‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 241 sur 672 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

CHAPELAIN

O rage! ô désespoir! ô perruque ma mie! N'as-tu donc tant vécu que pour cette infamie?

Nas-tu trompé l'espoir de tant de perruquiers , Que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers? Nouvelle pension fatale à ma calotte!

Précipice élevé qui te jette en la crotte ! Cruel ressouvenir de tes honneurs passés, Services de vingt ans , en un jour effacés ! Faut-il de ton vieux poil voir triompher la Serre, Et te mettre crottée, ou te laisser à terre? La Serre, sois d'un roi maintenant régalé : Ce haut rang n'admet pas un poète pelé; Et ton jaloux orgueil , par cet affront insigne , Malgré le choix du roi , m'en a su rendre indigne. Ettoi , de mes travaux glorieux instrument, Mais d'un esprit de glace inutile ornement , Plume jadis vantée , et qui dans cette offense M'as servi de parade et non pas de défense, Va, quitte désormais le dernier des humains; Passe, pour me venger, en de meilleures mains. Si Cassaigne a du cœur, et s'il est mon ouvrage, Voici l'occasion de montrer son courage ; Son esprit est le mien , et le mortel affront Qui tombe sur mon chef, rejaillit sur son front.

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