CONFIANCE DE L'HOMME JUSTE DANS LA PROTECTION DE DIEU
Puisque notre Dieu favorable Nous assure de son secours , 11 n'est plus de revers capable De troubler la paix de nos jours :
Et si la nature fragile Était à ses derniers moments, Nous la verrions d'un œil tranquille S'écrouler dans ses fondements '.
Par les ravages du tonnerre Nous verrions nos champs moissonnés , Et des entrailles de la terre Les plus hauts monts déracinés ; Nos yeux verraient leur masse aride , Transportée au milieu des airs, Tomber d'une chute rapide Dans le vaste gouffre des mers.
Les remparts de la cité sainte Nous sont un refuge assuré ; Dieu lui-même dans son enceinte A marqué son séjour sacré ; Une onde pure et délectable2 Arrose avec légèreté Le tabernacle redoutable Où repose sa majesté.
Les nations à main armée Couvraient nos fertiles sillons; On a vu les champs d'Idumée Inondés de leurs bataillons :
Le Seigneur parle, et l'infidèle Tremble pour ses propres États ; Il flotte , il se trouble, il chancelle, Et la terre fuit sous ses pas.
i Et si (a nature fragile, etc. C'est l'imperturbable constance du sage si énergiquement caractérisée par Horace, liv. UT, ode iu.
Si fractm illabatur orbis , Impavidum ferient ruina;.
L'original sacré avait dit avec sa sublime et noble simplicité : Non timebimus dum turbabitur terra, et transfert-nlur montes m cor maris. La stropbe suivante est une riche paraphrase de cette dernière idée des montagnes reportées au sein des mers.
2 Flumims impetus lœtificat civitatem Dei : sanctifieavit tabernaculum suum Altissin >is. Ps. xlv.
ODES, LIVRE I
Venez, nations arrogantes, Peuples vains, et voisins jaloux, Voir les merveilles éclatantes Que sa main opère pour nous1.
Que pourront vos ligues formées Contre le bonheur de nos jours , Quand le bras du Dieu des armées S'armera pour notre secours?
Par lui ces troupes infernales, A qui nos champs furent ouverts, Iront de leurs flammes fatales Embraser un autre univers; Sa foudre prompte à nous défendre Des méchants et de leurs complots, Mettra leurs boucliers en cendre, Et brisera leurs javelots 2.
Arrête, peuple impie , arrête,
Je suis ton Dieu , ton souverain ;
Mon bras est levé sur ta tête,
Les feux vengeurs sont dans ma main !
Vois le ciel , vois la terre et l'onde ,
Remplis de mon immensité;
Et, dans tous les climats du monde,
Mon nom des peuples exalté.
Toi , pour qui l'ardente victoire Marche d'un pas obéissant, Seigneur, combats pour notre gloire, Protège ton peuple innocent :
Et fais que notre humble patrie , Jouissant d'un calme promis, Confonde à jamais la furie De nos superbes ennemis.