STANCES A M. MOLIÈRE
Sur sa comédie de l'École des femmes ', que plusieurs gens frondaient.
En vain mille jaloux esprits, Molière, osent avec mépris Censurer ton plus bel ouvrage :
Sa charmante naïveté S'en va pour jamais, d'âge en âge, Divertir la postérité.
Que tu ris agréablement!
1 Cette pièce fut représentée pour la première fois vers la (in de if,62.
Que tu badines savamment ! Celui qui sut vaincre Numance ' , Qui mit Carthage sous sa loi , Jadis, sous le nom de Térence, Sut-il mieux badiner que toi ?
Ta muse avec utilité Dit plaisamment la vérité.
Chacun profite à ton école :
Tout en est beau, tout en est bon ; Et ta plus burlesque parole Vaut souvent un docte sermon.
Laisse gronder tes envieux :
Ils ont beau crier en tous lieux Qu'en vain tu charmes le vulgaire; Que tes vers n'ont rien de plaisant :
Si tu savais un peu moins plaire, Tu ne leur déplairais pas tant.
vin.