‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 226 sur 672 · CHANSON A BOIRE · texte numérisé non relu

CHANSON A BOIRE

Faite à Bâville , où était le père Bourdaloue '

Que Bâville me semble aimable, Quand des magistrats le plus grand Permet que Bacchus à sa table Soit notre premier président !

Trois muses , en habit de ville » , Y président à ses côtés :

Et ses arrêts par Arbouville 3 Sont à plein verre exécutés.

Si Bourdaloue un peu sévère Nous dit : Craignez la volupté!

Escobar, lui dit-on , mon Père , Nous la permet pour la santé.

Contre ce docteur authentique Si du jeûne il prend l'intérêt, Bacchus le déclare hérétique, Et janséniste, qui pis est.

SONNET SUR UNE DE MHS PABENTES,

Qui mourut toute jeune entre lea mains d'un

charlatan '.

Nourri dès le berceau près de la jeune Orante . Et non moins par le cœur que par le sang lie,

1 Voyez la lettre a Brouette, du tr. juillet I7u3. J Boileau avait mis d'abord

i halucet, Hélyot, La VUle

C'est ainsi que se nommaient Kl bob mut

3 Gentilhomme, parent de monsieur te premier Président.

(Boil.)

4 Yoyei la lettre a Brouette . du lf> juillet I

A ses jeux innocents enfant associé,

Je goûtais les douceurs d'une amitié charmante :

Quand un faux Esculape , à cervelle ignorante , A la lin d'un long mal vainement pallié, Rompant de ses beaux jours le fd trop délié , Pour jamais me ravit mon aimable parente.

Oh ! qu'un si rude coup me fit verser de pleurs ! Bientôt, la plume en main, signalant mes douleurs, Je demandai raison d'un acte si perfide.

Oui, j'en fis dès quinze ans ma plainte à l'univers; Et l'ardeur de venger ce barbare homicide Fut le premier démon qui m'inspira des vers.

MÊME SUJET

Parmi les doux transports d'une amitié fidèle, Je voyais près d'Iris couler mes heureux jours; Iris que j'aime encore, et que j'aimai toujours, Brûlait des mêmes feux dont je brûlais pour elle :

Quand , par l'ordre du ciel , une fièvre cruelle M'enleva cet objet de mes tendres amours ; Et , de tous mes plaisirs interrompant le cours, Aie laissa d%e regrets une suite éternelle.

Ah! qu'un si rude coup étonna mes esprits ! Que je versai de pleurs! que je poussai de cris! De combien de douleurs ma douleur fut suivie!

Iris , tu fus alors moins à plaindre que moi : Et, bien qu'un triste sort t'ait fait perdre la vie, Hélas! en te perdant j'ai perdu plus que toi.

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