‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 260 sur 672 · LE FRANÇAIS · texte numérisé non relu

LE FRANÇAIS

Si je les connais ! Hé! ce sont tous des bourgeois de mon quartier. Bonjour, madame Lucrèce: bonjour, monsieur Brutus; bonjour, mademoiselle Clélie; bonjour, monsieur Horatius Coclès.

PLUTON

Tu vas voir accommoder tes bourgeois de toutes pièces. Allons, qu'on ne les épargne point, et qu'après qu'ilsauront été abondamment fustiges, on me les conduise tous sans différer droit aux bords du fleuve de Léthé1. Puis, lorsqu'ils y seront an qu'on me les jette tous, la tête la première, dans l'endroit du fleuve le plus profond, eux , leurs billets doux, leurs lettres calantes , leurs vers passionnés, avec tous les nombreux volumes, ou. pour mieux dire, les monceaux de ridicule papier où sont écrites leurs histoires. Marchez donc, faquins, autrefois si grands héros! Vous voila arrives a votre fin, ou, pour mieux dire, au dernier acte de la comédie que vous avez jouée si peu de temps. Chœur de héros, s'en allant charge d'escourgées.

Ah! la Calprenède! Ah! Scudéri!

PLUTON

lie! que ne les tiens-je! que ne les tiens-je ! Ce n'esl pas tout. Minus : il faut que vous vous en allie/ toul de ce pas donner ordre que la même jus-

1 Fleuve de l'oubli. (Bon..)

tice se fasse sur tous leurs pareils dans les autres provinces de mon royaume.

MINOS

Je me charge avec plaisir de cette commission.

MERCURE

Mais voici les véritables héros qui arrivent, et qui demandent à vous entretenir : ne voulez-vous pas qu'on les introduise?

PLUTON

Je serais ravi de les voir ; mais je suis si fatigué des sottises que m'ont dites tous ces impertinents usurpateurs de leurs noms , que vous trouverez bon qu'avant tout j'aille faire un somme.

»«o«o«fr«

FRAGMENT

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