ÉPURES
Approche donc, et viens; qu'un paresseux t'appren- Antoine , ce que c'est que fatigue et que peine, [ne » L'homme ici-bas , toujours inquiet et pêne , l.st , dans le repos même, au travail condamné. La fatigue l'y suit. C'est en vain qu'aux poètes [tes Les neuf trompeuses Sœurs dans leurs douces retrai- Rromettentdu repossous leursombrages frais : Dans ces tranquilles bois pour eux plantés exprès , La cadence aussitôt , la rime, la césure, La riche expression , la nombreuse mesure , Sorcières dont l'amour sait d'abord les charmer, De fatigues sans fin viennent les consumer. Sans cesse poursuivant ces fugitives fées1 , On voit sous les lauriers haleter les Orphées. Leur esprit toutefois se plaît dans son tourment, Et se fait de sa peine un noble amusement. Mais je ne trouve point de fatigue si rude, Que l'ennuyeux loisir d'un mortel sans étude, Qui jamais ne sortant de sa stupidité , Soutient , dans les langueurs de son oisiveté, D'une lâche indolence esclave volontaire, Le pénible fardeau de n'avoir rien à faire. Vainement offusqué de ses pensers épais, Loin du trouble et du bruit il croit trouver la paix : Dans le calme odieux de sa sombre paresse, Tous les liontenx plaisirs, enfants de la mollesse , 1 Isurpant sur son âme un absolu pouvoir, De monstrueux désirs le viennent émouvoir, Irritent de ses sens la fureur endormie, Et le font le jouet de leur triste infamie. Puis sur leurs pas soudain arrivent les remords : Et bientôt avec eux tous les fléaux du corps , La pierre, la colique et les gouttes cruelles, [qu'elles . Guenaud, Rainsant, Braver2, presque aussi tristes Cbez l'indigne mortel courent tous s'assembler, De tr;i\atix douloureux le viennent accabler; Sur le duvet d'un lit, théâtre de ses gênes, Lui finit scier des rocs, lui fout fendre (1rs chênes, Et le mettent au point d'envier ton emploi. Reconnais donc , Antoine, et conclus avec moi Que l.i pauvreté mâle, activée! \ filante, Es1 . parmi 1rs travaux, moins lasse et plus contente Que la richesse oisive au sein des voluptés. Je te vais sur cela prouver deux vérités : L'une, que le travail . aux hommes nécessaire, rail leur félicité plutôt que leur misèrr1; F.t l'autre, qu'il n'est point de coupable en repos. C'est ce qu'il faut ici montrer en peu de mots. Suis-moi donc. Mais je vois, sur ce début de prône,
' ta Muses. (Bon.) ' Fimeui médecins. (Boil.i
Que ta bouche déjà s'ouvre large d'une aune , Et que , les yeux fermés , tu baisses le menton. Ma foi , le plus sûr est de finir ce sermon. Aussi bien j'aperçois ces melons qui t'attendent, Et ces fleurs qui là-bas entre elles se demandent S'il est fête au village, et pour quel saint nouveau On les laisseaujourd'bui si longtemps manquer d'eau.