs conlemporains sont unanimes. Bocace, Benvenuti, da Buti, GiacopodoUa Lana, Pie- Iro et Giacopo di Dante. On l'interprétait comme l'Écriture sainte. Et on avait raison d'interpréter l'Écriture dans le génie de l'Orient, qui aima toujours les figures et les paraboles.
11 faut applipieices principes ;\ li Divine Comédie.
Le cadre est une légende populaire, une vision comme le moycii àiie en produisit des milliers ; mais aussi une composilion sa^antequi répond aux trois destinées de Dante, connue homme d'État, comme poêle, connue suivant. Poëine é|.i(pie, élégiacpie, didacticpie.
J, L'inspiration i'oi.itique pans lk puugatoh.e. — Les préoccupations de Dante endjrassent la chrétienté, l'Italie, Florence. Au chant VU*', chant des rois dans la vallée réservée à ceux qui négligèrent le salut. Au XX'', Hugues Capet s'accusant d'être la racine de la mauvaise plante qui gène tonte la cluélienté. Il trouve Manfied, roi de Sicile, MoroelloMalaspiua, marquis de Lunigiane; des Siennois, desliomnies de toute l'Italie. Il apprend d'eux qu'il n'y a, dans toute ritalie, que trois honunes de bien. — Entretien avec Sordello:
« Ah ! terre sei vile d'Italie, maison de douleur, vaisseau sans nocher dans la tempête, autrefois reine de tant de provinces, maintenant lieu de pro-titution... Maintenant ceux (jue lu nourris ne savent vivre sans guerre, et il faut qu'ils se mangent l'un l'autre, ceux (ju'enferment un même muret un même fossé. Cherche, malheureuse; fais le leur de les plages, puis regarde dans ton sein s'il y a en loi qucKpie lieu qui jouisse de la paix!... Florence, ma pairie, lu peux être satisfaite de celte digression qui ne te touche point, grâce à Ion peuple qui si bien se gouverne. Beaucoup ont la justice clans le cœur, mais ton peuple l'a sur les lèvres... Maintenant sois joyeuse, car tu as bien de (fuoi : lu es riche, tu as la paix, lu as la sagesse. Si je dis vrai, les efTels le proclament. Athènes et Lacédémone qui firent les antiques lois et qui furent si polies, firent une mince preuve de leur savoirvivre auprès de toi cpii fais de si habiles règlement^, que la trame commencée en octobre n'arrive pas à moitié de novembre. . . Ah ! si tu veux te souvenir et voir la lumière: tu te verras pareille à un malade qui ne peut trouver de repos sur les plumes de sa couche, et croit fuir la douleur en se retournant ^ »
' Pura., M, 26.