LIVRE II, STANCES
Que Diane aurait peine à suivre Au plus grand silence des bois.
Une reine qui les conduit l)e tant de merveilles reluit, Que le soleil , qui tout surmonte , Quand même il est plus flamboyant, S'il était sensible à la bonté, Se cacherait en la voyant.
Aussi le temps a beau courir, Je la ferai toujours fleurir Au rang des choses éternelles , Et non moins que les immortels, Tant que mon dos aura des ailes, Son image aura des autels.
Grand roi, faites-leur bon accueil, Louez leur magnanime orgueil Que vous seul ayez fait ployable; Et vous acquérez sagement , Afin de me rendre croyable, La faveur de leur jugement.
Jusqu'ici vos faits glorieux Peuvent avoir des envieux; Mais quelles âmes si farouches Oseront douter de ma foi , Quand on verra leurs belles bouches Les raconter avecque moi?