‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 453 sur 672 · AU MÊME · texte numérisé non relu

AU MÊME

Auteail. . . . 1704.

Vous êtes , monsieur, l'ami du monde le plus commode pour un paresseux comme moi, puisque, dans le temps même que je ne sais comment vous demander pardon de ma négligence, vous me faites vousmême des excuses , et vous déclarez le négligent de nous deux ; je n'ai pourtant pas oublié que c'est moi qui ai manqué à répondre à plusieurs de vos lettres , et , entre autres , à celles où vous m'assurez que vous avez vu à Lyon mon dialogue des romans imprimé. Je ne sais pas même comment j'ai pu tarder si longtemps à vous détromper de cette erreur, ce dialogue n'ayant jamais été écrit, et ce que vous avez lu ne pouvant sûrement être un ouvrage de moi. La vérité est que , l'ayant autrefois composé dans ma tête , je le récitai à plusieurs personnes qui en furent frappées, et qui en retinrent quantité de bons mots. C'est de quoi on a vraisemblablement fabriqué l'ouvrage dont vous me parlez; et je soupçonne fort M. le marquis de Sévigné • d'en être le principal auteur, car c'est lui qui en a retenu le plus de choses. Mais tout cela , encore un coup , n'est point mon dialogue, et vous en conviendrez vous-même, si vous venez à Paris, quand je vous en réciterai des endroits. J'ai jugé à propos de ne les point donner au public pour des raisons très-légitimes , et que je suis persuadé que vous approuverez; mais cela n'empêche pas que je ne le retrouve encore fort bien dans ma mémoire quand je voudrai un peu y rêver, et que je vous en dise assez pour enrichir votre commentaire sur mes ouvrages.

Je suis bien aise que mon frère vous ait écrit le détail de notre accommodement avec messieurs de Trévoux. Je n'ai pas eu de peine à donner les mains à cet accord.

Aujourd'hui vieux lion , je suis doux et traitable 2. Et d'ailleurs , quoique passionné admirateur de l'illustre M. Arnauld, je ne laisse pas d'estimer infiniment le corps des jésuites, regardant la querelle qu'ils ont eue avec lui sur Jansénius comme une vraie dispute de mots, où l'on ne se querelle que

« FUs de la célèbre marquise de Sévigné. '' Épitre v.

parce qu'on ne s'entend point, et où l'on est hérétique de part et d'autre. Adieu , mon cher monsieur ; faites bien mes compliments à M. Perrichon et à tous nos autres illustres amis de l'hôtel de ville de Lyon , et croyez qu'on ne peut être avec plus de sincérité et de respect que je le suis....

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