AU MÊME
MOffUl | h,
le mus bien que, si les Muses vous ont fait passer pour un rêveur. Mars ne vous donnera pas mi illeur bruit. VOUS n'en êtes encore qu'au collet de buffle, et déjà vous ne vous souvenez plus de vos amis. Nous pouvez penser ce que ce sera quand vous en serez à la cuirasse. Peut-être cbercberezvous ane excuse en la nouveauté de votre mariage; et certes, je sais bien que la cage d'bymenée n'est pas plus gracieuse que les autres, et que les oiseaux n'y entrent pas Bans quelque étonnement pour les premiers jours. M.iis . de quelque cause que vienne votre BÏIence, je ne suis pas assez complaisant pour ne VOUS en «lue pas mon sentiment. Si ce sont les pensées de Mars qui vous occupent, la guerre ne sera pas si longue, Dieu aidant . que pour elle vous deviez toul à fait quitter les exercices de la paix. si ce sont les soins d'hyménée, les rossignols ne sont muets que quand ils ont des petits, et je sais bien que vous n'en êtes pas encore là. Je vous jure que, si jamais vous revenez sur Parnassejen'j aurai
point de crédit, OU je VOUSJ ferai fermer la porte;
et BÎ VOUS J entre/, par surprise OU autrement , \ dus
n'y aura que des feuilles de chou pour des feuilles de laurier. Pensez-y, et vous amende/ C'esl assez raille parlons i cette heure .1 bon escient. Je
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veux, monsieur, et VOUS en prie, que vous m'aimiez toujours, comme je vous assure que je suis toujours votre très-humble et très-affectionné serviteur.
A Paris, ce 13 de mai I
2G. - A M" LE CARDINAL DERKJHELIEU
MONSEIGNEl if.
Je n'ai pas eu sitôt le dessein de vous écrire, que
toutes sorti b de p< nsées i ; al ■•■ - offrir
à moi pour être employées en un si agréable sujet. Le nombre m'en a bien plu, mais ce n'a pas étéjusques à les recevoir toutes, de peur que les lire ne vous fût une importunité. Je me suis restreint aux moins artificielles, comme à celles qui expriment mieux la franchise de mon naturel, et par conséquent vous feront voir plus clairement la sincérité de mon affection. Pour les autres, je les réserve a m'en servir en quelque occasion ou il y aura plus à travailler. Mon premier autel est celui du roi; vous le voulez bien comme cela, monseigneur : le vôtre est le second. Je ne vous dis rien que je ne die en toutes les compagnies où je me trouve, et que je n\ i i tous ceux a qui j'écris dans les provinces. Je vous envoie des v ers ■ que j'ai faits pour Sa Majesté, ou j'ai fait quelque mention de vous, petite a la vérité, autant pour votre mérite comme pour mon désir; mais, par cet ouvrage, monseigneur, vous jugi rez de quoi je suis capable. J'ai deux grands enn l'extrémité de ma vieillesse, et le malheur de ma constellation. Pour le premier, il est sans remède; pour le second, toute mon espérance est en votre protection. Je la vous demande, monseigneur, et me la promets, sur la seule assurance qu'il vous a plu de m'en donner. Je vous mets en tête un urand monstre, quand je vous propose ma mauvaise fortune; mais aussi étes-vous im grand Sercule. Nous avez vaincu celle de la France, vous viendrez bien à bout de la mienne. Contre celle-là, il vous a fallu employer des soins et des veilles qui ont mis votre santé en danger; contre celle-ci, vous n'avez qu'.i lui faire paraître que les traverses qu'el e me donne ne vous pi. lisent pas. Le moindre signe que vous lui montrerez de votre courroux la mettra en désordre, et lui fera désirer de se n corn ilier av< c moi ri vous en supplie très-humblement, monseigneur, 1 1 de croire que si jusques a cette beureje n'ai rien
fait qui vous j oblige, ce n'a i ti qu'à faute d'être - n étal de ne pouvoir penser (jn vous. Votre gloire n'est pas un objet où il ne faille que la moitié d'un
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ŒUVRES DE MALHERBE
esprit. Tout ce que notre siècle en a de meilleurs, ! il ne faut pas qu'ils pensent d'y réussir que fort médiocrement. Pour le mien, l'opinion commune lui donne bien quelque rang parmi ceux qui ne sont pas des pires; mais je ne serai point satisfait de lui qu'il ne vous ait donné, monseigneur, quelque extraordinaire preuve que je suis extraordinairement votre très-humble et très-obéissant serviteur.