AU MARÉCHAL DUC DE LUXEMBOURG
FELICITATION SLR LA VICTOLBB DE FLEURUS '.
A Paris, 8 juillet i
Au milieu des louanges et des compliments que vous recevez de tous cotés pour le grand sen il e que vous venez de rendre à la France, trouvez bon , monseigneur, qu'on vous remercie aussi du grand bien que vous avez fait à l'histoire, et du soin que vous prenez de l'enrichir. Personne jusqu'ici n'y a travaillé avec plus de succès que vous, et la bataille que vous venez de gagner fera sans doute un de ses plus magnifiques ornements. Jamais il n'y en eut de si propre à être racontée, et tout s'y rencontre à la fois , la grandeur de la querelle, l'animosité des deux partis, l'audace et la multitude des combattants, une résistance de plus de six heures, un carnage horrible, et enfin une déroute entière des ennemis. Jugez donc quel agrément c'est pour des historiens d'avoir de telles choses à écrire, surtout quand ces historiens peuvent espérer d'en apprendre de votre bouche même le détail. C'est de quoi nous osons nous flatter; mais laissant là l'histoire a part . sérieusement , monseigneur, il n'y a point de gens qui soient si véritablement touchés que nous de l'heureuse victoire que vous'avez remportée. Car, sans compter l'int. rét j il que nous y prenons avec tout le
royaume, figurez-vous quelle est nôtre joie d'entendre publier partout que nos affaires son ! blii s, toutes les m< sures dos ennemis rompues, la France . pour ainsi dire, sauvée : et de songer que le héros qui a fait tous ces miracles est ce même homme d'un commerce si agréable, qui nous honore de son amitié, et qui nous donna à dîner le
1 Remportée le v juillet w. o par le maréchal de Lu* mbourg, -ur le prime de \ aldeck.
jour que le roi lui donna le commandement de ses armées. Nous sommes avec un profond respect, monseigneur, vos très-humbles et très-obéissants serviteurs.
Racine, Despréaux.