CHAPITRE XXX
(A l'égard donc des grands orateurs en qui le sublime et le merveilleux se rencontre joint avec l'utile et le nécessaire, etc. ) Le texte grec est entièrement corrompu en cet endroit, comme M. Lefèbvre l'a fort bien remarqué : il me semble pourtant que le sens que M. Despréaux en a tiré ne s'accorde pas bien avec celui de Longin. En effet, ce rbéteur venant de dire, à la fin du chapitre précédent, qu'il est aisé d'acquérir l'utile et le nécessaire, qui n'ont rien de grand ni de merveilleux, il ne me paraît pas possible qu'il joigne ici ce merveilleux avec ce nécessaire et cet utile. Cela étant, je crois que la restitution de ce passage n'est pas si difficile que l'a cru M. Lefèbvre; et, quoique ce savant homme ait désespéré d'y arriver sans le secours de quelque manuscrit, je ne laisserai pas de dire ici ma pensée. Il y a dans le texte éç' &>v où/. éV W/ù 7*; y.sEÎa;, etc.; je ne doute point que Longin n'eût écrit, s*' wv où <5"r,T' j'au rîfe /.==!«; »aî co^EXsîa; tewreiTÔ [téftioç, etc. c'est-à-dire : « A l'égard donc « des grands orateurs en qui se trouve ce sublime « et ce merveilleux, qui n'est point resserré dans « les bornes de l'utile et du nécessaire, il faut « avouer, » etc. Si l'on prend la peine délire ce chapitre et le précédent, j'espère que l'on trouvera cette restitution très-vraisemblable et très-bien fondée.