‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 102 sur 672 · III · texte numérisé non relu

III

FRAGMENT

Ames pleines de vent , que la rage a blessées, Connaissez votre faute, et bornez vos pensées

En un juste compas; Attachez votre espoir à de moindres conquêtes : Hriare avait cent mains, Typhon avait cent têtes ■ , Et ce que vous tentez leur coûta le trépas.

Soucis, retirez-vous, faites place à la joie, Misérable douleur dont nous sommes la proie,

Nos vœux sont exaucés.

Les vertus de la reine et les bontés célestes Ont fait évanouir ces orages funestes . Et dissipé les vents qui nous ont menacés.

FRAGMENT

Allez à la malheure*, allez, âmes tragiques, Qui fondez votre gloire aux misères publiques .

Et dont l'orgueil ne connaît point de lois; Les fléaux de la France et les pestes du monde. Jamais pas un de vous ne reverra mon onde ,

Regardez-la pour la dernière fois.

FRAGMENT

O toi, qui d'un clin dVeil . sur la terre et sur Tonde, Fais trembler tout le monde,

1 Briare,on plutôt Briarée, car c'est ainsi <ju"il faut l'appeli r. avait cent mains. Apollodore dit qu'outre ses -.il

avait cenl têtes. Pour Typhon, il n'avait qu'une tète dont il louchait les deux , mais au bout de ses deux mains, dont l'une pouvait atteindre à l'orient et l'autre à l'occident, il .suivant le même auteur, cent lètes de dragon, et on pi que c'est là ce que notre poeh a voulu dire; Je ne le pi a»

Ml K.)

iota subi toutes les ricissitudesdela langue : forme du latin mata hara, il s'écrivit d'abord maie heure, puis mafheure, ensuite malheur* ; enfin il perdit son t muet final, -t changea de genre sans changer de signification. Il ne lui plus qu'à perdre la lettre médiane pour devenir tout à fait méconnaissable. Ce retranchement sera an des pn arien Indices I de la décadence de notre langue.

ŒUVRES DE MALHERBE

Dieu, qui toujours est bon et toujours l'as été,

Verras-tu concerter à ces âmes tragiques

Leurs funestes pratiques?

Ne tonneras-tu point sur leur impiété?

Tu vois en quel état est aujourd'hui la France

Hors d'humaine espérance.

Les peuples les plus fiers du couchant et du nord Ou sont alliés d'elle, ou recherchent de l'être;

Et ceux qu'elle a fait naître Tournent tous leurs conseils pour luidonnerla mort !

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